TRAITEMENT
Le traitement ressort naturellement des considérations dans lesquelles nous venons d’entrer.
Les tumeurs bénignes qui ne sont gênantes, ni par leur volume, ni par leur poids, ni par les troubles de voisinage, et dont une cause locale occasionnelle a déterminé l’ulcération, peuvent se cicatriser à la faveur d’un pansement convenable ou même souvent simplement par le repos. Tel est le cas d’énorme lipome ulcéré rapporté par Paget dans on Tumours ; Lond., 1853, et celui de Lebert cité dans son Traité d’anatomie pathologique générale et spéciale.
Seules, doivent être traitées de la sorte, les productions morbides dont le volume ou le siège s'opposent à l’ablation ; dans la plupart des cas, il est possible de les enlever sans danger sérieux pour le sujet. Il vaut mieux le faire ; mais il faut alors que l’opération soit complète et radicale. Telle est l’observation recueillie par Broca, dans le service de Gerdy, et consignée par lui dans son Traité des tumeurs ; telle est cette autre observation de Maunoir rapportée dans ses Mélanges de chirurgie étrangère (t. II, p. 544). Dans ce dernier cas, il s’agissait d’un vieillard de quatre-vingts ans, qui portait à la nuque et au cou un énorme lipome ulcéré ;
malgré le grand âg*e du sujet, Maunoir pratiqua l’ablation delà tumeur. La guérison fut complète.
Si dans ces cas, nous conseillons l’opération , à plus forte raison sommes-nous partisan de l’ablation large et complète à l’exclusion de toute autre méthode, lorsqu’il s’agit d’une tumeur bénigne ulcérée compliquée d’une production de mauvaise nature. Il faut intervenir rapidement et largement. Il faut enlever la tumeur et les ganglions s'il en est qui sont engorgés.
En résumé, le chirurgien ne doit pas ignorer que les tumeurs les plus bénignes , par cela seul qu’elles sont ulcérées, deviennent un danger permanent pour l’individu qui les porte. Aussi pour peu qu’elles soient accessibles, l’extirpation rapide et radicale demeure le seul traitement rationnel.