‹ Contribution À L'Étude De La Chirurgie Complémentaire Dans Les Cancers Du Col De L'Utérus Aux Stades I Et IIChapitre 14 sur 42 · RAISONS QUI JUSTIFIENT L'ASSOCIATION RADIO - CHIRURGICALE · texte numérisé non relu

RAISONS QUI JUSTIFIENT L'ASSOCIATION RADIO - CHIRURGICALE

Depuis des années, de périodiques discussions, tant à l’Académie de Chirurgie que dans des Sociétés locales, se sont ouvertes pour prendre position sur le traitement optimum du cancer du col. Dès la première heure, RÉGAUD avait admis le principe et l’intérêt de l’intervention seconde, et Monop, en 1922, avait fait un chaud plaidoyer en faveur du traitement mixte radio-chirurgical. En 1944, la thèse de Jacques Louis BRENIER venait à l’appui de ces conceptions, espérant pour les stades IL et [ améliorer les statistiques par la victoire d’une étroite collaboration radiochirurgicale.

En effet, d’un point de vue théorique, la chirurgie secondaire devrait :

a) éviter les récidives locales en supprimant la lésion mère ;

b) permettre de se rendre compte, en cours d’intervention, de l’état des ganglions et des possibilités d’exérèse ;

c) éviter de se poser l’angoissant problème de la radiorésistance qui ne saurait avoir lieu pour le chirurgien.

Malgré la divergence des statistiques, car les taux indiqués par les différents auteurs sont souvent en opposition, il est encore difficile de connaître exactement la proportion d’utérus non stérilisés après physiothérapie. L'institut Gus-

tave Roussy, s’exprimant par la plume de REDON, pense que cette stérilisation est presque toujours constante. Cet optimisme n’est partagé ni par DARGENT, ni par TAILHE- FER, qui constatent la persistance de cellules néo-plasiques dans d’assez fortes proportions puisque le premier en relève 6 fois sur 41 et le second 8 fois sur 29. Ceci ramène à 1/3 environ d'échecs physiothérapiques.

En outre, en 1944, J. L. BRENIER avait relevé 14 utérus porteurs d'éléments néoplasiques sur 51 malades. Ne s’agitil point, pour expliquer ces divergences, d’adéno-carcinomes ? Ou de mauvaise application du radium ?

Bien que les récidives locales semblent être évitées par l’acte chirurgical, après ce dernier on n’en observe pas moins quelques-unes, souvent foudroyantes, survenant parfois dans les semaines qui suivent.

Il est difficile, bien souvent, de s’entendre sur la fréquence de l’envahissement ganglionnaire. WiLMoTH, de Paris, le trouve dans 18 % des cas ; pour Mers, il est de 20 %; pour READ et BONNEY, il atteint 25 %; pour TaAussr6, il est de 26,8 %. De même SANTY et DARGENT l’évaluent à 20 % sur 58 interventions. Par contre, REDON n’en trouve que 2 cas sur 26. Quoi qu'il en soit, ces pourcentages ne peuvent que justifier une thérapeutique chirurgicale active.

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Il paraît capital de fixer le laps de temps optimum à observer entre la fin du traitement physiothérapique et l’acte chirurgical. En effet, ceci est très important à un double point de vue : 1° le point de vue histologique ; 2° le point de vue chirurgical pur.

1° Le point de vue histologique. — On peut dire, avec. Mme Simone LABORDE, que la période de latence qui s’écoule entre l’irradiation et la disparition des cellules cancéreuses, ou leurs signes manifestes d’inactivité, varie avec les formes histologiques. On l’estime habituellement à deux mois au minimum. En effet, l’examen histologique ne permet pas de juger de l’action des radiations sur un utérus avant que ce délai ne soit écoulé. HEYMAN considère comme de peu de valeur la présence d’éléments cancéreux histologiquement indéniables sur des utérus enlevés six semaines après le traitement physiothérapique. D’ailleurs, les histologistes savent bien qu’il est souvent fort délicat, dans certains cas même impossible, de prévoir l’évolution vers la mort, ou la reviviscence des cellules néoplasiques irradiées.

2° Le point de vue chirurgical. — Tous les chirurgiens connaissent bien les petits ennuis d’un acte opératoire trop hâtivement décidé. La tendance hémorragique des parois de ces malades, fréquemment relevée, allonge le temps opératoire. La rétraction du tissu sous-péritonéal avoisinant les lésions gêne considérablement et la dissection vésicale et la libération des uretères. Enfin or se heurte souvent à ces utérus qui, selon l’expression consacrée, « ne veulent pas monter ».

Tous ces petits ennuis qui, dans certains cas, peuvent faire rejeter une intervention considérée comme trop hasardeuse, s’effacent si l’on veut bien avoir la patience d’attendre quatre, cinq et même six mois avant d’opérer.

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Ce temps de latence n’est pas vain, car il permet, d’une part à la malade de reprendre confiance et de se préparer, tant physiquement que moralement, à l’acte chirurgical ;

d’autre part, il laisse aux radiations le temps d’accomplir leur œuvre destructrice.

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