‹ Contribution A L'étude De L'urano-Staphy Lorraphie Et De Ses RésultatsChapitre 17 sur 27 · SOINS APRÈS L’'OPÉRATION · texte numérisé non relu

SOINS APRÈS L’'OPÉRATION

Il est indispensable que les opérés gardent, pendant les quelques jours qui suivent l'opération, un silence absolu. Le chirurgien fera facilement comprendre l'importance à son malade; à sa portée, il fera mettre une ardoise ou une ïieuille de papier pour qu'il puisse se faire comprendre de entourage

Il était exagéré de nourrir l’opéré avec des lavements de bouillon commele faisaient Roux etses contemporains. On peut, sans imconvénient, lui permettre des potages et des bouillies lérères prises avec précautions. C'est à la déglutition des liquides surtout que le malade devra apporter toute son attention, en ne buvant qu’à petites gorgées.

Si la réaction inflammatoire est un peu vive sur les bords, on pourra, avec avantage, faire des lavages avec de l’eau fraiche ou légèrement boriquée, ou faire des attouchements avec un pinceau prudemment manié. On pourra aussi prescrire un gargarisme approprié; sil survient une hémorrhagie secondaire, faire la compression digitale, maintenir dans la bouche des morceaux de de glace, mais éviter, autant que possible, de recourir au perchlorure de fer. Les lambeaux seront soigneusement surveillés ; si une des sutures s'était rompue, ilserait bon de la remplacer immédiatement.

Quant à l’enlèvement des fils, il dépend, dit Rouge, de conditions si diverses qu'il est entièrement subordonné à l'appréciation du médecin. Plus loin, le même auteur fixe comme limites extrêmes le quatrième et le quinzième

ne jour et conseille d'enlever les fils de soie plus tôt que les autres.

S'il reste une fistule pen étendue, on est en droit d'espérer la guérir par des cautérisations au thermocautère, au nitrate d'argent, à la teinture de cantharides, Dieffenbach a préconisé ce dernier agent chimique qui n’a donné, à ceux qui l'ont employé, que de médiocres résultats.

Chez les adultes, cette opération peut être presqu’impunément tentée. Les cas de sphacèle des lambeaux sont de plus en plus rares; c’est à peine si de temps en temps on observe une angine pultacée sans conséquence. Depuis longtemps, on n’a pas eu à enregistrer de faits malheureux.

Ces faits sont très exceptionnels et se comptent. Berard perdit un opéré d’un érysipèle développé sur les bords de la suture.

Roux enregistra deux morts, celles d’une jeune fille de 22 ans et d’un jeune Irlandais enlevé par un accès de délire nerveux.

Chez les enfants, la staphvlorraphie n’a pas la même innocuité et il n’esi pas rare de perdre les petits opérés, des suites d’une hémorrhagie ou d’une bronchite généralisée.

RÉSULTATS AUTOPLASTIQUES

La réunion des bords affrontés de la perforation est donc la règle. Mais une question se pose, c'est celle de la régénération de l'os par le lambeau périostique.

« Une chirurgie nouvelle est créée, le périoste permettra de refaire des os. » Langenbeck eut le mérite de faire l'application de la théorie Flourens. Il publia un mémoire accompagné de plusieurs observations, sur la possibilité de la régénération osseuse par des lambeaux périostiques. [1 décrivit l’évolution de cette reproduction qu'il avait, disait-il, constatée huit fois. Il est vrai qu'aucune autopsie ne vint confirmer son opinion, mais, avec une aiguille à acupuncture, il avait exploré toute la région refaite et, se trouvant arrêté par un plan résistant, il en avait logiquement conclu que l'os s’était reproduit.

Erhmann, de Mulhouse, eut l’occasion de faire l’'autopsie d’un sujet, mort quelques années après avoir subi luranoplastie et constata absence de tout travail osseux.

Cette question avait donné lieu a de longues et chaudes discussions à la Société de Chirurgie. M. Ollier présenta des pièces qui démontraient la reproduction osseuse de la voûte palatine chez des chiens. Sedillot apporta un résultat négatif.

Holtnes (1) semble dire que si le périoste ne reproduit pas d'os, c’est qu’il a été trop lacéré. Parlant de: observations de Langenbeck il dit :

« L’exactitude d'aucune des présomptions du chirurgien de Berlin n’a encore été prouvée et pourtant, dans l'enfance du moins, ilest probable que toutes deux sont fondées. Je crois que, quand les os de la fosse palatine sont aussi rugueux et inégaux à leur surface qu'ils le sont chez l’adulte, il est impossible de détacher de la surface osseuse, dans un but chirurgical, autre chose que des fragments isolés de périoste mêlés irrégulièrement à

(1) Thérapeutique des enfants.

Le AGE d'autres tissus fibreux et à la membrane muqueuse. Mais chez les enfants, cette opération peut être plus facile. »

Enfin M. Chrétien, dans sa thèse inaugurale, rapporte lobservation de deux malades chez lesquels il a observé avec M. le professeur Lannelongue la reproduction osseuse.

« Nous pouvons dire qu'avec le lambeau nasal, nous réformons los, nous refaisons une voûte palatine, non pas membraueuse, mais osseuse. (est que le vomer présentant une surface lisse, il est facile de ruginer et de conserver, adhérent au lambeau, tout ou partie du périoste, probablement épaissi, comme la muqueuse avec laquelle elle se confond. Tandis que, sur la voûte palatine, la rugination présente bien des difficultés, ainsi que le fait remarquer Holmes, à canse des crêtes rugueuses qu’elle présente et la régénération osseuse est loin d’être constante, Sédillot écrivait, à ce sujet, qu'il à constaté, avec Bæckel, sur un malade opéré par lui depuis trois mois qu'il n’existait aucune trace d'ossification. Les tissus étaient souples, dépresibles, élastiques et la pointe d’un bistouri, promenée sur la surface nasale ou périostée.du lambeau, on ne rencontrait pas Ia moindre trace d’ossification. Je n'en «1 trouvé que quelques exemples dans les mémoires de Langenbeck (1) { obtint une fois chez un garçon de 13 ans, opéré pour une fissure unilatérale complète. Une autre fois, chez une jeune fille de 24 ans, opérée pour la même difformité, et une dernière fois, chez une jeune fille de 22 ans, résultats qu’il faut attribuer aux soins qu’il met à la rugination de la voûte palatine. »

Ainsi done, le fait n’est pas douteux, par la méthode

(1) Lengenbeck, Arch., vol. Il, p. 267.

PR Er de Lannelongue souvent, et par celle de Baizeau quelquefois, on obtiendra la reproduction osseuse.

Cest aussi l'avis de M. de Saint-Germain (1). « Les lambeaux, dit-il, comblent l’espace et pourront, par le pérloste qu'ils contiennent, reproduire du tissu osseux. » Aux chirurgien donc de se mettre pour cela dans les conditions les plus favorables et de ménager le périoste.

En attendant, la parfaite réunion des lambeaux nous suffit. Si plus tard, vous constatons la reproduction osseuse, nous aurons lieu d’en être satisfaits, mais non surpris.

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