‹ Contribution à l'étude de la Circulation Artérielle et Lymphatique du Nerf Optique et du ChiasmaChapitre 5 sur 40 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Artères du nerf optique du chiasma et des bandelettes

Le nerf optique comme émanation du thalamencéphale devait à son origine encéphalique de posséder une distribution vasculaire modelée sur celle du cerveau. La ressemblance est donc grande quoique non parfaite, car il n’y a ici ni substance grise, ni couches de cellules pyramidales.

Nerf optique, chiasma et bandelettes sont recouverts par la pie-mère identique à celle du crâne, c'est-à-dire réduite à «l’Intima ». Seules, les faces du chiasma et celles des bandelettes adhérentes à la base du cerveau en sont dépourvues. Comme pour les circonvolutions, les artères destinées aux voies optiques inférieures ne se rencontrent pas dès leur origine pour pénétrer dans la substance nerveuse à laquelle elles sont cependant destinées. Elles aboutissent à un réseau pial extrêmement riche et très ténu qui étale ses mailles jusqu’au niveau de l'insertion bulbaire du nerf optique. Cependant

malgré son identité, ce réseau est un peu différent pour

le nerf intra-obitraire et le nerf intra-cranien. Situées au niveau du chiasma sur la face externe de la pie-mère où elles sont maintenues par des lamelles du tissu sous arachnoïdien, les artérioles pénètrent davantage la tunique fibreuse au niveau des nerfs optiques proprement dits. Cette disposition s’accentue encore dans la zone intra-orbitraire du nerf, si bien que sur une coupe transversale de cette région on voit les vaisseaux franchement contenus entre les faisceaux de la pie-mère dont la face externe reçoit l’insertion des si fortes colonnettes conjonctives d’origine durale.

Les mailles du réseau optique étant donné le faible volume de l’organe peuvent paraître au premier abord constitué par des vaisseaux d’égal volume. Il n’en est rien cependant. Comme pour les circonvolutions il y a là, en quelque sorte, deux réseaux, l’un inscrit dans l’autre. Le plus grand possède des mailles formées par les artérioles d'assez grosses dimensions, le second est constitué par les ramifications du premier. Ces dernières branches peuvent être si fines et si ténues qu'il faut avoir recours à une forte loupe pour les voir.

Toute la portion intra-cranienne du réseau optique est alimentée par de nombreuses artères différentes selon son orientation. Il est indubitable que les ramifications de ce réseau communiquent entre elles, par fusion bout à bout d’artérioles de sources différentes. Nous verrons cependant que s’il en est ainsi extérieurement, il semble en être tout autrement dans l’intérieur du nerf.

Au niveau du trou optique, le tronc nerveux reçoit

comme enveloppe supplémentaire la gaine durale qui

ira s’insérer sur la sclérotique. Comme son homologue au rachis et au crâne cette tunique possède relativement . peu de vaisseaux. Aussi, lorsqu'on se borne à examiner un nerf dans sa portion orbitraire peut-on croire à un insuccès absolu de l'injection. Il suffit alors de fendre la membrane dans sa longueur et de l’écarter pour se convaincre que sous son épaisseur protectrice la piemère possède une très riche vascularisation. Lorsqu'on a procédé à cette opération en même temps qu’on a dégagé la portion resserrée du nerf qui traverse le conduit osseux on peut également se rendre compte que ce réseau, si riche dans le crâne et dans l’orbite, est réduit là à un minimum. Les canalicules artériels sont d’une finesse extrême comme si les adhérences de la duremère (qui joue le rôle de périoste) y avaient déterminé une pression. Pourtant cette compression n’est qu'apparente puisqu’'à cet endroit existe fréquemment un confluent veineux se jetant dans un tronc principal décrit par Kubnt et destiné au sinus caverneux.

Quoi qu’il en soit, ce réseau de la pie-mère vasculaire ne joue qu’un rôle de réservoir destiné à répartir équitablement le sang. Lui-même est alimenté par des branches plus fortes, émanées directement des grosses artères de la base. L'irrigation des voies optiques inférieure n’est, en effet, qu’un épisode de l’histoire de la carotide interne, dont le territoire extraordinairement vaste englobe tout le cerveau. L’œil et son nerf n’échappent pas à cette loi puisqu'ils sont tous deux une émanation du thalamencéphale ayant entraîné avec elle des vaisseaux.

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Cette extériorisation de l’organe visuel explique donc pourquoi les artères chiasmatiques sont courtes et les artères du globe très longues. Ce sont ces vaisseaux

que nous allons maintenant décrire.

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