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CHAPITRE IV

EFFETS DE LA FORCE CENTRIFUGE SUR LES ÉLÉMENTS SEXUELS, LES GRAINES ET LES ŒUFS

Puisque la force centrifuge est — nous le savons — suscepüble d'agir sur « la cellule, en général », voyons si elle peut aussi modifier des éléments bien systématisés (spermatozoïdes, | ovules, pollen, par exemple) et des organismes à l'état d'œufs ou de graines.

Jusqu'à présent, les lésions produites apparaissaient nettement. Nous les avons décrites. Tandis que, dans les chapitres à venir, nous serons beaucoup moins arrêté par les lésions (souvent invisibles) que par leurs conséquences.

Spermatozoïdes. — Les spermatozoïdes supportent dans les liquides appropriés (urine, sérum physiologique) des pressions énormes sans êlre détruits.

L'Ascaris megalocephala facilite beaucoup les expériences portant sur les éléments sexuels. Non seulement de fortes tailles, ces derniers sont chez lui, des plus commodes à trouver,

vu la simplicité de l'appareil génital mâle, formé d’un tube unique, dont le diamètre croît insensiblement de son extrémité aveugle vers son embouchure. Il suffit d'en examiner le contenu aux différents points pour établir la succession des phénomènes évolutifs.

Van Beneden, à qui nous devons les plus beaux travaux sur la question, reconnaît que le tube sexuel mâle de l’Ascaris megalocephala renferme quatre organes déjà distingués par von Siebold chez d’autres Nématodes (testicule, canal déférent, vésicule séminale, canal éjaculateur). Chacun d’eux se caractérise aussi bien par la structure de sa paroi que par son contenu. Le testicule comprend trois parties bien nettes : la région terminale est le lieu de formation des spermatogonies. Dans la région moyenne, les cellules très réduites grandissent, subissent des changements, d'où résulte leur maturation progressive. Dans la région inférieure, chaque spermatogonie se résout en quatre spermatocytes qui restent unis entre eux de façon à former un spermatogemme. Chaque spermatocyte engendre une portion cytophorale vers le centre du spermatogemme, et les quatre parties cytophorales constituent ensemble un cytophore!. |

Au moment de pénétrer dans le canal déférent, les spermatozoïdes deviennent libres et se modifient de façon à prendre petit à petit les caractères qu'ils affectent dans la vésicule séminale.

Ce sont là des dispositions précieuses permettant d'observer toute la lignée spermatique. Après centrifugation, soit courte, mais rapide {une demi-heure à 2.600 tours), soit lente, mais longue (deux jours à 500 tours).

Qu'advient-1l?

Les spermatozoïdes de l’Ascaris demandent à être comparés de très près les uns avec les autres, car leur contexture diffère

! Van Beneden, la Spermatogénèse chez l'Ascaris {Bulletin Académie Royale des Sciences, Lettres el Beaux-Arts de Belgique, 1884.

ut CCE tellement de celle rencontrée chez d’autres Animaux que l’on éprouve quelques difficultés à les analyser.

Ils semblent en effet ne pas pouvoir remuer. Ils n'ont pas de queue, sont conoïdaux, formés d'une partie granuleuse contenant un petit corps sphérique de substance nucléaire et d'une partie réfringente!.

L'immobilité n'est pas absolue cependant, l'extrémité basilaire pouvant, d'après Schneider, exécuter des mouvements amæboïdes.Cesmouvements sont entoutcastrès difficiles à voir.

La centrifugation, quelle que soit sa nature, ne modifie en rien les spermalozoïdes. Et aucune phase de leur évolution ne semble troublée.

Chez les Mammifères, la cellule mâle se différencie davantage. On peut la ramener à trois parties : une tête, une pièce intermédiaire et un filament contractile ou queue.

Aussi, plus complexes, ces spermatozoïdes subissent-ils légèrement l'influence de la force centrifuge. Sans être modifiés en eux-mêmes, ils perdent leur mobilité ou, du moins, la voient se réduire considérablement. Chez les Vertébrés, on expérimente aisément sur ces cellules en les plaçant dans du sérum physiologique ou de l'urine*.

Ovules. — Quant à la cellule femelle, prise en soi, elle présente pour nous peu d'intérêt. Plusieurs auteurs, en effet, éludièrent, voici longtemps déjà, ses changements par suite de la centrifugation. Nous en reparlerons d’ailleurs bientôt à propos des œufs fécondés.

! Pour détails, voir : Oscar Hertwig, Traité d'Embryologie, traduction Julin, chez Reinwald, 15, rue des Saint-Pères, Paris.

? N'ayant pu obtenir des fécondations artificielles d'animaux élevés dans la série (lapins, cobayes), nous pensions inslituer une suite d'essais sur des poissons. Au début de la guerre nos sujets périrent faute de soins.

Plus récemment, nous avions à nouveau préparé trois élevages de carpes, l’un formé de sperme centrifugé et d’ovules normaux; l’autre de sperne normal et d'ovules centrifugés, le dernier, enfin, de sperme et d'ovules centrifugés.

