N° 944 céladon vert pâle. Hauteur
5. N° 3260. Pièce trouvée à Fostât et présentant les traces d'un usage assez prolongé.
d'oeil celles-ci nous sont indiquées par l'aspect de la cassure terreuse, colorée en rouge par l'oxyde de fer. — La composition de la pâte a complètement changé, elle est argileuse, grossière et non plus siliceuse et fine. C'est une véritable faïence à émail stannique. — Ici ne s'arrêtent pas les différences entre l'ancien et le nouveau procédé. La cuisson est également modifiée, au lieu de poser l'émail sur crû, l'ouvrier décorait sur biscuit. Je citerai, entre autres pièces, une potiche1 en terre rouge sans émail, qu'un défaut à la panse avait fait rejeter après le premier feu. J'en ai trouvé assez de spécimens pour qu'il ne puisse y avoir aucun doute à leur égard. Il ne s'agit pas de vases finis, mais d'un premier état de pièces destinées à remaillage.
C'est au début de cette période, ou vers la fin de la précédente, que je crois devoir rapporter les deux plus grands spécimens de céladon que j'aie rencontrés. Ce qui me fait émettre cette opinion, c'est qu'avec un émail stannique pour couverte, leur pâte tient le milieu entre la terre siliceuse à gros grains de la première fabrication et la terre colorée en rouge de la seconde.
La première de ces pièces est un vase, en forme de potiche chinoise,2 haut de 034, ayant à sa partie la plus renflée 0*26 de diamètre. Son émail vert très clair, blanchâtre, est assez finement craquelé. La panse est décorée d'une frise dans le goût du céladon chinois, dessinée en creux dans la pâte et faisant suite aux cannelures de la partie conique.
La seconde pièce est une grande coupe8 hémisphérique, à bord dentelé, large de 0*34, haute de 017, émaillée en vert lisse à l'extérieur, craquelée à l'intérieur, avec de grands rinceaux en creux.
A côté de ces pièces qui sont peut-être de transition, la fabrication sur biscuit est assez largement représentée dans mes séries pour que je puisse en donner une idée exacte.
Les formes restent chinoises, mais paraissent copier des types beaucoup moins anciens. Ce surtout sont des vases à anses1 que l'on rencontre. Celles-ci sont, le plus souvent, munies d'un anneau dont on voit la trace. Tout en copiant le chinois dans la majorité des cas, quelques spécimens, (notamment l'un des pots sans couverte) rappellent les formes italiennes de Deruta, et je ne serais pas fort étonné, quoiqu'il ne soit point en mon pouvoir d'en faire dès à présent la preuve, que l'influence en retour, de maîtres italiens, ait été la cause de ces modifications apportées à la fabrication.
Cette série, dont les échantillons se trouvent assez haut placés dans l'échelle des stratifications de là colline de décombres est, plus que toutes les autres peut-être, composée de rebuts de fabrication. On ne peut pas mettre en doute qu'elle soit l'indice d'une industrie locale, établie dans le voisinage.
Avec les modifications des formes, je devrais noter encore la diversité des tons de la palette. Celle-ci n'a pas beaucoup varié d'une période à l'autre. A part certains bleus, auxquels la présence de l'étain donne une apparence un peu laiteuse, il semblerait même qu'elle était plutôt en décadence aux époques les plus récentes, sinon comme variété au moins comme puissance du coloris.
Le plus souvent les tons sont unis. On trouve toutes les nuances des verts, jaunes verts, gris verts et tous les bleus, du plus foncé au plus clair, mais souvent combinés avec une note verte. Le violet uni un peu terne, soit seul, soit juxtaposé à des raies vert jaunâtre et vert clair n'est pas très rare.
Les pièces de la décadence sont caractérisées par le mélange
1. N° 3137. Pièce en terre rouge, émaillée en bleu sur ses deux faces.
des tons et par la nature de la terre. Celle-ci est grisâtre on jaune pâle, mal travaillée, poreuse ou feuilletée. Les tressaillures sont fréquentes. L'émail et la pâte ne font plus corps. C'est toujours près de la surface des collines que j'ai trouvé ces variétés sans valeur artistique aucune, et surtout en dessous et au nord du fort Retond.1
Cette deuxième période de fabrication, commencée très probablement à la fin du xv° siècle, me paraît s'être éteinte au plus tard au début du xvrT siècle.
Faïences bleu turquoise.
Le nombre des villes en ruine dans lesquelles on a découvert des faïences d'époque arabe émaillées en bleu turquoise, d'un seul ton pour une même pièce (les seules que j'aie en vue dans ce paragraphe), est très considérable.
Bagdad et toute la vallée de l'Euphrate, Alep, Damas, Tripoli de Syrie, en dehors de l'Egypte, Le Caire, Alexandrie, Akhmîm, Achmounein et toutes les collines de décombres postérieures à la conquête musulmane, en ont fourni des spécimens plus ou moins nombreux.
Il s'agit, le plus souvent, de lampes dont le corps, en forme de sphère aplatie, est surmonté d'un entonnoir évasé pour recevoir l'huile. Elles sont munies d'une anse et d'un ou de plusieurs becs, souvent très allongés.
Elles ont dû être fabriquées de très bonne heure, car souvent on en découvre au voisinage du sol vierge, ce qui, dans bien des cas, les a fait attribuer à une époque beaucoup trop reculée. Plus d'un musée et plus d'un livre, les classent parmi les objets d'époque pharaonique, avec lesquels elles n'ont rien de commun. Je me con-