‹ Contribution à l'étude de l'urographie intraveineuse par l'urosélectanChapitre 19 sur 46 · APPARITION DES IMAGES · texte numérisé non relu

APPARITION DES IMAGES

On constate généralement, à la fin de l'injection ou au bout de cinq à dix minutes, l'apparition d’une image. Mais il n’y a pas de règle fixe, la production de l’image, avons-nous vu, étant sous la dépendance du pouvoir sécréteur du rein et du dynamisme pyélo- urétéral. Un cliché pris à cette période peut permettre de saisir les différences dans le moment d’apparition des deux côtés (JEHIEL). C’est au bout de vingt à quarante minutes que les meilleurs clichés sont obtenus, les images disparaissant au bout d’une heure et demie environ. Ceci est constaté sur les reins normaux, mais il peut en être tout autrement dans les cas pathologiques où lapparition de l’image peut n'avoir lieu qu’au bout de deux, trois et même quatre heures. Rares sont les cas où apparait l’arbre urinaire tout entier : reins, calices, bassinet, uretères et vessie. Le plus souvent, les reins se devinent, les calices apparaissent flous ou incomplets, le bassinet est, par contre, l’organe qui se voit le mieux. L’uretère n’est jamais visible en totalité, sinon il peut être considéré comme atone, ce qui n’est pas forcément sous la dépendance d’un état pathologique.

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L'image vésicale est obligatoire et son intensité est d'autant plus accentuée que le fonctionnement rénal est meilleur. Son apparition peut servir d'indice à la prise du premier cliché. Dans le cas de reins détruits, la vessie n’apparaît pas. L'image vésicale, normalement globu- leuse, présente, en cas de lésions rénales, un aspect asymétrique. «< Son bord supérieur, écrit JEHIEL, est incliné, une corne étant plus élevée et plus volumineuse que l’autre. »

Il est indiscutable que la pyélographie, après cathétérisme des uretères, donne des images plus nettes et plus opaques. Avec l'injection intraveineuse, l'ombre est moins intense et les contours des calices sont moins nets. Ceci, d’après DRAGONAS, tiendrait aux causes suivantes :

1° L’urosélectan se trouve dans les urines en concentration insuffisante;

2° Le bassinet se remplit insuffisamment pendant son fonctionnement et encore moins quand il est hyper- - kinétique;

3° Parfois, le bassinet continue librement ses mouvements péristaltiques, d’où diminution de la capacité pyélique et rétraction des calices.

En conséquence, ces organes se rempliraient mal, d’où des images floues. C’est pourquoi la prise en série des clichés s’impose pour qu'on puisse arriver à des conclusions plus sûres.

À part d'excellents clichés dont la lecture est facile, il en est de moins bons (nous venons de voir que ce sont les plus fréquents) et qu’on ne peut interpréter

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qu'après une lecture attentive et avec une grande habitude. F Pr ni

Il nous faut signaler encore ce fait actuellement bien connu où le rein sain ne donne pas d'image (fait d’ex-. ception). Nous en reparlerons dans le chapitre de linterprétation des clichés: On attribue ce phénomène à l'hyperkinésie pyélo-urétérale. D’après ALBARRAN : « Ce. serait la conséquence de la suractivité fonctionnelle provoquée, engendrant une polyurie considérable, massive, portant essentiellement sur le côté sain. »

2° Interprétation et valeur diagnostiques.

Il ne faut pas vouloir comparer une image d’urosélectan intraveineux avec l’image courante d’urétéropyélographie instrumentale. Avec l'injection intraveineuse, il faut se contenter d’une nuance qualitative plutôt que quantitative. La complexité des images d’urosélectan paraît surtout être due :

À la dilatation des images; Au facteur stase; Aux gaz du côlon.

La dilatation se produit fréquemment, pouvant donner d’un rein sain une image anormale. Cette dilatation est due à une atonie temporaire. ROsENo- explique que l’atonie ne dure que pendant la diurèse et que, sitôt l'élimination finie, les voies urinaires reprennent leur tonicité normale. L’atonie est moins gênante si l'épreuve est prise peu après l’injection, c’est-à-dire au commencement de l'élimination (RAVISINN).

Le facteur stase est l'effet d’un obstacle mécanique ou

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dynamique dans les voies urinaires supérieures. I y aurait stase toutes les fois qu'un rein serait lésé alors que son parenchyme fonctionnerait encore.

Les gaz du côlon donnent des images bien gênantes, surtout lorsque le cliché est peu intense.

Après avoir rappelé ces causes d’erreur, rites que deux principes d'interprétation ont été émis : celui de LiCHTENBERG et celui de RAVISINI.

Pour LICHTENBERG, nous ne pouvons nous attendre à obtenir une image que dans les cas où les reins fonctionnent. L'intensité de l'image dépend principalement du degré de leur fonctionnement.

Pour RAVISINI, l'apparition et la disparition des images serait plus importante que leur intensité. | faudrait comparer ces phénomènes des deux côtés pour porter un jugement sur la valeur fonctionnelle des reins. À l’appui de ce dernier principe, CONSTANTINESCO cite le cas d’une malade qui présentait les signes, cliniquement et par l'analyse bactériologique, d’une tuberculose rénale. La cystoscopie permit de localiser l'affection à droite. Un cliché d’urosélectan pratiqué montrait des dilatations des deux côtés. L’uretère pelvien était visible à gauche seulement, donc présence de luretère du côté fonctionnant (signe vésico-urétéral). Néphrectomie droite, rein droit détruit.

CONSTANTINESCO fait remarquer qu’étant donné la déficience de 70 % du côté malade, il aurait fallu que l’urosélectan n’en donnât presque pas d'image. Or, l’image droite non seulement était apparente, mais elle n’était pas éloignée d’une image normale et encore elle

& — 46 — Re était plus intense que celle de l’autre côté. L'auteur conclut ainsi : « Il s’ensuit donc que, dans ce rein, le parenchyme fonctionnant encore a donné, par l'effet d’une stase, une image trompeuse. Que vaut l'intensité pour juger de ce rein ? Rien qu’erreur. » Re

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