‹ Contribution à l'étude de l'UrotropineChapitre 14 sur 19 · T0 EE · texte numérisé non relu

T0 EE

urines pour la recherche du bacille et que peut être, souvent les bacilles troublées dans les matières fécales provenaient de l'urine. De plus, on comprend facilement que l'urine, par ce fait même qu'elle est liquide, soit plus apte à contaminer les sources d’eau et qu'en outre l’eau infectée de cette facon ne peut devenir suspecte ni par son apparence ni par son odeur.

Il y a une autre considération. au point de vue de la

propagation de la fièvre typhoïde par lurine, que Neufeld met bien en lumière :

« Le foyer infectieux, dit-il, n’est produit par les fèces qu'au point culminant de la maladie, tandis qu'il existe par l'urine dans nombre de cas, non seulement pendant là convalescence, mais encore longtemps après. J’ai cité des exemples de typhiques gardant une urine infectée de bacilles jusqu’à une époque où tout leur entourage devait les considérer comme tout à fait guéris et inoffensifs.

« Une eau infectée de bacilles peut. suivant les cas, produire une épidémie comme par explosion. L'urine fortement chargée debacilles typhiques pénètre facilement dans les puits, les bassins d’eau stagnante et cette eau ne contractera aucun gout désagréable et sera Chimiquement pure. Me basant sur les raisons théoriques je suis porté à attribuer une importance plus grande à l'urine des convalescents qu'aux fèces des malades dans la propagation de Ia fièvre typhoïde. Kubler et moi nous avons fait la découverte positive, sans objection, des germes de la fièvre typhoïde dans l'eau d’un puits à la campagne qui, selon la marche de l’epidémie, avait servi à

« propager là maladie, et nous pourrions démontrer « que l'infection de la source avait eu lieu très proba- « blement par l'urine et non par les fèces. »

Il était done naturel que l’on songe à rendre cette

urine aseptique.

Drake écrit dans The Lancet : «Il est dela plus haute nécessité de désinfecter l'urine de malades. L'usage « de lurotropine sera appréciable en prévenant la « dissémination de la fièvre typhoïde ‘par l'urine « comme agent d'infection. EL je vois, ici, un vaste « Champ de succès par l'usage de l’urotropine. Grâce à « ce médicament nous sommes à même d'arrêter « le développement et d’entraver la vitalité des « Mmicroorganismes pathogènes de toute espèce dans « l'intérieur du corps, avant leur évacuation par les « Voies urinaires... »

Horton Smith, la même année, étudiait dans un long travail paru dans The Lancet, la valeur de Purotropine dans la fièvre typhoïde.

Richardson, avant lui, avait trouvé dans neuf cas que les bacilles typhiques disparaissaient rapidement par l'usage de l’urotropine.

Les neuf malades prirent de l’urotropine 1 gr. 50 par jour en trois fois. Au bout de 48 heures, lies germes avaient disparu, on continua à donner la même dose de médicament pendant 10 jours. Sur les neuf malades huit purent être examinés plus tard et on constata que l'effet s'était maintenu chez un seul malade qui avail des quantités énormes de bacilles ; la bactériuriereparut 3 jours après la cessation du traitement et disparut

dans la suite,

Tout en confirmant les résultats donnés par Richardson, Horton Smith rapporte neuf observations dont nous reproduisons les plus importantes (observations X VII, XVIILet XIX)et qui démontrent « que nous « possédons dans l’urotropine presque un spécifique « de la bactériurie et de la cystite éberthienne. »

« Sinous examinons l'effet du remède, ajoute-t-il, « dans les cas de fièvre typhoïde avec complications « vésicales nous pouvons dire qu'il agit d'une manière « immédiate et extraordinaire. Si l'urine à été trou- « blée par des bacilles, au bout de 24 heures c’est-à- « dire après l’ingestion d’une dose de1 gr. 50, l’urine « seratout à faitclaire. L’actionest tellementfrappante « et rapide que si l'urine n’est pas claire au bout de « 24 heures, nous devons affirmer, à coup sür, quele « bacille présent n’est pasle bacille typhique mais une « des variétés du coli bacille. »

Neufeld a expérimenté l'urotropine dans trois cas de bactériurie typhique (Observation XX). Il a remarqué que la plupart du temps les bacilles typhiques se présentent soudainement dans urine, el sans trouble apparent de celle-ci, mais que parfois ils apparaissent en quantité si considérable que d’un jour à l'autre l'urine est entièrement troublée. L'infection de l'urine apparaît souvent à la fin de la convalescence seulement, et il faut craindre l'apparition ou la réapparition de la bactériurie, jusqu'à la quatrième semaine de la convalescence. Quant à ce qui concerne Paction de l’urotropine, Neufeld confirme les résultats de ses prédécesseurs. Le nombre des bactéries diminue de telle sorte que l'urine se clarifie. L'urotropine ne

protège pas contre une nouvelle infection de l'urine, après cessation de son usage, elle doit donc être administrée jusqu'à la fin de la quatrième semaine de la convalescence.

Nous avons pu vérifier les résultats donnés par ces différents auteurs dans les cas de forte bactériurie typhique. En effet, lorsque l'urine du malade est troublée par la présence des bacilles, c’est-à-dire, lorsque la bactériurie est particulièrement intense, lurotropine peut faire disparaître les bacilles et rendre l'urine très claire. Mais, et là nous sommes d'accord avec notre collègue M. Mahaut, l'urotropine est impuissante à faire disparaître complètement le bacille d'Eberth de lurine.

Quelle est la meilleure facon d'administrer l'urotropine ?

Il semble que la plupart des médecins qui l'ont expérimentée l’ont donnée en cachets de 0 gr. 50 à raison de 3 par jour. Bien peu l'ont ordonnée sous forme de potion et pourtant, de notre avis, c’est de cette facon qu'on en obtient les meilleurs effets. L’urotropine passant en effet au bout d’un quart d'heure dans l'urine, il est nécessaire d’après nous, que ce médicament soit absorbé à des intervalles très rapprochés et à doses fractionnées, pour que son action antiseptique se maintienne. Aussi c’est en polion que nous préférons l'administrer. Le malade de notre observation XXII chez qui nous avons pu constater les bons effets du médicament, l’ingérait de cette facon.

Page 1