‹ Contribution à l'étude de la Circulation Artérielle et Lymphatique du Nerf Optique et du ChiasmaChapitre 6 sur 40 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Artères du chiasma

. Nous ne nous arrêterons pas à décrire la configuration du chiasma optique. Bornons-nous à rappeler qu’ilest aplati de haut en bas, en contact intime par sa face supérieure avec la portion antérieure du corps calleux et les racines des lobes olfactifs, tandis que sa face inférieure, comme l’a déjà fait remarquer depuis longtemps Panas, est écartée du sphénoïde d’au moins un demi-centimètre. Outre ces deux faces qui sont les parties larges de l’organe, le chiasma possède un bord postérieur adhérent à la base du cerveau prolongement inférieur du troisième ventricule,un bord antérieur angu- . laire situé dans l’écartement des deux nerfs optiques, et enfin deux bords latéraux à concavité externe très prononcée. Les gros troncs qui vont fournirles artères chiasmatiques sont à proximité. La carotide interne sortie du sinus caverneux longe son bord externe, puis émet presque aussitôt la cérébrale antérieure qui, continuant la direction ascensionnelle du trone mère, contourne les bords latéraux, et, dès lors,en rapport avec la face supérieure du chiasma, s’en va à la rencontre de son

EL VAE homologue du côté opposé s’unissant à elle par la communiquante antérieure.

Rappelons encore que la face inférieure du chiasma se trouve latéralement en contact avec la communi-

quante postérieure qui va contribuer à former le cercle artériel de Willis, et nous avons dès lors le cadre de vascularisation de cette région optique.

La face supérieure du chiasma est irriguée par des branches provenant des deux cérébrales antérieures, et, malgré des différences individuelles toujours possibles enmatière de vascularisations particulièrement lorsqu'il s’agit d'organes de faible volume, il nous a paru qu’il y avait un type général presque constant.

Les artères de cette face sont au nombre de quatre principales, naissant par paires de chaque cérébrale antérieure. Ces vaisseaux se dirigent en bas et en avant situés à leur origine à 4 ou 7 millimètres au-des-

sus de cette face supérieure, et très rapidement prennent contact. Ils émettent alors aussitôt des collatérales en dehors et en dedans, qui, se ramifiant, vont à la rencontre l’une de l’autre et contribuent à former le réseau pie-mérien de cette région. Pendant ce temps, les troncs originels continuent à descendre et atteignent laracine des nerfs optiques. De ces deux branches d’un certain volume, la plus externe est certainement la plus considérable. Arrivée sur la face supérieure des troncs nerveux, elle continue son chemin en gagnant peu à peu le bord interne du nerf. Elle y parvient au moment où il disparaît dans le trou optique. L'autre branche, la plus interne, arrive rapidement sur le bord antérieur, Magitot 2

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du chiasma, le contourne et se résoud en branchioles terminales qui alimentent le réseau inférieur.

Ces quatre artères, deux à droite et deux à gauche, sont le plus souvent accompagnées d’artérioles plus fines provenant, soit de la communiquante antérieure lorsque celle-ci est assez longue, soit des cérébrales antérieures: lorsque cette anastomose transversale est réduite à sa plus simple expression. Parfois enfin ces petits vaisseaux augmentent. de nombre et on a, non plus quatre artères supérieures, mais six ou sept. Ceci est au détriment des quatre premières qui, malgré tout, représentent le type normal.

Du côté adhérent du chiasma, c’est-à-dire sur le troisième ventricule, il existe également quelques branches plus fines qui, elles aussi, se détachent des cérébrales antérieures mais en arrière des artères que nous venons

de décrire. Pour voir ces petits rameaux, il faut attirer Jes cérébrales antérieures en avant. On perçoit alors un nombre variable d’artérioles se détachant de la face postérieure de ces deux gros troncs. Ces vaisseaux, très inconstants dans leur origine, peuvent aussi provenir des quatre artères de la face supérieure du chiasma, et il arrive que leurs divisions pénètrent directement dans la substance de la base cérébrale au-dessus des lames sus-optiques.

Les bords latéraux du chiasma sur la concavité desquels s’applique la carotide interne sont irrigués par des artérioles au nombre de deux ou trois, nées séparément ou par un même tronc bi ou trifurqué. Leur

trajet est court, leur destination étant toute proche.

