‹ Contribution à l'étude de la centrifugation expérimentale en biologieChapitre 23 sur 51 · TOO · texte numérisé non relu

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Voyons donc très brièvement ce qui fut établi pour résoudre le problème de la parthénogénèse. Nous insisterons en particulier sur les explications mécaniques.

Les premières expériences réalisées eurent lieu en 1866. Pour les instituer, Tichomiroff s’adressa au Ver à soie.

On sait que le développement de cet Insecte subit un temps d'arrêt. Après la maturation de l'œuf, la vie devient latente, puis repart au printemps. Les éleveurs ont beaucoup cherché les moyens d'abréger la période du repos. Si, en effet, on parvenait à produire une évolution continue des œufs pondus

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au début de juillet, il serait possible d’avoir une seconde récolte avant la chute des feuilles de mürier !. Les grainiers obtinrent plusieurs fois quelques résultats en frottant les œufs avec un pinceau.

C'est pourquoi Tichomiroff eut l'idée de secouer des graines de Bombyx mori dans du drap pour produire la parthénogénèse,

Mais en 1889, Nüsbaum protesta, disant que le pourcentage obtenu par Tichomiroff (6 pour 100) ne dépassait pas celui des œufs virant spontanément.

1 Il ne faut pas oublier que dans nos pays cet arbre est le seul susceptible d'alimenter les races habituelles. Le salsifis peut y suppléer, mais d'une façon moins parfaite et combien coûteuse,

Tenter d'obtenir deux récoltes de cocons par an n’est point chimérique. D'ailleurs, les Chinois du Nord, avec des races sauvages, font deux cueillettes et les Japonais jusqu'à trois chaque année. Les Italiens sont arrivés, eux aussi, à deux élevages annuels.

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Le savant russe, poursuivant ses expériences, utilise alors l'acide sulfurique concentré! et montre une relation étroite entre la parthénogénèse et la durée d’action du réactif employé.

Les résultats devenaient intéressants. En effet, après quinze secondes d'exposition à l'acide, 13 pour 100 de graines purent éclore sans avoir été fécondées, et 30 pour 100 après quatrevingt-dix secondes.

En 1907, Kellog reprend celte étude, dont il confirme les conclusions.

Dès 1890, Hertwig avait essayé le secouage comme agent parthénogénétique chez l'Etoile de mer (Astérias et Astropecten).

En 1901, Mathews eut aussi recours au brassage.

En 1902, Fischer agite mécaniquement des Annélides (Amphitrites).

En 1903, Delage applique les mêmes procédés aux œufs d'Oursins.

Ces quelques expériences autorisent diverses hypothèses au sujet de la manière d'agir de la centrifugation.

Puisque le développement de l'œuf commence habituellement après la destruction de la membrane nucléaire, ne pourrait-on admettre, comme Mathews, une déchirure membraneuse capable de remplacer la fécondation ? Pour lui, le secouage rompait l’enveloppe en plusieurs points, a fortiori pouvons-nous penser que la force centrifuge la fait éclater?

D'autre part, il semble logique aussi d'attribuer l’accroissement de la parthénogénèse a une action déshydratante de la centrifugation, semblable à celle de l'acide sulfurique dans les essais de Tichomiroff. Une série d'expériences réalisées avec

1 Nous avons nous-même fait des essais comparatifs entre l’action de la force centrifuge et celle des corps déshydratants.

2 Pour plus de détails, cf. Yves Delage, la Parthénogenèse naturelle et expérimentale (Bibl. de Philosophie scientifique, Flammarion, Paris).

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divers produits susceptibles d'absorber l’eau! est toute en faveur de cette manière de voir?.

Enfin, les deux actions mécanique et chimique ne se contredisent pas. Elles peuvent fort bien se superposer l’une à l’autre.

Comme pour les graines, la cent disions-nous plus haut, accélère d’abord le développement des œufs, puis le retarde de plus en plus, jusqu’à le rendre impossible.

C'est grâce aux Vers à soie qu'il nous fut donné de faire eelte constatation.

