DESCRIPTION
Avant de passer à la description de la chorée gravidique, nous donnerons la définition de la chorée et des différentes sortes de chorée.
Le mot chorée a désigné d’abord des manifestations épidémiques, comme la danse de Saint-Guy, qui se rapportent pour la plupart à de l'hystérie ou de la manie. Actuellement le mot chorée s'applique à une maladie et à un syndrome.
La maladie est la chorée vraie ou gesliculatoire comprenant les variétés suivantes :
Chorée de Sydenham ou chorée des enfants ;
Chorée molle ;
Chorée des femmes enceintes ;
Chorée des vieillards ou maladie de Funtington.
Le syndrome comprend :
l° Les chorées molles, mieux appelées myoclonies, renfermant le paramyoclonus multiplex avec deux variétés: la chorée fibrillaire de Morvan et la chorée électrique de Bergeron ; la chorée électrique de Dubini, bien différente des précédentes.
2 Les chorées symptomatiques comprenant la chorée hystérique et les chorées liées à des lésions cérébrales
(hémichorée).
Nous n'aurons en vue que la chorée gravidique pure.
La chorée gravidique, avons-nous dit, frappe surtout les femmes primipares et jeunes. Ajoutons qu'elle apparaît surtout pendant la première période de la grossesse.
Les symptômes sont ceux de la chorée vulgaire et nous ne pouvons mieux faire que de retracer le tableau de la chorée de Sydenham.
M. Lannois l’a définie de la façon suivante : « Ce sont des mouvements musculaires à grands rayons involontaires bien que le plus souvent conscients, occupant principalement la tête et les membres, incessamment renouvelés sans repos ni trêve et ne s’arrêtant que pendant le sommeil. »
Le début est généralement brusque.
Limités primitivement à un seul côté du corps, généralement au côté gauche et au bras, les mouvements choréiques ne tardent pas à envahir le reste du corps. Faisons remarquer en passant que la chorée gravidique est le plus souvent bilatérale d'emblée.
Les mains sont portées successivement en pronation et en supinalion avec des mouvements alternatifs d'élévatien el d'abaissement. Il y a des changements brusques d'at- Utude semblables à des mouvements de pantins. Lorsque la face est prise, les traits sont grimaçants el parfois la déglutition et la phonation sont altérées, et la parole articulée remplacée par un aboïement, si les muscles du pharynx et du larynx sont gagnés par la chorée.
Enfin, dans les formes graves, on a vu les muscles de la respiration être atteints, s’accompagnant d'une dyspnée intense, et les mouvements choréiques persister pendant le sommeil.
Les conséquences de ces troubles sont le plus souvent des troubles digestifs. La malade est inhabile à porter
les aliments à la bouche, puis si le pharynx est atteint, la déglutition se fait mal. Les vomissements et la constipation sont fréquents.
Mais ilest des cas où les manifestations psychiques font suite aux symptômes physiques. Le caractère de cette manie choréique est son incohérence.
La femme dont nous publions l'observation a vu sa chorée se transformer en manie. Mastier nous rapporte une observation de Festemberg, dans laquelle les symptômes physiques alternent avec les manifestations psychiques. Mais là, l'accouchement provoqué a amené la guérison immédiate. Nous publions cette observation à la fin de notre travail.
Mandsley a bien vu ce mode de terminaison, disant qu'il ya de plus, dans quelques cas, de l'excitation mentale et de l’incohérence, qui peuvent devenir un délire maniaque eb aboutir à la mort, ou se changer en délire chronique et se terminer par la guérison.
LD