‹ Contribution à l'étude de la chirurgie du nerf radialChapitre 19 sur 20 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

(Communiquée par le Dr Canagnier)

G..., 124° régiment d'infanterie,

Blessé le 24 septembre 1914. Plaie en séton du bras droit au 1/3 inférieur. Les parties molles sont seules intéressées. Intégrité du levier osseux. La cicatrisation marche normalement. Entré dans mon service, hôpital 30, le 5 novembre 1914. La plaie est guérie. Mais on observe une paralysie radiale complète, Il y a une zone anesthésiée à la face postérieure de l’avant-bras et de la main, La main tombante présente la déformation classique.

Opéré ‘le 7 novembre 1914. — L'incision est faite, au niveau de la cicatrice antérieure. Après section de la peau on tombe sur le tissu fibreux de cicatrice dans lequel il n’est pas possible d'identifier le nerf. On le recherche alors un peu au-dessus et il est facilement trouvé. On procède de même pour le segment inférieur. On a dû pour cela agrandir un peu son incision, On tient ainsi les deux bouts qui vont

se perdre dans le tissu de cicatrice. On sectionne celui-ci en

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son milieu et progressivement on reséque par tranches successives le bout supérieur, puis l’inférieur, jusqu’à ce qu’on puisse rendre apparents les faisceaux nerveux pour le premier, les tubes pour le second. On pratique alors la suture des deux bouts. Des points sont passés à la périphérie du nerf, dans le névrilème. On obtient assez facilement le rapprochement des deux extrémités et les nœuds sont modérément serrés. Pour la suture on s’est servi de soie fine eton s’est efforcé d'apporter le minimum de traumatisme au cordon nerveux. On a eu bien soin d’orienter les deux bouts de façon qu'aux tubes externes correspondent les faisceaux externes et ainsi de suite,

On pratique l’ablation du tissu cicatriciel voisin, et on inclut le nerf suturé dans un lambeau musculaire de protection, On fait une hémostase soigneuse et on ferme sans drainage,

La guérison de la plaie marche normalement. Les fils sont enlevés le huitième jour.

Le blessé sort le 15 décembre 1914 etest dirigé sur un autre hôpital.

A la sortie, état à peu près stationnaire de la paralysie. Le malade n’est pas revu pendant toute la guerre. On perd sa trace.

Reou en 1921 dans des circonstances peu banales. Notre blessé a retrouvé force et adresse et tient dans une équipe de football rugby la place difficile de 3/4 aile. C’est assez dire que de sa paralysie il n'est plus question. Après la partie, il est venu nous exprimer toute sa satisfaction, et s'est prêté de très bonne grâce à un rapide examen. L’extension du poignet et des doigts est tout à fait normale, et il est facile

de se rendre compte sur son avant-bras musclé que les mus-

cles tributaires du radial ne le cèdent en rien en puissance à leurs voisins qui n’ont jamais été privés de leur innervation.

Seule, la cicatrice est là pour faire reconnaître le membre blessé.

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