CHAPITRE V
Remarques sur les méthodes.
Ainsi que nous venons de le voir dans les chapitres qui précèdent, le nerf optique possèderait au dire de nombreux auteurs : | |
1° Une chemise lymphatique constituée par le liquide céphalo-rachidien de l’espace sous-arachnoïdien ;
2° Un système de fentes occupant les espaces névroglitiques ;
3° Une gaine vasculaire entourant les vaisseaux centraux. Par cette voie, le vitré trouverait, pour les uns, upe issue. Pour d’autres, elle ne serait que la continuation du canal hyaloïdien renfermant de la lymphe qui serait conduite en dernière analyse dans l’espace intervaginal soit même plus loin, au dehors de la : dure-mère, dans l’espace supra-vaginal de Schwalbe et dans l’orbite.
Pour arriver à ces conceptions, les auteurs ont eu recours à des méthodes diverses, de qualités bien différentes. Certaines, comme celles de Priestley-Smith doivent nous inspirer de la méfiance. Il injectait sous
pression des liquides dans le vitré. Or, rien ne nous dit
que les voies d'écoulement antérieures aient été complètement oblitérées De plus, sans parler de la voie de décharge extrêmement hypothétique de l’espace suprachoroïdien, nous savons actuellement que les liquides diffasent facilement. Cette objection peut s'appliquer . aussi aux expériences de Leplat qui injectait de la vaseline dans la chambre antérieure,
La fluorescéine, mise à la mode par Ebrlich, Pflüger, Schôler et Uhtoff, est une substance qui a des inconvénients. Son apparition dans des endroits si minces que les espaces névroglitiques du nerf optique est difficile à
saisir. Elle diffuse trop et cela explique les différences dans les résullats obtenus par d’autres auteurs qui l’ont utilisée pour rechercher les voies d'élimination des liquides intra-oculaires,
La réaction du bleu de Prusse qui consiste à injecter du ferrocyanure de potassium en un endroit déterminé, puis, dans des temps différents de plonger ces organes dans une solution alcoolique de chlorure ferreux, a été surtout employée par Knies, Ulrich et Weiss. Bien qu’elle ait donné des résultats intéressants Schwalbe lui reproche d’être très fagitive pour les grandes voies d’excrétion, de teindre surtout la substance fondamentale du tissu conjonctif, et la substance péricellulaire qui unit les endothèliums et épithéliums.
Leplat, dans ses expériences, se servit de la réaction de l’iode sur l’empois d’amidon. Il injectait de l’iodure de potassium, pratiquait des coupes congelées, et à ce
moment les mettait en présence de l’amidon. Ce procédé
a des indications très spéciales.
Tout autres sont les méthodes consistant en l'emploi de substances pulvérulentes aseptiques et fines qu’on recherche ensuite. La plupart des auteurs, Ulrich, Gifford, Deutchmann, Ovio, Nuel et Benoît se servirent d'encre de Chine. On peut utiliser aussi le carmin d’indigo ainsi que le fit Guillain (1) pour les nerfs périphériques. Ce qu’il importe surtout, c’est quelesgrains colorés soient fins et facilement reconnaissables au microscope.
Restent maintenant les moyens d’investigations par des microrganismes,connus, comme affectionnant particulièrement les voies lymphatiques.
Nuel et Benoît parlent d’un cas de Nuel et Cornil où des streptocoques furent injectés dans l’œil d’un lapin et retrouvés dans les gaines du nerf optique. Cette méthode fut employée par Howen et Laitinien (2) pour des sciatiques d'animaux. Il s'agissait ici encore de streptocoques. Cette espèce est en effetcelle qu'on peut se procurerle plus facilement et qu'on « entraine » à peu de frais et en un minimum de temps. Nous dirons ce qu’on peut en obtenir sur le nerf optique.
Il est enfin une question importante, c’est le choix de l’animal d'expérience. Il ressort des écrits d'Ulrich, Leber, Gifford, Deutchmann, etc., que la plupart des auteurs se sont servis du lapin, espèce qui se trouvefacilement à notre portée. Outre son prix modique, elle a
l’avantage de posséder des globes oculaires relativement