N°» 2247, 2252, etc
2. Dans un récent voyage en Syrie j'ai eu l'occasion de voir dans la collection
Les dernières fouilles exécutées cet hiver dans la nécropole de Dronca, près Assiout, ont mis à jour des étoffes que les armoiries et les inscriptions dataient du milieu du xine siècle. Dans les mêmes tombes, inviolées, se trouvaient des pots,' des coupes2 émaillés en vert, avec ou sans dessins gravés dans la pâte, copiant assez bien l'émail et même la forme de certaines porcelaines chinoises anciennes ; la pâte est encore blanche et siliceuse. — Ici l'opinion émise par M. Solon semble rencontrer un commencement de confirmation, mais pour retrouver complètement les traces des efforts faits pour imiter le vieux céladon chinois, il faut revenir à l'Est du Caire, tout près de la citadelle, dans les décombres qui avoisinent Bab el-Ouézir.
A côté des débris de poteries vernissées sur engobe, de l'époque des sultans mamelouks, sur lesquelles je donnerai quelques renseignements dans le chapitre suivant, on trouve, en fouillant les différentes stratifications, de très nombreux fragments de faux céladon. Ceux-ci, en partie mis à jour par les fouilles faites par le comte d'Hulst, pour Y Exploration Fund, tantôt recouvrent le sol, tantôt au contraire, ce qui vaut mieux pour l'exactitude des observations, apparaissent encore enclavés dans la couche avec laquelle ils ont été déposés.
De mes recherches que je vais résumer ici le plus clairement
de mon excellent ami, le Prof. Hache, une très belle potiche de faïence, intacte, de forme chinoise, émaillée en bleu pâle laiteux, haute de 0-30 environ et qui vient du bazar de Damas. Rien, ne prouve toutefois qu'elle ne vienne pas d'Egypte. Ce qui pourrait le faire croire c'est que j'ai trouvé, à Beyrouth, un autre vase en forme de potiche céladon, à côtes en faïence, presque identique à la pièce 1582, dont j'aurai à parler plus loin. Celle-ci est, à n'en pas douter, de la fabrique de Bab el- Ouézir. Tant que l'on n'aura pas trouvé des preuves de fabrication de cette variété aux environs de Damas, j'inclinerai à croire qu'il s'agit d'importation égyptienne, pour tout le faux céladon trouvé en Syrie.
possible, il résulte que, dans ce point, la fabrication a passé par deux phases : La première en date, celle qui est révélée par les objets les plus profondément enfouis est, comme toujours en pareil cas, celle qui se rapproche le plus des modèles copiés. Dans des fonds de plats ou de bols,1 en pâte siliceuse blanche, émaillée en vert, tirant quelquefois légèrement sur le bleu, on retrouve des poissons en relief manifestement copiés sur un fragment de vrai céladon, identique à celui de ma série du Musée de Sèvres.
Comme preuve absolue de la fabrication en cet endroit je citerai, outre beaucoup de scories, de tessons et de fragments, un pot de forme chinoise,2 en terre siliceuse blanche, émaillée en vert grisâtre, absolument tombée au feu. On n'importe pas de tels loups de fabrication.8
On trouve dans le même gisement, avec la même pâte, des coupes à boire,4 sorte de gobelets, tantôt cannelés extérieurement, comme dans mon spécimen, et tantôt unis. Les premiers, d'un meilleur art, peuvent à première vue faire illusion et l'on trouve dans les traces d'oxyde fer déposées à la base, sur la partie la plus exposée au feu, la préoccupation de faire croire à l'authenticité de la pièce.5
Non loin de ces coupes, toujours dans la même série, on trouve des vases dont la forme générale rappelle les potiches chinoises à panse large et à base relativement étroite, pastillés d'ornements