Deck, La faïence, p
MÉMOIRES, T. iv. 5
Sassanide, en 638, étaient en pleine possession de la fabrication de la faïence, mais rien ne le prouve, ' et tout à l'heure nous verrons même les faits démentir en partie cette assertion. Presque tous les auteurs citent ce passage où Nassiri Khosrau2 dit : «On fabrique à Misr de la faïence de toute espèce, elle est si fine et si diaphane que l'on voit, au travers des parois d'un vase, la main appliquée à l'extérieur. On fait des bols, des tasses, des assiettes et autres ustensiles. On les décore avec des couleurs qui sont analogues à celles de l'étoffe appelée bougalemoun; les nuances changent selon la position que l'on donne au vase. » Et plus loin : «Dans le bazar les droguistes, les baccals, les quincailliers fournissent eux-mêmes les verres, les vases en faïence et le papier qui doivent contenir ou envelopper ce qu'ils vendent.» Deck,8 dans le livre duquel se trouve aussi cette citation, ajoute : «En me reportant à ce que dit Nassiri Khosrau de l'étoffe appelée bougalemoun, je vois que c'était un tissu fabriqué dans l'île de Thinis près de la ville de Thineh en Egypte. Elle changeait de couleur plusieurs fois par jour selon la position qu'on lui donnait, c'est bien là l'une des qualités des faïences à reflets métalliques, et d'autre part il n'est pas rare de découvrir dans les fouilles des environs du Caire des débris de cette espèce de céramique. Mais dans la description de Nassiri Khosrau il y a une indication absolument contradictoire : il dit que l'on voit au travers de ces vases la main appliquée à l'extérieur, ce n'était donc pas de la faïence, produit essentiellement opaque. Puis les historiens arabes, postérieurs au voyageur persan, et qui ont décrit les trésors des Khalifes du Caire, ne mentionnent jamais les vases de faïence parmi les autres dont ils donnent rémunération,