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ments. Le père est décédé vers 53 ans (ou 64 ans) de congestion cérébrale.
La mère serait décédée 2 ans après la naissance de B... d'une tumeur à l’estomac. Elle aurait reçu un coup de corne taureau au cours de sa grossesse, lors de la gestation de
B... est le plus jeune des 7 enfants de ce mariage (le père s'étant remarié après le décès de la mère).
Une sœur morte de méningite à 18 ans.
Une autre sœur aurait une maladie de cœur.
Tous les autres enfants sont en bonne santé.
L'étude des antécédents personnels montre un passé chargé. B... va à l’école jusqu’à 11 ans, sans pousser jusqu’à son certificat d’études.
Vers 10 ans, il contracte la diphtérie, avec une paralysie du voile transitoire. Il apprend le métier de bourrelier, puis l’abandonne pour travailler dans la culture. Il quitte sa famille à cause de la belle-mère qui l’accusait de n'être pas un B... ainsi que son père qui l’appelait « bâtard » lorsqu'il était ivre.
A l’âge de 17 ans, ou de 20 ans, environ, seraient apparues les crises comitiales après une sorte d’électrocution, projeté par la foudre, « boule rouge », il reste trois quart d’heure sans connaissance, pâle, inerte ; deux ou trois jours plus tard
il est prix de « tremblements nerveux » avec chute, amnésie,
céphalée.
Il fait trois mois de service militaire à Nancy (18° génie) et il est réformé à cause des crises (20 ou 30 crises en 3 mois).
En revenant il travaille à la maçonnerie avec son frère, puis comme ouvrier de cutlure. A cette époque il aurait eu 2 à 3 crises par mois.
I1 se fracture le bras gauche en 1939 en faisant de la gymnastique à la barre fixe.
Il serait resté ensuite 4 à 5 ans sans trouble et sans traitement.
Engagé volontaire en 1939, puis réformé à nouveau, R.D. N° 2, il reste dans la culture jusqu'en juillet 1942, où il part comme volontaire pour travailler en Allemagne (« pour faire rentrer le patron »). Passe 3 mois en Autriche (Linz) comme maçon, où il est victime d’un accident en tombant de 4 m. 50 environ (enfoncement de 3 côtes, plaie de la région pariétale droite, hernie épigastrique, perte de connaissance).
Réformé par les Allemands à la suite de cet accident, il
ST, par
revient en France, mais au bout de 7 jours, il est renvoyé à Berlin du 9 décembre 1942 au 11 février 1943 : il y rejoint son amie qui revient alors avec lui, elle pour accoucher, et lui pour se faire opérer de sa hernie de la ligne blanche.
A son arrivée, il se serait querellé avec des camarades, qui l’auraient traité de « sale boche » ce qui aurait motivé sa dénonciation aux Autorités d'occupation.
Arrêté et placé en observation, il fait une crise dès son arrivée, puis une autre quelques jours plus tard qui ne peuvent être ni l’une ni l’autre contrôlée par le personnel compétent, toujours éloigné à ce moment-là.
I1 ne suit aucun traitement par barbiturique depuis son entrée. I1 se montre calme, satisfait de lui, disant qu'il aurait appris facilement si on l'avait laissé à l’école : « moi, n’importe quoi, je peux le faire ». Très émotif dans son enfance, il pleurait pour un rien, même maintenant il est encore très sensible et pleure pendant les discours et les enterrements. De niveau mental très peu élevé, c’est un sujet peu utile au point de vue social. — « J’allais dans les réunions pour apprendre le pour et le contre ». « J'ai été 3 ans chez M. le Maire... L'autre couchaït dans un lit... moi je couchais dans la paille » — « Chez R... ils ne m'ont pas proposé le lit ».
Interrogé à plusieurs reprises au sujet de ses crises, il en fixe la date d'apparition à des âges différents : 17 ans ? — 20 ans ? — L'évolution en est également fantaisiste, tantôt il en a toujours eu 2 ou 3 en moyenne par mois et tantôt il serait resté jusqu’à 5 ans sans présenter de troubles,
Il ne les sent pas venir, tombe n'importe où, il a des vertiges, quelquefois des « étourdissements sans tomber ». Jamais de miction involontaire ni de morsure de la langue, une fois on aurait remarqué de la « bave » devant la bouche,
On apprend également qu'à 16 ans 1/2, il s'est sauvé en emportant « un paletot qui n'était pas à lui et qui avait 300 frs dedans, pour s'engager dans la marine ». Condamné, il est envoyé en maison de redressement (Mattray, Indre-et- Loir) où il est « moniteur général » de gymnastique et de barre fixe, et où il subit « 80 jours de cellule pour un mégob ».
