Guillain. Loco cilato. Revue de neurologie
ze 400 lapin seulement, obtenir ls passage des granulations dans le nerf.
Extrèmement instructif est à cet égard le travail de Nuel et Benoît: Ces auteurs, après avoir expérimenté de nouveau sur cet animal, trouvèrent l'encre partiellement pénétrée dansle nerfoptique. Une partie de cette encre avait fusé autour des vaisseaux centraux leur consliluant un fourreau noir dans toute l’étendue de leur passage dans le nerf. L'autre s’écartait de ce der-
nier PAFCOUES pour rayonner plus loin jusque sons la gaine piale dans les fentes périfas-iculaires.
Dans toutes ces recherches, les granulations étaient absolumeni libres, et non ingérées par des leucocytes. Ces mêmes auteurs ajoutent ensuite.
« Riende pareil cependant ne semble se produire chez Les autres animaux soumis à nos expériences sans en except2r l’homme.
\ Sauf pour le lapin il n'y à pas trac? de granulations d'encre de Chine dans l° nerf optique, ni même d'accumulation véritable au-devant de la papille. Du reste, il n'existe pas ch°z eux des fentes autour des vaisseaux centraux comparables à celles du lapin. Aussi, en dehors de cet animal soit chez le chien, le” chat, l'homme, si ce cotrant existe il doit être extrémement faible. O7 1e peut donc s'appuyer sur ces expériences en,ce qui concerne la pathogéni: du glaucome dit postérieur de même pour la théorie migratrice de l’ophtalmie sympathique (1). »
1. Nuel et Benoît. Loco cilato. Archives d'ophlalmologre, avril 1900.
Magitot 9
Ces lignes sont explici.es. Cependant, dans un but de contrôle, avant d'entreprendre nos injections dans le tronc optique lui-même nous avons voulu répéter sur le chien, les expériences de Nuel et Benoit, en attendant,
avant de sacrifier l'animal, un temps plus long.
Expérience N° 1.
Jeune chien de 10 kgr. 500. Injection avec toutes les précautions aseptiques désirables d’une goulte d’encre de Chine’ dans le vitré. Pour éviter une hypertension, si légère soit-elle, nous avions pratiqué immédiatement auparavant une ponction de la chambre antérieure. L'aiguille introduite dans le corps vitré avait été, d’autre part, enfoncée assez profondément afin d'approcher autant que possible la région du canal hyaloïdien, et éviter que l’encre ne reslât cantonnée à la périphérie. De plus, nous nous sommes efforcés de rester à peu près à égale distance entre le cristallin et la papille.
Douze heures après, l'œil est énucléé, fixé selon les règles avec du formol et inclus consécutivement dans la celloïdine avec soin. La portion du nerf attenant au bulbe est de 18 millimètres environ.
Examen histologique :
Les coupes sont au préalable soumises à l’action d'une solution de permanganate à 0,75 0/0 pendant vingt-quatre heures puis plongées dans une autre solution d’acide oxalique à 1/300, afin d’obtenir la décoloration de tout pigment. Elles sont examinées non colo-
rées puis colorées, afin de pouvoir mieux percevoir les
granulations d’encre les plus fines en évitant de rendre l'interprétation plus difficile par la teinture foncée des noyaux.
* L’encre est venue s’accumuler surtout sur la face postérieure du cristallin. On ne peut en percevoir aucune accumulation devant la papille. Les vaisseaux rétiniens sont exempts d’inflammation, et dans les gaines lymphoïdes qu'on leur a décrit on ne peut percevoir non plus aucune trace de granulations. L’encre a fusé dans la chambre antérieure, mais est venue s’accumuler dans des espaces du ligament pectiné sans qu’on puisse en rencontrer encore dans l'humeur aqueuse. Ces trainées sont fixes.
Enfin dans le nerf optique, malgré des recherches attentives et répétées sur de nombreuses coupes, il nous a été impossible de déceler du noir de fumée dans quel-
que région que ce soit, aussi bien dans les espaces
périfasciculaires que dans les périvaseulaires.
Expérience N° 2.
Chien de 13 kilogrammes. De mème que pour le précédent et avec les mêmes procédés, injection dans le vitré d’une goutte d'encre de Chine. Énucléation six heures après en #1"lant environ 10 millimètres de nerf.
Examen histologique :
De même ici, nous avons encore une accumulation de l'encre derrière le cristallin. Il est bien difficile cependant de dire s’il y en a plus ou moins que dans le
cas précédent.
Aucune accumulation devant la papille. Mèmes trainécs dans la région, de l’angle irido-cornéen. Rien autour des vaisseaux réliniens.
Enfin, dans le nerf optique, absence absolue de grains d'encre. |
Ainsi donc, dans ces deux expériences et confirmant en cela les mèmes recherches de Nuel ét Benoit sur le chien, nous n'avons trouvé aucune granulation d'encre de Chine, ni dans le nerf optique, ni dans ses gaines. Les espaces périvasculaires nous ont paru complètement indemnes et nous n’avons trouvé de trainées noires que du côté de l'angle irido-cornéen et en arrière du cristallin. Reste à savoir si certaines particules extrèmement fines de noir de fumée avaient pu échapper à nos investigations. |
il est en effet des cas où il est bien difficile, malgré le soin apporté au nettoyage des coupes, de décider si on se trouve en présence d’un véritable grain d'encre ou sion a simplement sous les yeux une minuscule poussière. De plus, on doit logiquemert aussi supposer que le rasoir a pu entraîner loin de leur situation primilive quelques granulations. Si donc on peut se baser sur la présence au même endroit de plusieurs corpuscules, il ne faut attacher aucune importance à ceux que l’on
voit isolés.