Cette lampe fait partie de ma collection sous le n
Les deux pièces artistiques sont, au contraire, d'une perfection rare. J'essaierai de les décrire.
La pièce, inscrite sous le n° 71, est un fragment de grande coupe dont le fond est occupé par un bouquet de fleurs et de feuillages, en blanc sur bleu, qui rappelle le travail des cuivres égyptiens des xve et xvie siècles, signalés à propos d'el-Masry. Autour de ce motif central se trouve un cercle, hachuré de noir, pour faire ressortir une inscription en blanc, formée du nom à'el-Ckaer répété neuf fois, en caractères neskhys. En dehors, un second cercle est orné de neuf ronds bleus hachurés, bordés de blanc et séparés, alternativement, par des palmettes de style arabe et par des fleurs dessinées en noir sur fond blanc. Plus en dehors, on voit neuf palmettes blanches, cernées de traits blancs et d'une large bande bleue hachurée, au niveau de laquelle la pièce a été brisée, par l'éboulement des terres au moment de la fouille, car la cassure est absolument fraîche. Toutes les recherches que j'ai fait exécuter, pour retrouver les fragments de cet admirable morceau, ont été infructueuses.
Les hachures noires du fond rappellent le travail des vases siculo-arabes.
La face extérieure est blanche, entourée à la base, à 0*0 15 du pied, par un double trait noir, d'où partent douze bandes formées chacune de trois lignes de couleur bleue, entre lesquelles sont esquissées, au pinceau, des branches de feuillages noirs.
Dans le n° 72, le médaillon central à fond blanc, pointillé de noir, est orné de feuillages bleus. Autour une inscription, en coufique fleuri, reproduit en série le nom d'el-Chaer. J'ai relevé des caractères analogues dans certains corans du XVIe siècle et même de la fin du XVe.
Sous ces deux dernières pièces, en outre du nom répété à l'intérieur en toutes lettres, nous retrouvons une marque formée de
deux traits (fig. 71 bis, pi. n). Ce fait est des plus intéressants à noter car, il existe dans ma collection dix beaux fragments, rangés parmi les signatures abrégées et illisibles (pi. v, fig. 144. 145. 150), et deux d'entre eux appartiennent, précisément, à la catégorie des faïences lustrées de grand art, et présentent des parties qui semblent calquées sur les produits qui portent la double signature dont je viens de parler. Il est probable que le céramiste qui a signé de deux traits fut un élève d'el-Cbaer.
El-Maallem. JJll
Trois pièces, très différentes d'aspect et de forme, portent ce nom. La plus curieuse est représentée sur ses deux faces (pi. vin, fig. 77 et 77 bis). La pâte en est dure, à gros grains, très blanche. La pièce, assez bien tournée, est décorée en bleu. Le médaillon central rappelle certaines porcelaines chinoises de même nuance. Ce qui reste de la décoration de la paroi intérieure est plus difficile à définir dans cet état de délabrement.
La décoration extérieure copie exactement le dessin qui recouvre le bas d'une potiche en porcelaine, trouvée en Mésopotamie, et sur la panse de laquelle on trouve un mélange de dessins persans et chinois.
Le n° 78 est un tout petit fond de bol, de pâte fine, décoré au centre d'une rosace bleue, d'où partent en croix quatre bouquets de feuilles colorées, les unes en vert très tendre, les autres en couleur feuille morte. La troisième et dernière pièce, portant la même signature, est un grand fond de plat, de forme très lourde, décoré d'un côté de grandes lettres de coufique fleuri en blanc, sur fond bleu, de l'autre de grands rinceaux bleus et blancs dans l'intervalle desquels le nom de l'auteur est, en plusieurs points, dessiné en noir (pi. m, fig. 78 a).
Ce fragment, au milieu duquel l'émail manque aux trois points où le support du bol placé en dessus reposait, peut être considéré comme une pièce de rebut, instructive cependant entre toutes, car elle nous permet de saisir sur le vif le procédé de fabrication. La pièce crue, et déjà sècbe, était reprise à l'ébauchoir et légèrement évidée, puis pour obtenir une coloration blanche plus intense, on remplissait les vides, ainsi obtenus, avec une épaisse couche d'engobe.
La face extérieure est ornée de rayons bleus et de feuillages noirs. La marque n'est pas reproduite au fond.
El-Maallem veut dire, en arabe, le professeur. Il ne préjuge en rien de l'origine de ce maître. En attendant que le hasard des fouilles mette au jour des documents capables de nous fournir des éclaircissements, je me contenterai de constater, d'après ce qui précède, qtiel-Maallem paraît s'être essayé dans des genres très divers de décoration, cherchant à utiliser, dans ses compositions, des motifs tirés des céramiques chinoise, persane et arabe. Je lui aurais volontiers donné une place à part, si la nature de la pâte et la tournure de ses pièces ne rappelaient, surtout, les modèles des céramistes égyptiens.
Ahmad. j,g-\
Ce nom propre musulman existe sur deux pièces qui appartiennent à des genres très différents, il est écrit en bleu pâle, avec des lettres sans liaison (pi. ni, fig. 87 a).
La plus fine de ces deux pièces est un fond de bol, recouvert d'une épaisse couche vitreuse. Au centre, on aperçoit une rosace élégante dont les détails sont empruntés à la fleur de lys et ont un caractère arabe pur. Le reste de la paroi interne du fragment est émaillé en blanc bleuâtre, sans ornements.
A l'extérieur sept panneaux, séparés les uns des autres par une triple ligne bleue, sont décorés de feuillages de même couleur. La pâte est compacte, dure, blanche, assez épaisse.
Le deuxième échantillon est un fond de grand plat de pâte siliceuse, d'un grain assez gros, fortement colorée en rouge par de l'oxyde de fer, recouverte d'un engobe blanc avec des ornements peints en bleu sombre, cernés d'un trait noir. Au centre est un grand triangle blanc dans lequel s'enroule un rameau de lierre, très librement peint. Au milieu, de chaque côté du triangle, part un fleuron trilobé, entouré de boucles blanches très simples et d'un effet extrêmement décoratif. Ce joli fragment, long de 0*18 sur 0-16 de large, est malheureusement gâté par la marque du support, englobé dans l'émail, et qu'il a fallu arracher avec violence. — L'extérieur est vernissé en blanc bleuté. Le pied a subi un coup de feu intense qui a en partie vitrifié la base, ce qui indique que la cuisson devait se faire sans le secours de cazettes.1
El-Mouhandem. »-C$tn
Ce nom peut se traduire par : V ajusteur, celui qui arrange avec symétrie. La pièce qui fait partie de ma collection (n° 98, pi. x), est un fond de plat en terre jaunâtre, dont l'emploi a continué presque jusqu'à notre époque, ce qui atteste sa provenance égyptienne. La pièce est bien tournée, l'ombilic fait une saillie très légère. Le fond du plat est occupé par un motif décoratif qui sort un peu de l'ordinaire. Sur le médaillon central, entouré de deux lignes bleues, un cygne, tourné vers la gauche, est entouré de petites taches bleues, de remplissage, sans forme bien déterminée. De la circonférence externe du médaillon partent quatre grandes