Guillain. Revue de Neurologie
2. Hoven et Laitinien. Archives de Ziegler., t. XXV. Helft [, 1899.
gros pour la taille et le poids total. C’est chez cet animal que les injections d'encre de Chine dans le vitré ont été retrouvées dans-Ie nerf optique par Ulrich, Deutchmann, Nuel et Benoît. Mais il faut ajouter que ces résultats ont été observés chez cet animal seulement,
La déduction que pareils faits peuvent s’appliquer à - l’homme et au chien est fausse. Nuel et Benoît nous ont éclairés à ce sujet, et, dans leurs injections d’encre, soit sur des malades qu'on devait opérer de glaucome, soit sur des représentants de la race canine, ils n’ont jamais vu aucune particule noire ni dans le nerf, ni dans ses gaines.
Il faut donc en conclure que le lapin, mammifère du reste assez inférieur, présente une organisation spéciale. A cela on peut ajouter que son système de vascularisation rétinienne étant tout autre que celui des animaux plus haut que lui dans la série, il n’y a rien d'étonnant que son organisme lymphatique soit aussi dissemblable.
En éliminant le lapin, et en n’acceptant que sous toutes réserves les résultats obtenus avec lui, on retrouve la question de la circulation interstitielle du nerf optique presque au même point où l’avait laissée Schwalbe, Axel Keyet Retzius après leurs injections anatomiques. Les recherches de Schôüler sur les yeux humains fraichement énucléés,ont en effet le défaut des expériences réalisées, non seulement post-mortem, mais encore avec des instruments monométriques qui accusent bien une filtration, mais sont dans l'impossibilité d'indiquer où elle se fait, et si elle n’est pas le simple fait de diffusion
pure et simple du liquide intra-oculaire sur un œil privé
de sa tension vasculaire et de son influx nerveux. Au demeurant, comme on peut toujours trouver dans la littérature même, des expériences qui en infirment d’autres, on peut citer à ce propos celles de Leber démontrant qu’un liquide coloré injecté même sous-pression dans le vitré n’a jamais été vu filtrer au dehors de l’œil, ni dans le nerf optique, ni même dans les gaines périvasculaires des veines vortéellées. ï
Du reste, ainsi que nous l’avons déjà dit, lorsqu'on examine la raison première des recherches des auteurs, on voit qu'ils se sont appliqués surtout à. trouver des voies d'élimination des liquides de l’œil, en partant de ce principe qu’il devait y avoir un courant constant intrabulbaire et ne perdant jamais de vue la pathogénie du glaueome pour lequel d'innombrables ihéories ont été émises sans qu'aucune d'elle ait pu rallier l’assentiment presque général. Bien que ces multiples tentatives aient amené des résultats intéressants pour les procès ciliaires et l’angle irido-eornéen, en ce qui concerne les lymphatiques du nerf optique chez l’homme, nous en demeurons aux données anatomiques déjà anciennes, ei puisque nous ne pouvons accepter que comme indications les résultats obtenus sur le lapin vivant, nous devons avouer être mal éclairés sur ce point.
Ces considérations nous ont donné l’idée de vérifier avec d’autres procédés les injections de Schwalbe, d’Axel Key et Retzius, de Michel, de Knies. Nous inspirant d’autre part des intéressants travaux de Guillain sur la moelle à l’aide d’encre de Chine, nous avons
appliqué sur le nerf optique de chiens les mêmes
méthodes. Pour cela nous injectèmes directement la substance pulvérulente non pas dans le vitré mais dans le tronc lui- même désirant nous rendre compte non pas. de l'existence d’un courant de l'humeur aqueuse ou du vitré, mais de celles de fentes lymphatiques proprement
dites décrites dans ce nerf.