Un pisciculteur sur lequel nous comptions, mobilisé brusquement, dut fermer son établissement avant que nous ayons réalisé nos essais.

SEFoA ES

Pollen. — Comme l'on peuts’en rendre compte par l'examen du tableau (25), les plantes issues d’ovules normaux fécondés par un pollen fortement centrifugé n'offrent pas de différences

appréciables avec les témoins.

PLANTES A POLLEN NORMAL di PLANTES A POLLEN CENTRIFUGÉ Eu æœ L. An E 5 A E nv œ LAND = 5 a E œ Ce sr les lé | Su lSss Ba |22/|52/|£eldez + &p Ep = E0 E 3 |l< & 3 + 60 FRE en = ES © Se Sr | |85 | Sa lose ss |<2|$55|32l£5e = 2 à = Æ = LR = Æ Fe Mes cm. cm. | cm gr ve cm cm. cm gr {juillet} 0,38 | 0,025] o,o10| — = fjuillel| 0,46 | 0,033| 0,015] — —

Voici la façon de procéder. Nous avons récolté soigneusement des graines’ de Tropæolum majus el en avons fait deux lots. L'un, semé précocement dans le Midi, fleurissait au début de juillet. L’autre, cultivé à Lyon, n'arrivait à maturité que fin août. Le pollen du Gard centrifugé servit à féconder quelques-unes des fleurs lyonnaises.

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Celles-ci formaient en effet deux groupes. L’un évolua librement, tandis que l’autre eut toutes ses étamines touchées à l'aphyso-cautère avant leur développement complet, puis, après, ses stigmates furent saupoudrés de pollen centrifugé.

L'année suivante, les graines des deux variélés furent semées dans un terrain amendé, travaillé au préalable de façon à obtenir une homogénéité complète.

Régulièrement espacées contre un mur tourné au levant, les plantes sont attachées à des tuteurs de 2 mètres dès leur poussée. Tous les dix jours, lorsque les pieds atteignent 40 centimètres environ, nous mesurons la hauteur de trois tiges issues d'un pollen normal et de trois liges nées d’un pollen centrifugé, la largeur, la longueur des feuilles de chacune. Plus tard, nous comptons les fleurs et enfin pesons toute la végétation des témoins comme des sujets traités.

De ces mesures, aucune différence n'apparait. Capucines normales et centrifugées sont comparables. L'action de la force centrifuge sur le pollen est donc nulle au point de vue fécondation.

L'examen microscopique des cellules mâles ne révèle d’ailleurs rien de spécial. Qu'il s'agisse de Capucines, de Lis, de Cèdres, de Magnolias, même après une heure de rotation à 2.000 tours, le pollen reste semblable. |

Centrifugé pendant douze jours au sein d’une atmosphère humide, le seul fait intéressant réside en ce que, dans une solution sucrée, le tube pollinique réclame pour se développer une concentration plus forte qu'un grain normal. Sans quoi, il éclate comme le ferait ce dernier dans l’eau pure. Cela peut s'expliquer par une déshydratation violente des tissus!.

Graines. — Avant de soumettre les graines à la rotation, 1l importe de les préparer. Il faut tout d’abord les choisir saines,

1 [1 aurait-été intéressant d'expérimenter sur des fleurs à ovules centrifugés; mais la chose demanderait des appareils extraordinairement complexes pour être réalisée,

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bien semblables entre elles, puis les hydrater plus ou moins, suivant l'épaisseur de leurs enveloppes. Nous avons déjà dit la grande utilité de l'eau, supérieure même à celle de l'oxygène. Sans ces précautions, la force centrifuge ne modifierait en rien les graines. Pendant leur vie latente ces organismes ne peuvent en effet répondre à un excitant quelconque.

Ainsi traités, les lots choisis sont placés dans la centrifugeuse au milieu d’une enceinte humide. Les grandes vitesses ne donnent rien, on ne peut les produire assez longtemps. Tandis que, après quatre ou cinq jours, des vilesses de 5oo tours environ amènent chez les Fèves, les Haricots, les Courges, les Fléoles une perte de poids et une pigmentation marquée des téguments.

Ce changement de teinte est si sensible que chez les Fléoles une fois la plante poussée, on croit à une variation dans la teneur chlorophyllienne des sujets traités. Les graines colorent par dessous tiges et feuilles, vu la transparence de ces dernières. |

Il s’agit d'une simple illusion d’optique. Des essais au microspectroscope permettent d'affirmer la parfaite identité des chlorophylles des lots centrifugés et des lots témoins.

On ne saurait attribuer ce phénomène à un desséchement, puisque tout s’est passé en milieu très humide. A notre avis, il résulterait plutôt de la concentration des principes cellulaires au niveau de la membrane externe très peu perméable.

Quant à la perte de poids, elle est constante. Nous la Signalerons plus tard sur les œufs d’Insectes et d’'Oiseaux!.

A côlé de ces modifications dues à la centrifugation en ellemême, il en existe d’autres propres à telle ou telle manière d'utiliser la force centrifuge. Ainsi :

Une rotation de vingt-quatre à quarante-huit heures à

500 tours dans une enceinte convenable accélère le début des germinations.

! Cf. même chapitre.

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