‹ Contribution à l'étude de la Bilharzia HematobiaChapitre 5 sur 24 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

En raison de sa situation géographique exceptionnelle, Marseille, centre d’où l’Europe rayonne sur toutes les contrées, globe, foyer où convergent toutes lesraces immigrant vers le vieux continent, semble se constituer de ce chef en une véritable école de pathologie exotique : je ne m'arrêterai pas aux affections diverses émanées directement de toutes les latitudes, plus nombreuses parfois dans tels services hospitaliers que celles normales à notre littoral méditerranéen, et dont l'importance justifiait amplement pour cette ville des espérances depuis si longtemps déçues; je n’en veux retenir qu’une seule, constatée à l'Hôtel-Dieu au mois de mai 1891 par M. Villeneuve, professeur de clinique chirurgicale, et publiée le 30 juin suivant dans le Marseille médical. [l s’agit d’un cas de bilharzioze originaire de Tunisie, ce que la même observation relatait la première.

Cette observation m'a paru assez importante en ellemême pour attirer l'attention surce point de vue spécial de la question, et cependant, un fait de ce genre n’est point isolé.

En 1877, le 8 janvier, Monsieur le D: X. Jourdan, alors interne à l’hôpital de la Conception, reçut dans son service un malade venu d'Alexandrie, atteint d’hématurie,

et dont les urines examinées au microscope révélèrent en abondance des œufs de bilharzia,avec une netteté telle que, quinze ans après, l’un des témoins de la recherche pouvait me reproduire de mémoire l'aspect de la préparation. Et combien d’autres faits non reconnus, ou s’ils le sont, non recueillis, demeurent ignorés et perdus !

[n’en sera pas ainsi du moins cette fois. L’observation de M. Villeneuve signalait la première l'existence de la bifharzioze en Tunisie. Depuis, deux faits publiés sont venus confirmer cette conclusion tirée du premier. I m'a paru intéressant de condenser ces diverses publications en une seule étude, objet de cette thèse.

Avant d'aborder les observations précitées, jai cru utile d'exposer en un rapide résumé l’histoire naturelle du parasite, puis son évolution en tant que parasite.

Je rappellerai donc brièvement la filiation zoologique de la bilharzia, décrirai les caractères généraux de l’ordre dans lequel on le range, puis ses caractères particuliers, passant successivement en revue le mâle, la femelle, l'œuf et l'embryon.

J’étudierai alors la distribution du parasite au point de vue géographique, zoologique et humain, et m’arrêtant à ce dernier qui m’occupera seul j’aborderai l'étude des lésions que détermine sa présence, des symptômes auxquels elles donnent lieu; puis, faisant intervenir les cas observés, je terminerai par quelques considérations relatives au diagnostic, au pronostic et au traitement.

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