Casanova, Hist. de la citadelle, pi. ni
sont abandonnés et commencent sur certains points à disparaître sous des décombres, véritable décharge publique.»1 En cet endroit la colline artificiellement formée ne mesure pas moins de vingt mètres de hauteur. Tout cet îlot est-il contemporain d'el-Hakim? C'est ce que je n'oserais affirmer; j'incline plutôt à croire que le noyau était bien certainement de l'époque indiquée, mais qu'on y a, peu à peu et jusqu'à notre époque, ajouté de nouvelles couches. Ce qui le démontre c'est que, suivant la hauteur on trouve, dans le flanc de ces collines, des variétés de faïences différentes. A deux ou trois mètres du sommet on rencontre des fragments de coupes à reflet métallique dont la couverte est généralement crème ou d'un blanc rosé, avec des dessins mordorés et bleus. La pâte est fine, dure, compacte, de couleur rose pâle. — Un peu plus près de la surface la nature des débris change, et l'on ne rencontre plus guère que des faïences à marbrures brunes, jaunes, vertes sur une pâte plus grossière, moins dure et plus rouge que celle des faïences précitées. Ces deux variétés céramiques me semblent de provenance étrangère : les premières, à reflet métallique, auraient été importées d'Espagne suivant l'opinion du comte d'Hulst2 et de H. AVallis, probablement des Baléares suivant moi. Les camaïeux de la couche superficielle viendraient au contraire d'Italie. Dans tous les cas, les unes et les autres sont postérieures de plusieurs siècles à l'époque du sultan el-Hakim.
Il est assez difficile de dire à quelle époque on a cessé de porter les décombres dans cette région, mais on peut certifier que la hauteur des collines n'a pas varié depuis un siècle, car on retrouve encore, à leur surface, les traces des fondations des forts élevés par Bonaparte. Au sud-ouest, un peu en avant du fort Dupuis qui dominait l'ancienne porte d'El-Barkiyat (El-ghorayb de la carte),