‹ Contribution A L'étude De L'urano-Staphy Lorraphie Et De Ses RésultatsChapitre 19 sur 27 · ENS · texte numérisé non relu

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Pour lui, les défauts de prononciation inhérents aux divisions congénitales, sont de deux sortes : 1° Le nasonnement ; 2° L'absence darticulation de la plupart des consonnes. Comment se produisent ces deux phénomènes ?

M. Chervin les attribue : 4° A la direction vicieuse du courant d'air expiré; 2 À l'insuffisance de la fermeture postérieure de la cavité buccale indispensable pour certaines consonnes, nécessaire pour d’autres ; 3 A Pinhabileté des organes articulateurs qui, après l'opération comme avant,ne connaissent pas la manœuvre nécessaire à la produclion de chaque consonne.

L’éducateur observant son malade, même si son langage est incompréhensible, arrivera bien à découvrir une consonné qu'il prononce à peu près bien. Il commencera par faire articuler cette Consonne, puis celles du même groupe et, allant ainsi du simple au composé, il arrivera à donner à son malade une articulation que l’exercice rendra à la longue de plus en plus correcte.

M. Chervin, dans ses lecons dont les résultats sont connus de la plupart des chirurgiens, se propose tout d’abord d'apprendre à son élève à diriger le souffle par la bouche ét non par le nez ; puis, sans se préoccuper si le voile du palais à exactement et mathématiquement la longueur physiologique, il lui apprend le mécanisme naturel de la prononciation des lettres. On arrive toujours à rendre ainsi à l’'opéré larticulation complète et compréhensible de toutes les consonnes, même les gutturales. Mais il persiste toujours un peu de nasonnement. Passavant (de Francfort) à attribué la persistance de ce trouble

à une brièveté du voile du palais due à la même cause

(2) Arch. gén. de médecine.

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qui, chez l'embryon, a empêché la réunion sur la ligne médiane. Hermann (1) de Breslau, en suturant le voile sur la paroi postérieure du pharynx, n’a pas infirmé la théorie de Passavant : à une malformation il en substituera une autre plus considérable.

Le nasonnement est dû, croyons-nous. à des causes diverses et complexes dont les principales et plus efficientes sont la brièveté du voile et le développement trop considérable et particulier aux porteurs de fissures congénitales de l’espace compris entre la partie postérieure du voile et la face antérieure du pharynx. Cette disposition constitue pour les fosses nasales une puissante cheminée d'appel et contribue, dans une large part, à donner à la voix cette tonalité nasillarde qui subsistera quoiqu’on fasse.

Mais le résultat pratique est atteint: grâce à l’opération ; grâce à l’éducation vocale convenablement dirigée, une parole intelligible pour tout le monde est définitivement acquise au sujet.

Citons pour terminer quelques exemples probants de l'efficacité des exercices vocaux.

Fout le monde connaît l’histoire du premier opéré de Roux, qui devint plus tard professeur d’Anatomie, à Montréal et se fit remarquer par la pureté de sa diction,

Une double opération pratiquée sur 2 jumeaux de 46 ans, en 1861, par Langenbeck, à donne un résultat physiologique complet. Revus en 1862, ils avaient un langage absolument normal et n'avaient cessé de s'exercer.

(2) Soc. de chirurgie. — Ce jour-là Liégeois consulté rapporta que celle de ses deux malades qui parlait le mieux avait le volle le plus court,

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Un malade de Ferguson, arriva dans une année à parler d’une façon « presque plus parfaite que la plupart des autres hommes, » alors qu'avant l’opération il lui était impossible de prononcer un seul mot d’une facon distincte.

Prévost, dans sa thèse (1866), rapporte le cas d’un boucher qui, bien que laborieux, ne pouvait plus trouver à se placer, tellement son langage était inintelligible. M. le professeur Richet l'opéra en 1838.

Il fut revu sept ans après. La voix avait un timbre légèrement nasonné, mais larticulation était si bien améliorée qu'on entendait tout ce qu'il disait sans effort d'attention. Jamais il ne hui arrivait, dans les nombreuses affaires qu'il traitait avec des personnes non habituées à l’entendre, d’avoir la moindre contestation ni de répéter deux fois les conditions des marchés qu’il passait. |

Erhmann pratique la staphylorraphie chez un enfant de trois mois, le 3 février 1866. En 1874, le chirurgien eut l’occasion de revoir son malade. « Le résultat fonctionnel, dit-1l, est ici très satisfaisant. Le père, ministre protestant des environs de Strasbourg, qui s'occupe de son éducation avec beaucoup de sollicitude et d'intelligence, affirme que, par moment, la parole est absoiument nette et ne se différencie pas de celles des autres enfants. [l y a sous ce rapport, a-t-il ajouté, de bien notables progrès depuis 18 mois environ, car les deux premières années le nasonnement était trèsmarqué, »

M. X..., opéré huit ans auparavant, vient à Paris faire sa médecine. Dolbeau, qui l’avait opéré, peu satisfait du résultat, l'adresse à M. le Dr Chervin. En un mois, ce

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jeune homme avait réalisé de très sensibles progrè: ef articulait presque toutes les consonnes. :

Une des malades de Liégeois (1) ne fit d'exercices que pendant un mois et arriva à parier distinctement; chez la seconde, il obtint un résultat parfait. Les parents ne manquèrent pas un seul jour, de faire épeler et lire correctement leur enfant. Aussi la jeune fille parvintelle à parler avec une nétteté très grande. Le timbre de la voix était devenu clair et le nasonnement très peu sensible.

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