Voy. p
qu'elle put être, l'action de l'art persan n'a pas été la seule à imprimer sa marque sur les faïences, fabriquées du XIVe au xviT siècle, qui composent le fonds dans lequel j'ai puisé mes renseignements. Ici encore l'art chinois fait largement sentir son influence sur la céramique arabe, mais non plus directement. C'est seulement par l'entremise de l'art persan que cette action s'est produite.1 M. H. Wallis l'a très nettement indiqué dans son livre.2 J'aurai moimême à y revenir à propos de fabrications spéciales, mais je ne puis passer sous silence la relation d'Ibn Batouta (1302 — 1377) qui nous apprend, qu'à l'époque de son voyage en Chine, la porcelaine se fabriquait principalement dans les villes de Zeitoun3 et de Sin-Qalan (Canton), qu'on l'exportait dans les Indes et même au Maghreb où son prix était inférieur à celui de la poterie.4 Vers la même époque, avec Gengis-Khan qui avait épargné, dans ses massacres en Transoxiane et en Perse, les savants et les artisans dont les connaissances ou l'industrie lui semblaient pouvoir être utiles aux peuples soumis à sa domination,5 les lettrés et les artistes chinois et musulmans se trouvaient en contact. Il en fut de même d'abord avec Qoubelay-Khan, puis les Musulmans furent persécutés et c'est sans doute à cette époque, vers la fin du xm0 siècle, qu'il y eut une grande émigration des savants et des artistes du côté de la Syrie, de l'Asie mineure et de l'Egypte. C'est ce qui explique assez bien le mélange des influences diverses constatées dans les produits de l'industrie égyptienne à cette période. Les persécutions
1. Ahmed Chihab Eddin, fils d'un vizir de Bibars et de Qelaoun, donne dans ses récits la preuve que, sous la dynastie mongole, la Chine était largement ouvert* au commerce et aux investigations des Musulmans (Schefer, Notice, p. 16).