‹ Contribution à l'étude de la céramique orientaleChapitre 28 sur 72 · Renseignement communiqué par M. P. Casahova · texte numérisé non relu

Renseignement communiqué par M. P. Casahova

présente la même particularité. La coupe de Nakkach est d'un assez joli dessin, elle a les bords minces, la pâte en est blanche et grenue. La partie centrale est décorée de tons bleus sur les aspérités de l'ombilic ; de la base de celui-ci partent quatre rameaux ornés de feuillages et de fruits. — La face extérieure, au lieu des rayons que l'on trouve habituellement sur les pièces du Vieux Caire, est décorée de courbes et de traits bleus qui rappellent, sans les imiter complètement, certains dessins chinois. Cette face de la coupe présente de légères saillies et dépressions qui semblent dues à l'épaisseur de la couverte vitreuse. Le fond était primitivement très blanc, mais dans le sol l'émail s'est fendillé, les infiltrations de matières terreuses foncées ont terni la blancheur en un grand nombre de points.

La marque du fond est écrite en bleu pâle. En plusieurs points de cette coupe le bleu a coulé à la cuisson, et forme des nuages qui altèrent la pureté du dessin. Laglaçure, trop abondante, forme au fond de la pièce un enduit vitreux de plusieurs millimètres d'épaisseur.

Rien ne peut nous éclairer directement sur l'origine de ce peintre céramiste. Notons cependant que, s'il a usé de la même pâte et de la même palette que nos autres artistes, la seule pièce connue, issue de sa fabrication, nous montre de notables différences dans la recherche de la forme et dans la décoration extérieure. Il faut attendre de nouvelles découvertes pour se prononcer. — J'ajouterai que, parmi les nombreux petits fragments sans signature qui sont passés sous mes yeux, je n'en ai vu aucun qui parut se rapporter à ce mode de fabrication. L'ombilic de la coupe portant la signature de Grhaïby, dont j'ai déjà parlé plus haut, est de moins bon style, c'est peut-être le maître syrien qui a copié Nakkach.

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Cette inscription peut se traduire : Fait par Y esclave ou par le mince. L'une ou l'autre de ces versions peut se discuter. Je donne la préférence à la première lecture, que je considère comme plus conforme aux probabilités, les artistes céramistes ayant été souvent emmenés en captivité.

Le style, de l'unique pièce trouvée avec cette inscription, rappelle tout-à-fait celui de l'école de Damas. La pâte est à gros grain, peu compacte. Le centre du fond de bol est décoré par une double branche de feuillages et par un bouton de fleur, dessinés au trait et pointillés à l'intérieur. Ce motif est entouré d'une double circonférence d'où partent trois groupes de traits entre lesquels se trouvaient autant de médaillons cordiformes, dont la pointe seule est conservée. Au revers, sur le fond émaillé avec soin, se trouve la signature écrite en bleu et entourée d'une ligne de même couleur (fig. 97, pi. m).

Signatures illisibles. Pièces se rapportant à l'école syrienne.

Les sept numéros (106 — 112) ont entre eux de grandes analogies et, par leurs dessins composés de feuillages très simples, soutenus par des tiges formées d'un seul trait, ressemblent aux produits de l'école syrienne d'el-Chamy (fig. 67, pi. vm) ou d'el- Syouaz (fig. 73, pi. vm).

Tout en conservant les caractères communs à ces pièces, le fragment n° 110, qui ne porte que sur une faible partie du fond du bol, se prolonge au contraire du côté de la partie supérieure et nous montre, entre les grêles rameaux qui partent du fond, deux moitiés de médaillons sertis d'un gros trait bleu foncé et dans le champ desquels on trouve un joli motif ornemental, de style arabe, dessiné

sur fond blanc, en jaune clair et en marron, avec reflet métallique. Je ne connais aucun autre exemple de ce genre de décoration mixte, parmi les trouvailles faites eu Egypte. Le revers est orné de bandes bleues, composées de quatre traits, deux épais bordés de deux plus minces. Des branches de feuillages lancéolés, peints en bleu, comblent l'intervalle des groupes de bandes.

La marque du n° 115 (pi. iv), composée de quatre traits noirs irrégulièrement disposés, se trouve sous un petit fond de plat grossier, que l'on peut placer à côté des plus mauvais spécimens de la production des céramistes syriens.

Numéro 122 (pi. iv). Cette faïence est un fond de plat, façonné avec soin, dont la pâte blanche et fine est recouverte d'une mince couche d'émail, qui enveloppe à peine l'engobe resté d'un blanc mat. La marque est appliquée en noir, sur la pâte nue. Dans la minime partie de la face externe qui subsiste, il n'y a aucune trace de décoration. L'intérieur est entièrement recouvert par un dessin géométrique en bleu, marron et noir, sur fond blanc, composé d'hexagones colorés dont le centre contient, alternativement, un marbré noir et blanc ou une feuille de trèfle en bleu, dont les intervalles triangulaires sont réservés en blanc. L'ensemble du dessin donne à la pièce l'aspect d'un pavage en mosaïque, dont les tons rappellent ceux de certaines faïences, originaires de Damas.

2° Céramistes persans.

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La série, qui porte cette marque de fabrique, comprend dix échantillons : six fonds de plats et trois fonds de bols, d'une taille en général plus grande que celle des faïences de Grhaïby. La pâte, blanche aussi, est d'un grain un peu plus grossier. Elle me paraît plus dure.

L'émail, posé sur engobe épais, est d'un blanc toujours bleuté. Les motifs de décoration sont empruntés aux plantes, feuillages ou fruits (fig. 36, pi. vu) ou aux dessins géométriques associés à des plantes (fig. 36 a, pi. vu). Neuf fois sur dix, les dessins sont entièrement bleus. Dans un seul cas les feuillages sont verdâtres, sertis d'un trait noir. L'influence de l'art chinois me semble manifeste dans la décoration du fond de plat (fig. 36, pi. vu). Tous les autres dessins rentrent dans la série des types usités à Damas.

La marque, écrite en bleu sous émail, est sensiblement la même dans tous les cas. Comme on peut le voir (pi. i, fig. 36. 37. 39) les différences ne portent que sur l'épaisseur des traits et la forme des points, elles peuvent être mises sur le compte des accidents de l'écriture. La dernière marque (fig. 42, pi. i) tronquée par une cassure, offre seule, à cause de la présence de l'article, une importante variante. Elle me semble pourtant devoir être attribuée à la même fabrique.

Le nom de Aagami signifie le Persan, il s'agit donc encore d'un ouvrier expatrié, venant apporter son industrie sur le sol de

l'Egypte, à moins qu'il n'y ait été amené de force, comme ces autres Persans, installés à Rhodes ou plutôt à Lindos, vers le milieu du XIVe siècle, par Héron de Villeneuve, grand-maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.1 Ce qui pourrait nous faire croire que le Persan ne travaillait pas librement, c'est que les pièces sorties de ses mains ont, en général, plutôt les caractères de l'industrie syrienne. Il est vrai que, même en travaillant pour son compte, il pouvait être amené à faire surtout l'article à la mode du moment, et cette raison me porte à le considérer comme un contemporain de Ghaïby. Les fragments que je possède ont été trouvés dans la même région des collines de décombres, sensiblement à la même

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