‹ Contribution à l'étude de la Circulation Artérielle et Lymphatique du Nerf Optique et du ChiasmaChapitre 30 sur 40 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Expériences personnelles sur les animaux vivants.

En refusant d'accorder aux injections anatomiques une valeur démonstrative quelconque pour résoudre la question des fentes lymphatiques du nerf optique, nous ne saurions pourtant dès à présent nier l’existence de ces espaces. Nous nous sommes bornés à faire la critique du procédé sans toucher à la conception physiologique de ces voies très peu connues, Au demeurant, le nerf optique posséderait,malgré sa structure spéciale,des fentes semblables à celles que Friedmann, Obersteiner, Palatino, Klebs, Rossbach, Schwalbe, Guillain ont mentionnées plus récemment dans les nerfs périphériques.

Les méthodes expérimentales sur lesquelles s’appuient ces auteurs sont au nombre de deux principales :

1° Injections sur un animal vivant de micro-organismes susceptibles d’être entraînés par le courant de la lympbhe ; À

2° Injections in situ de substances pulvérulentes aseptiques.

Le premier procédé fut, entre autres expérimenta-

teurs, employé plus particulièrement par Howen et Laitinien dans leurs expériences que nous avons déjà mentionnées sur le lapin. Ils découvraient le sciatique de ces animaux, injectaient dans le nerf une goutte ou deux d’une culture de sireptocoques, et quelques heures après retrouvaient les micro-organismes dans les voies lymphatiques des nerfs (?), dans les ganglions spinaux, les racines rachidiennes et la moelle elle-même. En ce qui concerne le nerf optique, semblable procédé paraît avoir été employé par Nuel et Cornil sur le mème animal. Il s'agissait d'une injection dans le vitré de streptocoques qui furent retrouvés surtout dans l’espace intervaginal.

Il est vraiment malheureux cependant que les expérimentateurs se soient toujours servis de ce mammifère qu'il est évidemment très facile de se procurer mais dont les voies périvasculaires et périfasciculaires ne sont nullement semblables à celles du chien, du chat, de l’homme.

Nous avons cependant voulu faire à cesujet quelques essais en injectant la culture, non pas dans le vitré mais dans le tronc optique lui-même. Nous nous sommes servis pour cela d’une culture de streptocoques fraiche, entraînée sur le lapin et provenant du labora-

toire Besredka de l’Institut Pasteur.

Expérience N° 1.

Lapin de 2 kgr. 370. Une résection de 3 à 5 millimè-

tres de largeur du rebord orbitaire est pratiquée du

côté droit afin de pouvoir pénétrer jusqu'au nerf optique. Le globe est attiré en avant avec un gros crochet mousse passé sous le nerf. Avec une aiguille très fine et uneseringue à vis, nous faisons pénétrer dans le nerf optique une goutte de la culture. La plaie est tamponnée et l’animal laissé en repos.

Quinze heures après, l'animal est dans un état de prostration qui ne laisse aucun doute sur son degré d'infection générale. Il est cependant sacrifié.

Le tissu péri-nerveux est œdématié et tous Les organes orbitaires sont hyperhémiés fortement. L’examen histologique montre que les micro-organismes ont envahi un peu partout. On en trouve dans le vitré, dans le nerf, disseminés sans ordre, et dans les gaines.

Enfin le sang recueilli dans le cœur, et ensemencé sur de la gelose d’ascite, reproduit une culture pure de

streplocoques.

Expérience N° 2.

La culture employée est, cette fois-ci, ancienne de quatre jours. Lapin de 2 kgr. 800. Même procédé de résection du rebord orbitaire et injection dans le nerf d’une goutte de liquide. L’animal est sacrifié dix heures après; le globe et le nerf fixés aussitôt.

L'examen microscopique montre qu'ici encore, les micro-organismes ont diffusés d’une manière très irrégulière. On en trouve dans le. nerf non loin de l'endroit inoculé. Plus loin, il n’y en a que fort peu. En revanche on en trouve beaucoup dans l’espace intervaginal et

dans le vitré.

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