‹ Contribution à l'étude de la céramique orientaleChapitre 65 sur 72 · Voy. Rooers Pacha, op. cit., p. 8ô · texte numérisé non relu

Voy. Rooers Pacha, op. cit., p. 8ô

excellent confrère Bay a bien voulu faire en ma présence, me rendre compte de toutes les phases de la fabrication.

La pièce, en sortant des mains du tourneur, était légèrement séchée à l'ombre, puis couverte d'un engobe blanc.

Dès que cet enduit était sec, on procédait au dessin exécuté à la pointe mousse, plus ou moins profondément, mais de façon à mettre au moins la pâte à nu. — Cette opération devait être menée assez rapidement, au bout de trente-six heures, de deux jours au plus, la terre devenant très difficile à entamer.

La pièce, une fois gravée, devait être séchée complètement, toujours à l'ombre, puis, dans le type le plus parfait de la fabrication elle recevait, par places, une épaisse couche d'engobe secondaire destiné à donner du relief à certains points, en général dans les inscriptions.1

D'autres parties étaient peintes le plus souvent en vert ou en brun. Le vert, le jaune, le blanc et le brun marron allant presque au noir sont les seules couleurs que l'on rencontre.

Toutes ces opérations étaient faites sur la pâte crue, point très important à noter.

Enfin, après un émaillage général obtenu par trempage, la pièce égouttée puis séchée, était portée au four et cuite à feu nu. Au voisinage des fabriques, au milieu des tas de débris de pièces manquées, de supports et de scories, je n'ai jamais rien trouvé qui put me faire penser à l'usage des cazettes, tandis que les coups de feu, très apparents sur certaines pièces, surtout à l'époque de la décadence de la fabrication, démontrent assez la nature du procédé employé pour la cuisson.2

1. La pièce n° 476 de la série des poteries armoriées, reproduite planche iv, flg. 4 est un beau spécimen de la fabrication la plus parfaite. Ce fragment mesure 0-180 de hauteur sur 0-165 de largeur. Le plus grand diamètre de la coupe entière était d'environ 0'40. — Epaisseur maxima de la paroi 0-016.

2. M. H. Wallis, op. cit., dans le texte explicatif de la pi. m de l'appendice, décrit

En dehors des armoiries et des inscriptions qui tiennent dans l'ornementation la place la plus considérable, on trouve des rinceaux formés de lianes symétriques (fig. 4, pi. xiv), des tresses (fig. 2, pi. xiv), des torsades, des entrelacs, etc., dont on rencontre les analogues dans les monuments byzantins2 (mosaïques, motifs de décoration dans la bijouterie, l'architecture, etc.). On les voit également dans les tapisseries et les stèles coptes3 et, en remontant plus haut, dans les productions des arts babylonien4 et perse. Il n'est point aisé, au milieu de tant de ressemblances, d'attribuer à chacune de ces origines la part d'influence qui lui revient.

On pourrait être tenté de rechercher sur place, dans l'art copte, en suivant les traces de M. GrAYET, le facteur le plus important.5 Le style grossier de la tête de fauve, observée sur un fragment (fig. 7, pi. xiv), peut sembler favorable à cette hypothèse, mais il s'agit là d'un fait isolé et partant sans grande valeur, tandis que la présence habituelle des inscriptions, qui n'ont rien de copte, nous force à pousser nos recherches dans une autre direction. Il n'est point douteux qu'il existe, entre leur style et celui des cuivres incrustés de Mossoul, de nombreuses analogies qui suffiraient à nous diriger sur cette piste nouvelle, si nous ne savions pas, de la façon

la fabrication des poteries d'Ephèse d'une façon toute différente : «. . . Le vase fait au tour et cuit, est ensuite couvert d'un revêtement de pure terre blanche, qu'on fait recuire légèrement, puis l'ornement est gravé et ensuite plongé dans une composition qui produira l'émail ... Le vase est placé au four pour la cuisson définitive.» Les dessins très simples des poteries byzantines peuvent, à la rigueur, avoir été faits par ce procédé qui serait pratiquement inapplicable à la terre d'Egypte. J'incline à croire qu'à Ephèse et à Rhodes, comme au Caire, le travail île gravure était antérieur à toute cuisson.

2. Ch. Bayet, L'art byzantin, collection Quantin, Paris, 1883. Tresse fig. 6. 91, torsades fig. 19. 74, rinceaux fig. 28. 32, etc.

3. Gatet, L'art arabe. Id., Les monument» coptes, Mémoires de la Mission Archéologique Française au Caire, t. m, fasc. 3, Paris, 1889.

4. Pehbot et Chipiez, Histoire de tart, t. h, Chaldée et Assyrie, pi. xm. xiv, fig. 81.

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