‹ Contribution à l'étude de la céramique orientaleChapitre 44 sur 72 · Lecture de M. Casanova · texte numérisé non relu

Lecture de M. Casanova

commencement et la fin de l'inscription qui nous eussent donné la date, le nom du fabricant et peut-être celui du propriétaire, manquent. La forme des lettres est très archaïque et peut être rapportée au ix" ou Xe siècle, au plus tard. — Le ton des dessins rappelle, très nettement, celui de certaines faïences italiennes à reflet, et l'examen de cette pièce confirmerait encore, si cela était nécessaire, le rôle que les faïences orientales ont eu dans la création des fabriques de l'occident. L'art byzantin me semble, en plus d'un cas, avoir nettement imprimé sa marque dans quelques pièces de cette fabrication. Je la retrouve dans un petit fragment de bol (fig. 1, pi. xm), en pâte blanche siliceuse, émaillé en beau bleu turquoise et décoré de dessins à reflets mordorés. Le paon, qui passe vers la droite, pourrait aussi bien être attribué à l'art fatimide qu'à la décoration byzantine, si l'aigrette de fantaisie qui orne sa tête, en revêtant la forme d'une croix, ne nous incitait à penser que la pièce a dû sortir des mains d'un artisan chrétien, fait qui n'a rien d'anormal à cette époque, surtout en Egypte.

On ne peut avoir la prétention de décrire, ni même de noter tous les types qui sortent des ruines de Fostât. Je dois cependant citer des bols de toutes les grandeurs, fort bien tournés, composés de pâte blanche, avec couverte d'un beau bleu de turquoise, tantôt ornés de dessins géométriques entrecoupés de palmettes et de feuillages à reflet, tantôt d'animaux, chimériques ou réels, dont les détails sont marqués par des enlevages délicats de la couche à reflets.1

Un autre spécimen de même forme, de même pâte, émaillé en bleu sombre,2 est décoré d'un oiseau, oie ou cygne volant, entouré de rinceaux enchevêtrés de feuillages, tout ce dessin est

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