‹ Contribution à l'étude de la céramique orientaleChapitre 26 sur 72 · Ed. Garnier, Dict. de la céramique, p · texte numérisé non relu

Ed. Garnier, Dict. de la céramique, p

prospère, si nous en jugeons par l'abondance des débris retrouvés dans les collines de décombres du Vieux Caire et de Bab-el- Ouézir.

Jusqu'ici les renseignements nous manquent pour dire combien d'années elle put durer. Nous savons cependant que Gbaïby eut un fils, céramiste lui-même, dont les premiers essais sont arrivés jusqu'à nous. La figure 35 b, planches I et vu, nous donne, en effet, la marque et le dessin d'un fond de plat signé Grhaïby d'une main timide et tremblante. Les traits de la signature, fidèlement reproduits en fac-similé (pi. i), démontrent surabondamment l'inexpérience du jeune ouvrier. Le fond même du plat est décoré en bleu, avec des rinceaux de feuillages ménagés en blanc, un cartouche, blanc également, porte en noir l'inscription : aamal ibn Ghdiby (fait par le fils de Grhaïby). Le style de la pièce s'éloigne beaucoup des traditions ordinaires de la fabrique, et semble indiquer une recherche personnelle du débutant.

J'aurais voulu pouvoir donner quelques indications sur l'emplacement probable de la fabrique. Toutes les recherches que j'ai faites, dans ce but, ne m'ont apporté que des renseignements sans importance. C'est, il est vrai, dans les environs du tombeau du Cheik Abou-Séoud que l'on a trouvé le plus grand nombre de fragments, mais on en rencontre dans beaucoup d'autres points assez éloignés, comme par exemple dans les collines de décombres de Bab-el-Ouézir. Des faits observés on ne peut tirer qu'une seule conclusion : c'est que l'usage de ces faïences fut général dans les quartiers riches du Caire. Quant à l'époque à laquelle on doit rapporter leur fabrication, je pense qu'on peut approximativement la fixer dans la première moitié du XVIe siècle. Les caractères de l'écriture, le style des dessins, la profondeur du gisement et la nature des objets trouvés dans le voisinage des pièces découvertes, me paraissent de nature à confirmer cette opinion. Mon impression

est en partie corroborée par celle de quelques spécialistes que j'ai eu la bonne fortune de consulter sur ce point. Parmi eux je citerai MM. de Bock et H. Wallis. Le dernier de ces auteurs1 paraît pourtant hésiter entre le xvf et le xvif siècle. Le mieux est d'attendre, pour juger sur des faits plus précis.

El-Ghazal. JljJI

Ce mot, qui signifie la gazelle, ne peut pas nous renseigner sur le pays d'origine de ce fabricant dont les oeuvres sont représentées, dans ma collection, par douze fragments : quatre fonds de plats, deux fonds de bols et six fonds de tasses. La pâte est également une fritte émaillée, sensiblement la même que celle qui a été décrite pour G-haïby. Les motifs décoratifs paraissent avoir été copiés, sans art, sur les modèles des autres fabriques. J'ai noté de la sorte : les rosaces de Grhaïby et l'oiseau déjà décrit, avec une nouvelle variante, la tête contournée. En général les ornements sont bleus, sur fond engobé de blanc; Deux des pièces (n° 44 et 52 de ma collection) ont des fonds noirs, grattés de façon à mettre à nu l'engobe. Ce procédé fut très usité pour les produits communs de la fabrique d'el-Chaer à propos duquel il sera étudié plus en détail.

La marque, appliquée sous émail au fond de la pièce, est le plus souvent écrite en noir. La planche I (fig. 44 a à 51a) en donne quatre spécimens. Les trois premiers sont peu différents les uns des autres, le quatrième seul est précédé de l'article. Tous peuvent être attribués à la même main.

La fabrique d'el-Grhazal devait être contemporaine de celle de Ghaïby dont elle a, en partie, employé les formes et les dessins, mais avec moins de goût et moins de style. Il existe, dans la

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