H. Waixis, op. cit., nppcndicc
travail, à revenir plus d'une fois sur les renseignements intéressants obtenus par cette entreprise.
Une étude de la faïence avait été mon premier objectif. Peu à peu, les hasards des fouilles, sans me détourner de mon but, m'entraînèrent à réunir des inscriptions sur verre. Les textes ont toujours, en raison de la précision à laquelle ils conduisent dans les recherches archéologiques, le privilège d'attirer l'attention. Ceux-ci permirent bientôt à mon ami Casanova, membre de la Mission archéologique française au Caire, de retracer, en un savant mémoire, une partie de l'histoire de l'administration financière de l'Egypte, après la conquête musulmane, jusqu'à la fin de la dynastie des Fatimides.1 — A la même époque, M. A. Cayet empruntait, à diverses séries de même origine, quelques documents utilisés ensuite dans ses traités de l'«Art arabe» et de l'«Art persan».2 — Mes recherches avaient déjà servi à quelque chose. Pour mieux fixer l'attention du monde savant, sur le point qui était l'objet de mon habituelle préoccupation, des envois furent faits aux musées. Rouen 1889, le Louvre 1891—92, le Caire 1892, Sèvres et Lyon 1894 reçurent des spécimens, plus ou moins nombreux, de différentes variétés de céramique, dont un millier environ fut ainsi distribué.3 Le noyau de la collection, plus important encore, est resté entre mes mains où il n'a pas cessé de s'accroître, attendant une fortune aussi favorable que celle des inscriptions
1. P. Casanova, Mémoires de la Mission française d'archéologie, t. vi, fasc. 3 : «Catalogue des pièces de verre des époques byzantine et arabe de la collection Fouquet,» Paris, 1893.
2. Bibliothèque de V enseignement des beaux-arts, Quantin, édit.
3. Je tiens à adresser ici tous mes remerciements à M. Maspebo. C'est grâce à ses efforts et à sa haute influence que j'ai pu faire accepter au Louvre les séries de fragments sortis des collines de décombres du Vieux-Caire. Depuis, cette collection a été en partie transférée au Musée de Sèvres où elle se trouve mieux à sa place. Je remercie aussi M. Garnier, Directeur de ce musée, du soin qu'il a mis à l'exposer.
sur verre. Les années se sont écoulées sans amener le résultat désiré. De tous les côtés, cependant, collectionneurs et musées se sont mis à recueillir les débris jadis délaissés. Les Arabes, stimulés par l'appât du gain, pour répondre aux demandes de jour en jour plus nombreuses, fouillent sans relâche les précieuses collines dont il ne restera bientôt que la place. Le moment m'a semblé propice pour tenter un dernier effort, afin de mettre un terme à ce pillage. En montrant, par ce que j'ai pu sauver, quel trésor on laisse disperser, j'ai l'espoir d'attirer l'attention de ceux qui peuvent empêcher le mal de s'aggraver. Quand on sera entré dans cette voie, quelques fouilles bien menées, de simples tranchées creusées aux bons endroits, permettront de contrôler le résultat des recherches que je me décide à publier dans ce mémoire, après avoir, pendant cinq années, reculé devant les difficultés d'une aussi lourde tâche. Champpleuey avait voulu dresser une carte géographique et céramique de la France.1 J'ignore si ce projet a été mis à exécution, mais je propose, à mon tour, de commencer à appliquer son idée à la céramique orientale. Il n'est que temps de faire l'inventaire des vestiges du passé. Ces notes viennent à leur heure, si j'en juge par la proposition que M. Goldziher a faite à la section des langues et archéologie musulmanes, lors du dernier congrès : «Que les orientalistes de tous les pays se concertent, afin de travailler à une énorme encyclopédie du monde musulman.»2 Ce vœu mérite d'être exaucé et, puisque l'on fait appel à toutes les bonnes volontés, je m'efforcerai, dans ce mémoire consacré à l'inventaire des poteries émaillées trouvées au Vieux-Caire, de réunir en séries et de décrire les pièces recueillies, ne m'arrêtant que pour mieux faire connaître mes impressions, aux hypothèses qui me seront