Voyez fabrication, page
bandes de feuillages, dentelés, entre lesquels se trouvent des motifs géométriques. Toute cette décoration est en bleu foncé et brillant. Il ne subsiste rien de la décoration extérieure du plat. La marque est en bleu sombre, sur émail blanc légèrement bleuté, écrite en caractères très gras (pi. iv, fig. 98).
Tal. Jt
La pièce qui porte cette signature est représentée planche x (fig. 96). La pâte en est grossière, à grain rugueux. Le dessin, fait en bleu au pinceau, a coulé et forme des nuages par son mélange avec l'émail de la glaçure. Il est impossible de formuler une opinion sur la fabrique qui a produit cet échantillon, car il semble que l'on soit en présence d'une pièce de rebut.
L'absence du point diacritique de la première lettre ne laisse pas moins de place aux conjectures que l'on peut faire sur la lecture de ce mot. J'ai choisi le sens qui me semble le plus plausible Jf = Tal (celui qui redresse la tête, orgueilleux . . , vagabond). Si la seconde lettre, J, était moins bien formée, on pourrait penser qu'il ne s'agit pas d'une inscription, mais de la représentation d'une paire de raquettes adossées, semblables à celles dont on se servait pour le jeu de paume, appelées jaukan, que l'on trouve figurées, avec ou sans balles, dans les armoiries des princes mu-
sulmans de l'Egypte et de la Syrie.1
Des amulettes en verre, des poteries vernissées sur engobe portent cet emblème, il est plausible de croire qu'il a pu être employé comme marque.
1. Voy. Rogers bey, Bulletin de Vlnstitut Egyptien, p. 102. 24 décembre 1880.
Abolo. Jy)
II ne m'a pas été possible de trouver un sens à ce mot.1 La pièce unique, qui me l'a fourni, est le fond d'un assez grand plat de pâte blanche, compacte, fine, recouverte d'un engobe blanc, en grande partie caché par une teinte noire, dans laquelle on a ménagé la fleur de lys centrale et cinq petits cercles peints en bleu sombre. Ces ornements sont formés par une ligne blanche produite par l'enlevage du fond noir, semé de courbes blanches obtenues par le même procédé (fig. 87, pi. ix). Bien que d'un dessin très inhabile la pièce, vue à distance, produit un joli effet décoratif.
Le revers, émaillé en blanc, était orné de feuillages noirs dont il ne reste que de faibles traces. Au fond, la marque en caractères très gras (fig. 87, pi. m) est écrite en noir, sous émail blanc bleuté très irrégulièrement appliqué. La pièce était à parois minces, de bonne tournure. L'usage courant de la fleur de lys, dans tous les genres de décoration au Caire, m'a fait classer ce fragment parmi les produits de l'école égyptienne.
Abou-1-Iizz. jjl jjl
Cette fabrique a produit des pièces de grandes dimensions, représentées dans la collection par deux fonds de bol et un fond de plat.
Le principal fragment (n° 85, pi. ix) est décoré, en bleu et noir, de feuillages et de vrilles exécutés au pinceau. La pâte est assez
1. Peut-être corruption du mot Apollon; le fait que la lettre p n'existe pas en arabe peut, dans une certaine mesure, autoriser cette supposition. Doit-on dans ce cas admettre qu'il s'agit d'un Grec, venu étudier la fabrication de la céramique en Egypte? Le fait n'aurait rien d'invraisemblable, M. Mai.let a pu établir qu'il en était ainsi, à Naucratis, à l'époque saïte (voir historique, p. 80).
grossière et teintée en jaune, elle est certainement de fabrication égyptienne. Les deux autres pièces sont très mal venues, de mauvais style. La décoration de l'une d'elles (n° 84) semble une copie maladroite des faïences d'el-Masry.1 La marque placée au fond de ce bol, présente une variante qui ne se trouve qu'une seule fois dans toute la collection : une brancbe de feuillages, peinte en bleu et noir, souligne le nom écrit en noir (fig. 84, pi. m). Cette pièce est extérieurement décorée de rayons noirs très fins, sur fond blanc, alternant avec des rayons bleus plus larges et ornés d'épines sur leurs bords. — Des rayons simples ornent les deux autres pièces. — Aucun renseignement ne nous aide à retrouver l'origine de ce fabricant.
Divers. Signatures incomplètes ou illisibles.
Une série de seize fragments, qui portent dans la collection les nos de 105 à 120, est composée d'échantillons dont plusieurs, malgré leur signature incomplète ou illisible, méritent de fixer l'attention.
Le n° 105 (pi. iv) est un fragment de très grand plat dont le fond tout entier est décoré de feuillages et de fleurs en bleu, imitées de la céramique persane. Cette influence est encore plus nette sur la face extérieure, ornée de grands rinceaux de feuillages. — Tous les autres caractères, tirés de la nature de la pâte, de la forme de la pièce, de la façon dont la couverte vitreuse est posée au niveau de la marque du fond, sont autant de présomptions en faveur de la fabrication en Egypte. Cette pièce tend à nous donner, malgré son délabrement, une haute idée de ce que put être,