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Rien à signaler chez les feuilles non plus. On pourait s'attendre à des modifications protectrices en vue de garder
l’eau, par suite de la déshydratation préalable des tissus. Tout . reste cependant normal dans l’épiderme. Les parenchymes ont la même forme et le même nombre de stomates.
! Dans le diagramme 26 nous avons appelé durée de germination le laps de temps mis par les embryons pour commencer à sortir des graines.
Mieux que de longues descriptions, les diagrammes 26 et 27 montrent certaines influences de la force centrifuge.
Germination de Fléoles T
(en décembre)
Fr, 271,
Dans le premier, nous voyons des graines de Courges convenablement préparées divisées en deux lots.
! L'expression « germe en 1, 2 jours », signifie que les jeunes plantes apparaissent après 24, 48 heures.
ga
De ces deux lots, un sert de témoin, tandis que l’autre séparé, en plusieurs parts, sera centrifugé deux, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze, douze et treize Jours.
Mis à germer sous cloches, les échantillons normaux partent en deux semaines!, ceux traités quarante-huit heures gagnent un Jour, tandis que les autres sortent d'autant moins vite qu'ils ont tourné plus longtemps.
Le tableau 27 fournit des renseignements de même ordre, mais plus détaillés, à propos des Fléoles.
Ce graphique fait saisir le rôle accélérateur d'abord, retardateur ensuite, puis destructeur de la centrifugation.
Signalons enfin que, sur des milliers de Fléoles semées traitées de douze à vingt jours, vingt-sept graines seulement eurent un début de germinalion dans la centrifugeuse même.
Ces vingt-sept graines mises sur papier filtre mouillé, et sous cloches, s’étiolèrent après onze jours d’attente, sans avoir gagné 2 centimètres.
Qu'il s'agisse de graines volumineuses ou petites, de graines avec ou sans albumen, les mêmes troubles se manifestent.
Œuîfs. — Les œufs diffèrent beaucoup suivant les Animaux. Nous ne parlons pas de leur morphologie extérieure, sans grand intérêt, mais de leur constitution. Ils comprennent d'abord les œufs simples, puis les œufs composés. Ces derniers nés d’une cellule ovarienne et d'un vitellogène.
Les premiers, au contraire, formés dans l'ovaire aux dépens d'une seule cellule germinative sont les plus nombreux.
Ils renferment trois grandes classes, suivant la répartition de leur protoplasme et de leur deutoplasme.
Nous devons à Balfour une division très simple. À savoir : les œufs alécithes dont le deutoplasme peu abondant se trouve également réparti; les télolécithes dont le deutoplasme est accumulé au pôle végétatif ; les centrolécithes enfin,
! Expériences exécutées en janvier,
= 93 — dont le nom indique assez la position centrale du deutoplasme.
Le type à vitellus, disposé d’une façon uniforme RANGS l’Amphioxus et les FRET
Le type polaire renferme les Poissons, les Reptiles et les Oiseaux, tandis que le type central contient les Arthropodes.
L'impossibilité d’agir assez longtemps sur des femelles de Mammifères nous a interdit toute expérimentation sur le premier groupe.
Quant aux deuxième et troisième, pris en bloe, ils présentent des perturbations nombreuses, dont plusieurs tout à fait analogues à celles des graines au sortir de la centrifugeuse. Dans cet ordre d'idées, nous verrons bientôt qu'une action de deux Jours à peu près accélère leur éclosion, tandis qu'une action de quatre, cinq, six, sept jours la retarde de plus en plus. Laissés à tourner, trois à quatre semaines, les œufs périssent. On ne trouve même plus les quelques exceptions signalées chez les Plantes.
Nous reviendrons à la fin de ce chapitre sur nos premiers essais exécutés, voici sept ans, avec des œufs de poule.
Ayant eu en effet la bonne fortune de pouvoir élever quatre générations successives de Vers à soie, nous croyons préférable de commencer cette étude par eux.
Quelques remarques techniques semblent nécessaires d’abord. Les voici :
Vers à soie. — On ne saurait prendre trop de soins pour éviler toute altération étrangère susceptible de se superposer à celles de la force centrifuge.
Les graines primitives doivent être parfaitement sélectionnées, sortir d’une maison sérieuse! et porter l’estampille du contrôle officiel.