Au point de vue physique, peu de chose à noter sur cet horine, robuste, si ce n’est une petite hernie de la ligne blanche, une cicatrice pariétale droite (qui serait consécutive au traumatisme crânien de l’année précédente, donc très posté-
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rieure à l'apparition des crises). Une inégalité pupillaire légère : droite plus grande que gauche avec mydriase. Pas de signe de spécificité.
. Le malade pèse 51 kgs, le pouls bat à 50 à la minute, régu-
er.
Pas de modifications des bruits du cœur, ni de bruits stéthacoustiques anormaux à l’auscultation pulmonaire.
Ni sucre, ni albumine dans les urines.
Que penser d’un tel malade ?
Gomment résoudre l’énigme posée par ces trois cas médicolégaux ?
Pour le premier, les symptômes cliniques sont assez nets pour qu’on ne puisse guère douter du diagnostic. Mais une confirmation par un test serait cependant bien utile car il est difficile de démontrer expérimentalement les cas d’épilepsie psychique.
D'autant plus que le jeune D... suit depuis le début de son observation un traitement par le « Solantyl » (3 comprimés par jour) et ne présente plus aucun phénomène pathologique. Le 23 novembre 1942, on lui injecte 2 centimètres cubes de Cardiazol par voie intra-veineuse sans déclancher de crise.
On supprime alors progressivement le « Solantyl » et le 8 décembre, une nouvelle injection de Cardiazol est pratiquée : celle-ci déclanche une forte crise convulsive, signant par là la nature comitiale des troubles qui avaient amené le jeune D... devant de tribunal.
Celuüi-c1 est d’ailleurs reconnu irresponsable et placé à l'Hôpital Psychiatrique. Il n’a depuis présenté aucun phénomène pathologique en continuant le traitement anti-convulsivant.
Pour le deuxième cas, les antécédents judiciaires et le comportement du malade font immédiatement penser à la simulation, cependant l’histoire de son divorce provoqué par ses crises et ses fugues, et surtout l'incident de l’autocar, font pencher la balance en faveur de l’épilepsie, ses nombreux séjours dans les Hôpitaux Psychiâtriques sembleraient le confirmer, et pourtant un doute subsiste, qui fait penser à la sursimulation du prévenu qui se sachant malade veut absolument être reconnu irresponsable dans l'espoir d'éviter un châtiment.
C'est pour essayer de résoudre cette question qu’on pratique le 9 septembre 1942, une injection intra-veineuse de
5 tot
2 centimètres cubes de Cardiazol. Le malade réagit par une crise convulsive typique et complète, précédée d’actes automatiques inconscients : se jette au cou d’un infirmier et tente de l’étrangler en criant « Mort aux vaches ».
La conviction qu'il s’agit bien d’un épileptique est confirmée quelques temps après par une lettre du médecin-chef d'un service d’aliénés qui a soigné M... d’un éfat de mal épileptique, l'année précédente.
Le rapport médico-légal demandé par le Tribunal peut donc être conclu (pour la question de l’état mental du prévenu) de la façon suivante. « Déséquilibre psychique atteint de mythomanie vaniteuse, maligne et perverse, associée à la folie morale et à l'épilepsie » (Dr SCHERRER).
Pour le troisième cas, le doute est permis, quand à la réalité des crises épileptiques. Le comportement du sujet et l’anamnèse inspirent bien une grosse méfiance, mais cela reste très subjectif et ne peut être démontré avec évidence par aucun détail précis, d'autant plus que la réforme a été basée par deux fois sur ce diagnostic. Le 9 avril 1943, on pratique sur lui une injection de 2 centimètres-cubes de Cardiazol, par voie intra-veineuse. Il présente quelques troubles subjectifs variés, mais pas de crise convulsive. rs
Le 24 avril 1943, les Autorités Judiciaires, le font reprendre pour passer en jugement. A son départ, il avoue la simulation depuis le service militaire,
Ces trois observations montrent l'intérêt du Test au Cardiazol au point de vue médico-légal. Ce test à permis dans ces trois Cas particuliers de porter un diagnostic ferme et d'appuyer d’une façon très démonstrative les conclusions du médecin commis à l'expertise de ces hommes.
SAMET ETES