‹ Contribution à l'étude de l'ulcère simple du rectumChapitre 10 sur 14 · OBSERVATIONS PERSONNELLES OBSERVATION N · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS PERSONNELLES OBSERVATION N

(Service du Docteur DELORE, Hôtel-Dieu)

M. M. L., 40 ans, magasinier, marié, a deux enfants en bonne santé.

Rien à signaler dans les antécédents.

Depuis 1925, se plaint de fausses diarrhées accompagnées parfois de ténesme.

En 1930, il aurait présenté une crise appendiculaire.

En 1931, l’état du malade s’aggrave : il présente de l’asthénie et un amaigrissement de 5 kilogs. Ses selles sont striées de sang avec quelquefoïs émission de caillots sans matières. Il a trois selles par jour s’accompagnant parfois d’épreintes et de ténesmes.

A l’examen : rien à signaler.

Le toucher rectal à main nue permet de sentir sur la face antérieure du rectum, à 7 cm. au-dessus de la marge de l’anus, une petite ulcération du diamètre d’une pièce de 50 centimes, qui admet juste la pulpe de l’index, pas d’induration, ni d’inflammation autour.

Intervention : Docteur Delore, Docteur Pichat.

Après une incision périnéale antérieure, on décolle le rectum jusqu’au Douglas sans l’ouvrir. On excise la portion indurée.

Il s’agit d’un petit ulcère aux bords indurés de la dimension d’une pièce de 0 fr. 50, entouré d’une muqueuse saine.

Examen histologique. — Sur les coupes de l’ulcère, la

gr

muqueuse a disparu. Il existe sur la muscularis mucosæ un état inflammatoire sans caractère spécial.

On ne voit aucune formation permettant de penser au néoplasme.

Après l'intervention, les hémorragies disparaissent en même temps que les phénomènes fonctionnels, l’état général s’améliore et le malade sort guéri.

(Service du Professeur SAvy, Hôtel-Dieu.)

Mme A. D., 35 ans.

Bonne santé habituelle.

Mariée, mari en bonne santé.

Aucun antécédent héréditaire ou collatéral à signaler.

En 1919 a accouché à terme d’un enfant mort-né. Bordet-Wasserman négatif. Nie la spécificité.

En mai 1932, fut opérée d’une grossesse tubaire ; l’intervention fut suivie d’une phlébite double avec septicémie veineuse atténuée.

En décembre 1932, entre dans le service pour une hémorragie intestinale grave.

La malade jouissait d’une bonne santé, accusant seulement depuis quelque temps une constipation opiniâtre nécessitant l’emploi quotidien de laxatifs.

Le 7 décembre, dit-elle, elle oublie de prendre son laxatif habituel, et ne peut aller à la selle.

Le 8, elle eut sans aucun trouble adventice, une très forte hémorragie qu’elle évalue de 800 à 900 cc. environ.

Les 10, 13 et 14 du mois, ces hémorragies se reproduisent très abondantes, chaque fois il s’agissait de caillots de sang rouge et les émissions sont uniquement sanglantes ou presque. Chacune d’entre elles s’accompagne d’un état syncopal et progressivement d’un état ané-

mique tel qu’on se dispose à pratiquer une transfusion

Page 1