P. Casanova, communication orale
mer, avec bien des chances de ne pas se tromper : qu'elle est du VIIe ou du vme siècle, que c'est un petit monument chrétien et qu'elle a, très probablement, été faite sur les bords du Nil, à Fostât.
J'ai pu, en effet, recueillir dans les mêmes fouilles des lampes en terre grise ou blanche, les unes sans couverte, les autres émaillées en jaune roux, en jaune ou en vert. Toutes portent des ornements en relief, dont la nature ne permet pas de mettre en doute l'origine chrétienne : Les palmes, la vigne, le raisin, la colombe, la gazelle et même la croix concourent à leur décoration. — Les pièces sans émail ont assez souvent des inscriptions. L'une d'elles1 paraît se rapprocher des caractères du fragment de bol dont il est ici question, et être antérieure à l'époque des Fatimides.
Je dois ajouter que des lampes analogues, mais sans émail, furent fabriquées ailleurs. L'une d'elles étudiée par M. Clermont- Ganneau,2 fut faite en 125 de l'Hégire à Djerach en Syrie. Elle nous donne une preuve nouvelle de l'ancienneté de cette fabrication.
Un fond de plat en terre blanche, nue au revers, décorée en relief d'un griffon aux oreilles poilues, volant vers la droite, émaillé en jaune tirant sur le brun, tranchant sur le ton vert sombre du fond, me semble devoir être placé à côté du fragment de bol et vient peut-être de la même fabrique, bien qu'il ait été trouvé beaucoup plus haut dans la vallée du Nil, à Ghirgheh (?).3 A première vue il semble que l'on pourrait rapprocher ce fragment des griffons décrits par M. DE Bock, comme variété de poterie vernissée jusqu'ici observée en Crimée seulement. Ce sera une étude à compléter.