‹ Contribution à l'étude de la Circulation Artérielle et Lymphatique du Nerf Optique et du ChiasmaChapitre 27 sur 40 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Injections du nerf optique avec la masse de Gerota. > Technique.

Les techniques suivies pour arriver à l'injection des fentes interstitielles du nerfoptique,pourles auteurs qui se sont occupés de cette question sont au nombre de deux principales. Celle de Schwalbe et de ses imitateurs, Smith-Rimpler, Michel, Knies, et celle d’Axel Key et Retzius. ;

Schwalbe (1) utilisa une solution aqueuse contenant en suspension une proportion assez forte de bleu de Prusse (Berlinerblaù). A cette solution, il ajoutait pour l’élendre une certaine quantité de sérum physiologique (Kochlôsung). La pression employéeétait de 20 m/m Hg. pendant huit à dix minutes, puis de 60 à 80 m/m pendant quatre à cinq minutes. Il piquait directement sous la pie-mère.

Knies qui fit pénétrer son injection jusqu’au chiasma

1. Schwalbe. Untersuchungen uber die Lymphbanen des Auges und Ihre Begrenzungen. Arch f. Miskrosk Anat. Bd. VI, 1869 et 1870,

et aux bandeleites prenait un cadavre humain aussi frais que possible. Il enlevait Les yeux, le nerf optique, ie chiasma et les bandelettes en mème temps que la portion cérébrale de la base y attenant. Il plaçait ces organes détachés, dans une cuvette contenant une solution salée à 0,50 0/0. Lenerf optique était coupé au ras de son insertion bulbaire, puis un instrument pointu était introduit dans son axe pour préparer la voie. Il évitait ainsi, disait-il, ce qui se produit avec une séringue de Pravaz, soit une effraction du côté des faisceaux nerveux, soit l’oblitération de la canule elle-même. Il y enfonçait ensuite une canule msusse à laquelle le nerf était solidement lié. Le tout était mis en communication par ajutage et tuyau de caoutchouc avec un ballon rempli de solution de bleu, comme Schwalbe. Dans cet appareil, semblable à celui employé pour les injections de sérum il soufflait de l’air avec une poire et augmentait ainsi sa pression, qui pouvait tenir, disait-il, pendant deux heures.

Axel Key et Retzius donnent extrèmement peu de détails sur leur façon de procéder. Comme matériel ils se sont servis surtout de cadavres humains, et c’est le résultat de ces injections qu'ils présentent. Ils ont eu recours cependant à d’autres animaux et on rencontre dans leurs descriptions des allusions concernant le mouton, le veau, le porc ou le chien.

La plupart de leurs expériences ont été réalisées avec des solutions à base de bleu de Richardson. Comme celles de Schwalbe c'étaient des solutions aqueuses iden-

tiques à celles préconisées du reste par Ranvier. Ce qui

fait cependant la différence des méthodes entre celles de Schwalbe et les leurs,c'est qu'ils furent les premiers, semble-t-il, à recourir à des liquides plus pénétrants, tels que les solutions d’asphalte en suspension dans du chloroforme. C’est après avoir eu recours à ce mélange qu'ils décrivirent les gaines vasculaires dans la rétine.

En ce qui concerne nos essais personnels,nous avons utilisé la méthode de Gerota (1) dont la masse infiniment plus pénétrante que les solutions aqueuses fut introduite en France, il y a quelques années, par Cunéo (2) pour réaliser l’injection des lymphatiques de l'estomac, et, sur son conseil servit à Guillain (3) pour les sciatiques du chien.

La masse de Gerotaest constituée par un mélange de térébenthine et d’éther auquel on ajoute soit du bleu de Prusse, soit du cinabre, de l’orcanette ou du noïr de bougie.

Le choix de Ja couleur a une grande importance. Il faut que son pouvoir tinctorial soit fort, qu’elle ne diffuse pas, et qu'elle soit bien visible à l'examen microscopique. Le cinabre est lourd, il tombe rapidement, et n’estpas bien vu sur des coupes d'épaisseur moyenne surtout coloriées.L’orcanette, le noir de bougie peuvent servir, mais rien ne vaut le bleu de Prusse dont la

puissance tinctoriale est considérable. C’est du reste

1. Gerota. Zur Technik der Lymphgefässingection. Eine neue Injectionsmasse für Lymphgefässe. Polychrome injection Anat. Auzeiger, 1896, t. XIL, n° 8, p. 216.

2, Cunéo. Les lymphatiques de l'estomac, etc. Th. Paris, 1899.

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