Voici comment :

Nous avions, au mois de mai 1913, mis quatre tubes d'œufs à tourner. Trente-six heures plus tard, nous les plaçions dans une boîte vitrée à côté du lot témoin.

Or, quelle ne fut pas notre surprise de voir le lendemain tous les produits centrifugés éclos, tandis que, à peine, un ver ou deux sortaient des œufs normaux.

Des expériences sont alors instituées et nous apprennent que,jusqu'à cinquante heures environ de rotation à 500 tours,

1 Cf. Clément, même chapitre, p. 100, et chapitre V : ACTION SUR LES NYMPHES.

? C'est au professeur Raphaël Dubois que revient incontestablement le mérite d'avoir le premier montré le rôle primordial et capital de l'hydratation dans les phénomènes de la fécondation et de la parthénogénèse naturelle ou artificielle, d'abord par ses nombreuses recherches sur la fonction d'hydratation ! à laquelle Giard essaya de substituer le nom d'anhydrobiose, et bien antérieurement à cet article, dans ses Leçons de Physiologie générale et comparée (Masson, Paris, 1898).

Les travaux ultérieurs de Loeb, de Delage, de Bataillon, élève du professeur Dubois, et de beaucoup d’autres expérimentateurs qui se sont occupés du mécanisme physiologique de la fécondation ou de la parthénogénèse naturelle et artificielle, ne purent que confirmer les conclusions de notre maître, à savoir : le phenomène capital, primordial inilial est une déshydratation suivie d'une réhydratalion très active avec diminution de la tension de dissociation de l'eau et du bioprotéon ou substance vivante. La fécondation serait donc une sorte de reviviscence?.

C'est aussi la conclusion exprimée dans un livre récent#, par MM. Albert et Alexandre Mary.

1 Hvprararion (Fonction d'), par R. Dubois, Grand Dictionnaire de Physiologie de Ch. Richet, Paris, Alcan.

? Raphaël Dubois, Du rôle de l'eau dans la fécondation (Comptes Rendus de la Société de Biologie, LVI, p. 476, Paris, 1904.

$ÿ Principes de Plasmogénie, Mexico, 1916.

la force centrifuge accélère les éclosions.., puis les retarde de plus en plus, jusqu’à les empêcher complètement si son influence dure plus d'une dizaine de jours.

Chose curieuse, tandis que l’on trouve par exception une plante commençant à pousser timidement dans la centrifugeuse, sur des milliers d'œufs traités, nous n’en trouvâmes Jamais aucun d’éclos.

Les grandes vitesses (2.600-2.900 tours), employées pendant trente ou soixante minutes, ne donnent pas ces résultats.

Voici d’ailleurs un tableau (n° 32) assez complexe montrant bien les diverses modalités du développement chez les œufs soumis à la force centrifuge.

Il représente le temps que mirent à naître des vers issus d’ascendants plusieurs fois centrifugés au stade œuf.

Les œufs normaux furent traités pendant vingt-quatre heures avant l'hivernation et vingt-quatre heures après. Les œufs descendants directs de ceux-e1 furent centrifugés pendant une journée lors de la ponte, puis deux, trois, dix, douze, vingt, vingt-cinq, vingt-huit, trente-six, quarante-six, cinquante-huit, soixante-trois heures au printemps".

Cette façon de procéder tendait à permettre un séjour prolongé dans la centrifugeuse, sans produire peut-être un arrêt complet du développement.

L'examen des courbes montre que le premier jour” ce sont les œufs centrifugés au printemps, vingt-cinq à vingt-huit heures qui éclosent en plus grand nombre.

Le deuxième jour, ce sont ceux de vingt-huit heures ;

Le troisième jour, ceux de trente-six heures ;

Le quatrième jour, ceux de deux et trente-six heures.

Les cinquième et sixième jours, ceux de deux heures.

L’allure générale de ces graphiques semble très nette. Les résultats complexes qu'ils représentent, comparés avec d'autres

Dans tous les cas la vitesse employée fut de 500 tours. 2 Nous appelons premier jour celui où eurent lieu les premières éclosions.

fnfluence de la durée de la centrifugation sur l'éclosion.

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