Jusqu'ici tout est facile. Les difficultés commencent au
1 Nous avons été très satisfait de la grainerie Laurent, à Bagnols-sur-(Cèze (Gard )
moment de conserver dans des conditions normales des graines issues de parents plus ou moins centrifugés. Le mieux nous a toujours paru d'obtenir des pontes au mois d'août pour leur laisser tout le temps de mürir avant les mauvais jours.
Une fois la maturation terminée, chaque lot doit être enfermé dans des boîtes de carton perforées, dûment cachetées à la cire, étiquetées de manière à éviter toule cause d'erreur.
Les auteurs s'accordent à déclarer que les races univoltines"! ont besoin de froid. Elles peuvent supporter sans danger jusqu'à 30 degrés au-dessous de zéro. Mais l'hibernation ne devant pas dépasser trois mois, on éprouvera bien des ennuis si les œufs sont ramenés à la température des appartements avant le printemps.
Toutes les fois que nous avons voulu garder quelques graines au laboratoire, elles finirent, par éclore, même dans les soussols, avant l'apparition des premières feuilles de müriers.
Aussi, avons-nous eu recours à la Société Frigorifique*. Grâce à l’amabilité de son directeur, 1l nous fut loisible de conserver les sujets traités, à plus 6 degrés, température préconisée par les graineurs de profession.
Pour obtenir l’éclosion, 1l faut une température de 15 degrés et l’élever peu à peu, de manière à obtenir 20 degrés le sixième jour. Les graines deviennent alors de plus en plus claires et blanchissent au moment de la naissance des jeunes.
Les procédés sont nombreux pour obtenir la chaleur désirée, depuis les petits sachets portés par les femmes du Midi entre les seins, jusqu'au bouillotes, lampes fumeuses, tout a été essayé par les « païres ». Les castelets des Cévennes, la couveuse Orlandi* sont les meilleurs.
Personnellement, nous laissons simplement les œufs dans une pièce chaude à l'abri des courants d'air... Ce moyen très
1 C'est-à-dire annuelles.
? Dont les entrepôts très intéressants sont situés rue Tupin, Lyon.
* Guerein-Meneville et Robert, Manuel de l'Education des vers à soue, Paris: Jules Gal, Etudes sur le ver à soie (Nimes): Laurent de Larbousset, Cours de Sériciculture pratique, 1893, 26, rue Florian, Alais.
simple en vaut bien d’autres comme régularité, puisque, suivant l’année, les éclosions eurent lieu vingt à vingt-six jours après la sortie de l’entrepôt frigorifique.
Telles sont les précautions à suivre pour expérimenter sur des œufs robustes.
Il nous reste à signaler notre façon de procéder pour isoler soit des femelles, soit des couples au moment de la ponte. Lors de la première génération, lorsque le nombre des lots n’est pas encore important, la verrerie ordinairement en usage dans un laboratoire suffit. Mais, au fur et à mesure des essais, on s'aperçoit vite de la nécessité d’un matériel spécial.
Nous avons donc complètement abandonné les cloches en verre, les grands entonnoirs renversés', pour utiliser d’abord les « protège-viande » grillagés, communs dans tous les bazars. Mais, souvent les Papillons grimpaient contre eux au lieu de pondre sur les papiers blancs disposés en dessous des appareils. I fallait alors sacrifier les instruments pour conserver les œufs.
Aussi, depuis plusieurs années, employons-nous toujours des sacs à fruits en tissu métallique. Il suffit de les distendre le plus possible, de rabattre les coins inférieurs de manière à obtenir une chambre sphérique. Gràce aux ligatures supérieures, on possède ainsi toute une série de petites cages faciles à étiqueter et à loger.
Nous en avons installé au Bois-d’Oingl* plus de trois cents dans un espace restreint sans avoir jamais eu la plus petite crainte d’erreur.
Les sacs en papier glacé, ne valent rien, car leur opacité ne permet pas de suivre l’évolution des sujets enfermés. Ceux de gaze sont incommodes, parce que c'est à grand'peine qu'on leur
1 D'autre part, cette verrerie donne dés produits très sales. L'animal ne pouvant monter contre l'enceinte reste constamment sur le fond de papier et le souille de
ses déjections.
