‹ Contribution à l'étude de la céramique orientaleChapitre 5 sur 72 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Configuration des collines de décombres. Renseignements sur leur formation.

La topographie des régions qui m'ont fourni les matériaux de cette étude a été faite, avec le plus grand soin, dans la Description de V Egypte,1 à laquelle j'emprunte la carte très détaillée des environs immédiats du Caire (pi. xvi). Comme on le voit, les amas de collines de décombres forment deux groupes distincts, le premier et le plus important situé au sud-ouest, l'autre placé à l'est et au nord-est de la ville. J'étudierai séparément ces deux régions en commençant par celle du sud-ouest, non seulement à cause de son étendue, mais encore parce que c'est elle qui a fourni les documents les plus anciens. Située au sommet du Delta, immédiatement au-dessous du mont Mokattam dont les contreforts étaient jadis arrosés par le Nil qui, modifiant son cours, a peu à peu reculé vers l'ouest, cette région ne pouvait guère manquer d'être choisie pour bâtir une ville et, de fait, il en exista une en ce point, dès la plus haute antiquité. La date de sa fondation et son bistoire, à l'époque pharaonique, sont pleines d'incertitude.

D'après une première légende, elle aurait été fondée par des

1. DescripiUm de t Egypte, État moderne, vol. i, pi. 16. Pour conserver cette carte à une assez grande échelle, je n'ai fait reproduire que la partie dans laquelle se trouvent les collines de décombres qui sont étudiées dans ce mémoire.

prisonniers babyloniens ramenés par Sésostris, et employés à exécuter les nombreux travaux d'art dont il couvrit l'Egypte, pendant son long règne. Révoltés et victorieux, ces étrangers s'emparèrent d'un château-fort, situé sur une colline, d'où ils faisaient des incursions fréquentes dans la région. Assiégés, ils auraient dû se rendre, mais avec leur pardon ils auraient obtenu l'autorisation de garder leur forteresse, au pied de laquelle ils construisirent une ville nommée Babylone, en souvenir de leur pays d'origine.

D'après une autre légende, rapportée par Ctésias de Cnide, la ville aurait été fondée par des guerriers assyriens, venus avec Sémiramis.1 La colline aurait été celle qui, plus tard, devait porter la citadelle de Salah-ed-dîn, et la ville primitive aurait occupé une partie du Caire actuel et toute la région sud-ouest, dans laquelle se trouvent les collines de décombres du premier groupe. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'aujourd'hui encore la tradition a conservé le nom de Babilioun à la partie des Koms de décombres situés au sud-est de la mosquée d' Amrou (pi. xvi, n° 2), et à toute la région qui avoisine l'édifice appelé Kasr-el-Chamâa (château des flambeaux).2 Ce dernier nom venant de ce qu'il a existé, en ce point, à l'époque des invasions perses, un ancien pyrée, où le culte du feu était célébré. C'était, tout au plus, un faubourg ou un bastion avancé, car tout porte à croire que la ville fut, au début, sur la hauteur et très probablement sur l'emplacement même de la citadelle.3 La ville devait être au VIIe siècle en partie ruinée, puisque, après la conquête de l'Egypte, Amrou choisit cet emplacement pour construire Fostût (les tentes) (640 de l'ère chrét.), qui devint bientôt un centre commercial important. Peu à peu elle s'agrandit vers le nord et l'un des nouvaux quartiers, El-Asker (l'armée), occupa la

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