CHAPITRE II
Les espaces interstitiels du nerf optique.
Lorsque Schwalbe, en 1869, pratiqua des injections dans les gaines de l’optique, il lui vint à l’idée d’enfoncer la canule de l'instrument dont il se servait dans le tronc même du nerf, non loin de l'insertion bulbaire. Il vit alors la masse colorante diffuser sous la pie-mère autour des faisceaux nerveux, arriver jusqu'à la lame criblée, la traverser en partie et se répandre dans la couche fasciculée de la rétine, environnant les espaces péri-veineux et capillaires à l'exclusion des périartérieis, s'étendant également entre la limitante interne et le corps vitré. Il lui fut possible, en outre, d’injecter le canal central du vitré, observant le passage duliquide autour des vaisseaux centraux de la rétine. Nous reviendrons sur ce dernier point au sujet de l'élimination des humeurs de l’œil par le nerf optique.
Schmidt-Rimpler expérimentant sur des chiens, des lapins, des veaux, et peu après, Michel sur des yeux
de cadavres humains reprirent les mêmes expérien-
ces (1), mais ils s’occupèrent surtout des communications de l’espace périchoroïdien avec le tissu interstitiel du nerf et ses gaines. Nous en avons déjà parlé.
En 1875 parut l’ouvrage capital des deux anatomistes suédois Axel Key et Retzius. Ce sont surtout ces deux auteurs qui posèrent la question, tant par la précision de leurs descriptions que par l'impression qui se dégageait des dessins de leur atlas.
Voici en quels termes ils s’exprimaient :
« Lorsqu'on fait pénétrer la pointe d’une canule sous la gaine piale du nerf optique humain, en se servant d’une faible pression on obtient pas, à proprement parler, une injection. Lorsqu'on se sert d’une pression plus forte le liquide pénètre le long des gaines, et, s’étendant de toutes parts, fait une enveloppe au nerf; ce n’est que lorsque l’on emploie une plus forte pression encore que le liquide pénètre dans ces gaines. On voit alors la masse s'insinuer entre les faisceaux nerveux et s’étendre dans les fentes. En ce qui concerne la topographie de ces fentes on constate que le liquide pénètre entre les faisceaux conjonctifs et les faisceaux de fibres nerveuses.
Sur une coupe transversale,on voit un réseau entourant les faisceaux nerveux coupés transversalement, La masse qui distend les faisceaux se trouve en conti-
nuité avec l’espace injecté sous la gaine piale. Il estmême