>? Petit village du département du Rhône où nous avons plusieurs fois élevé des
cocons pendant les vacances universitaires,
—— 96 a donne la forme voulue. Sans cesse les parois s'écrasent et gênent les Papillons.
Les sacs métalliques nous semblent supérieurs à tout et pour tous les usages.
Grâce à eux, nous avons établi une méthode simplifiée pour reconnaître les sexes. è
Sans doute, le cocon femelle est plus lourd, plus gros, plus long, moins étranglé que l’autre. Le Papillon mâle est le plus petit, le plus léger, le plus coloré sur les ailes. Ses antennes sont plus grandes. Enfin, il n’a que deux ouvertures terminales (anus et orifice du pénis en dessous), tandis que la femelle en possède {rois : un anus, un oviducte en fente verticale et une bourse copulatrice.
Mais les diagnostics sont parfois délicats.
Pour trier les Papillons, il suffit de placer dans une de nos petites cages une femelle vierge, de porter le tout dans une pièce n'ayant pas contenu de Vers. Lorsque l’on éprouve quelque hésitation à fixer le sexe d’un Insecte, on l'approche de la cage. Si c’est un mâle, il battra des ailes. Cette façon de procéder rappelle la baguette magique de Raphaël Dubois".
Maintenant que la technique à suivre en général est connue, voyons ce que produit la force centrifuge.
Des œufs normaux centrifugés une heure à 2.600 tours, puis deux jours à 500, donnent entre 3 à 9 pour 100 de naissances parthénogénétiques.
Cette proportion s'accroît, si les œufs centrifugés descendent de producteurs centrifugés eux aussi à l'état d'œufs. Elle atteint alors 10 pour 100. Enfin, elle arrive à 11,3 pour 100 si deux générations d’ascendants ont déjà été traitées.
Non seulement, 1l y a augmentation des éclosions sans fécondation, mais un grand nombre d'œufs de femelles vierges arrivent à un state très avancé.
! Comples Rendus 4. F, A. S., Du rôle de l'olfaction dans l’accouplement chez les insectes (Congrès de Bordeaux, 1895).
NT tie
Par contre, la force centrifuge appliquée soit aux Larves ou aux Papillons normaux, soit aux Larves et aux Papillons nés d'œufs déjà soumis à la centrifugeuse, ne change en rien les pourcentages de naissances parthénogénétiques.
type «. | type 2.
face.
MES profil.
L face.
AR ( profil.
L'aspect extérieur des œufs parthénogénétiques Re S È : 5 5 e profil les ramener à quatre groupes représentés de face et P sur le dessin (28).
Les uns restent jaunes (type 1).
ee
D'autres tournent au gris, d'aspect ovale, ils sont régulièrement biconvexes (type 2).
Ceux-ci possèdent un léger ombilic vus de face; sont réniformes de profil, avec un grand bord bombé extérieurement et un petit bord parallèle concave (type 5).
Ceux-là enfin qui ont le plus évolué, sont franchement ombiliqués de face et biconcaves de profil (type 4).
Les véritables coupes d'œufs étant longues et difficiles, nous avons cherché un moyen de translucidation pour obtenir des
N=- ganglions cérébraux |: chaîne nerveuse
- tube digestif
Blastoderme
chorion
coupes optiques et pouvoir examiner ainsi le plus grand nombre de pièces possible.
De tous les corps essayés, le meilleur semble être le salicylate de méthyle!.
Une immersion de vingt à trente minutes suffit, à condition de secouer légèrement au début les récipients pour chasser les bulles d’air parfois adhérentes au chorion. Mais le maximum de transparence apparaît après une Journée.
La figure n° 29 représente la section d'œufs normaux, tandis que les dessins 30-31 montrent quelques types par-
3 à n rerr 1 û Nous verrons plus loin que toutes les espèces d'Insectes n'ont pas des œufs susceptibles d’être ainsi traités.
| thénogénétiques examinés une fois tous les témoins éclos depuis longtemps déjà.
Il suffit de comparer ces figures pour voir que si ces œufs
RG 220.
ne purent finir leur évolution, ils arrivèrent cependant (certains du moins) à des stades avancés.
Comment expliquer ces phénomènes parthénogénétiques. Les doctrines émises peuvent se ramener à trois grandes classes : action chimique, action physique et action mécanique.