LA FLUXION DE L’ORBITE
La fluxion de l’orbite relève d’une cellulite séreuse, d’une inflammation des espaces cellulo-graisseux de l'orbite. Le globe oculaire est indemne, les milieux de l’orbite ne sont pas altérés : tout se passe en dehors du cône musculaire de l’orbite. Le nerf optique est respecté, seulement léché par l’inflammation, l’acuité
visuelle reste ce qu’elle était avant l’infection. Œ
Le fond de l’œil est normal, les nerfs oculo-moteurs ne sont pas touchés; certes il a été rapporté des cas de diplopie et de limitation des mouvements de l'œil. On pourrait admetire que l’œdème puisse s’infiltrer dans les muscles de l’œil et Le tissus celluleux de leurs gaines.
Le fait qu’il soit encore capable de quelques mouent appuierait ceite hypothèse, « ce ne serait
qu’une fausse paralysie » (PARTHIOT).
Clinique.
L’expression clinique de la fluxion de l'orbite est
la suivante :
1°. — Allure bruyante mais temporaire; 2°. — Evolution rapide, fugace; 3°. — Pronostic bénin.
Son apparition est rapide, en 24-48 heures, chez un malade souffrant de sinusite ethmoïdo-frontale aiguë de quelques jours.
Son installation est souvent précédée d’une exacerbation de signes généraux et d’une recrudescence des douleurs. Le malade se plaint de douleurs pré-orbitaires et rétro-orbitaires permanentes. La température est haute et peut atteindre 40°.
1°. — L’æœdème palpébral en est le premier signe, et le principal. Il boursoufle la paupière supérieure; il est parfois si important que le globe oculaire en est complètement masqué; la paupière inférieure n’est infiltrée que secondairement; la peau ne présente aucune modification de coloration; elle est à peine
chaude, et n'offre de fluctuation en aucun point. 2°. — L’exophtalmie : signe la participation de la cavité orbitaire; elle est une manifestation constante L2 9 L2 LU L L3 14 de la fluxion de l’orbite : l’œil est saillant, parfois dévié sur l’axe oculaire et projeté en bas. Cette exophtal-
mie est peu réductible et toute tentative de pression
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sur le globe oculaire provoque une douleur si vive,
que cette manœuvre mérite d’être proscrite.
3°. — Il n’est pas de règle d’observer du chémosis; cependant, à l’ouverture des paupières, que l’œdème peut rendre difficile, on remarque parfois un très léger chémosis inféro-externe. L’hyperémie conjoncti-
vale est constante.
4°. — L'absence de certains troubles mérite d’être notée.
— Le malade r’accuse pas de diplopie,
— Les mouvements de l’œil sont possibles,
— L’acuité visuelle n’est pas modifiée, |
La sensibilité cornéenne, le réflexe pupillaire sont conservés.
L'examen du fond d'œil ne révèle aucun signe pathologique.
En cas de sinusite frontale, la palpation de la paroi antérieure et inférieure du sinus réveille une douleur extrêmement vive. Si c’est au contraire le sinus ethmoïdal qui est atteint, on ne réveille aucune douleur en aucun point. L’écoulement nasal toujours insigni-
fiant peut être séreux ou purulent.
À l’exame rinoscopique on note de plus, la présence de pus en abondance dans le méat moyen, du
côté intéressé.