A 490 Leurs branches terminales passent, les unes sur la face supérieure, les autres sur la face inférieure, concourant à la formation du réseau pie-mérien.

La face inférieure du chiasma, est d’autre part, par ses racines postérieures en contact avec la communiquante postérieure, et la choroïdienne antérieure. Ce sont ces deux artères qui alimenteront cette face. Le tronc le plus important est issu le plus souvent de la communiquante postérieure. Il aborde l’organe à la racine des bandelettes dirigé en dedans et en avant, passe sur la face inférieure chiasmatique non loin du bord postérieur et après avoir décrit une courbe, va s’anastomoser avec son homologue du côté opposé. Il abandonne un rameau assez gros, qui, traversant cette face

inférieure, se dirige vers le bord antérieur. Ces deux branches se résolvent en une infinité de petites qui alimentent le réseau de la pie-mère. Cependant, bien que venant le plus ordinairement de la communiquante postérieure le tronc commun de ces deux branches peut provenir directement de la carotide interne. Ce fait est soumis au développement du polygone de Willis qui peut être d’un débit extrêmement faible. Il est très fréquent aussi de lui voir une origine commune avec l'artère, de la tige pituitaire qui descend vers l’hypophyse. Quant à la choroïdienne antérieure qui irrigue les bandelettes, elle n’alimente que les extrémités postérieures et inférieures du chiasma.

Le système capillaire interstitiel du chiasma est difficile à obtenir en entier et cela est d’autant plus à no-

ter que le réseau pie-mérien macroscopique se remplit

facilement. Ici encore, c’est le côté de la carotide qui a recu l'injection qui, seul, peut nous montrer des capillaires bien remplis. Par ailleurs, les artérioles seules, renferment de la couleur.

Sur une coupe transversale on constate un nombre assez grand de vaisseaux d'assez grosse taille qui rentraversent l'organe, et qui, pour la plupart, sont des veinules. Cet aspect s’accentue à mesure qu’on se rapproche de la racine des bandelettes, mais on est surtout frappé par l'aspect extrèmement onduleux de tout ce système vasculaire: artérioles, capillaires, veinules, tous sont plus ou moins tordus en tire-bouchons, condition évidemment due à la nécessité de contourner les fibres nerveuses par étages.

Au chiasma comme à la bandelette et au nerf optique les artérioles émanent de la pie-mère pénètrent rapidement dans la substance nerveuse. Les unes, longues et assez volumineuses, plongent directement vers le centre en émettant généralement des branches qui s’écartent presque toujours à angle droit du tronc originel. Finalement, et c’est là une règle presque générale, elles se terminent par deux rameaux, assez volumineux, bifurqués en T qui courent le long du système fibrillaire. Les autres, plus courtes, se divisent aussitôt leur Pénétration en deux ou trois branches, très rarement davantage. Il s’ensuit là une sorte de trifurcation dont les deux dents latérales s’écartent perpendiculairement de la branche médiane. Cette dernière continue à descendre, émet encore par paires d’autres rameaux, qui

vont presque toujours l’une dans un sens, l’autre dans

l'autre, et en dernière analyse s’épuise non loin de la surface en des branches extrêmement ténues.

Sur des coupes transversales, la direction des vaisseaux est variable. fl est cependant exceptionnel d’en voir d'une certaine longueur, presque tous étant coupés transversalement. Seul, le centre renferme quelques ramuscules un peu plus longs qui, sans doute, suivent les fibres croisées.

Les coupes horizontales, par contre, montrent bien la disposition du réseau capillaire. C’est ainsi qu’on voit les plus grosses artérioles pénétrer d'avant en arrière sur la face antérieure de l'organe, dans l’angle formé par l’origine des deux nerfs optiques. Il n’est pas rare de voir celles-ci traverser tout le chiasma pour se terminer dans les racines des bandelettes. Beaucoup plus courtes, au contraire, sont celles qui arrivent par les bords latéraux.

La différence de vascularisation du nerf optique et du chiasma se perçoit bien sur de telles coupes. Les mailles du réseau sont sur ce dernier beaucoup plus lâches et larges et il semble que la diminution considérable et brusque du tissu conjonctif en soit la principale cause. Enfin du côté des lames sus-optiques, il est à noter qu'aucun vaisseau ne pénètre normalement par le récessus, et la substance nerveuse de celte région est irriguée par les artérioles qui proviennent, soit de la

face supérieure soit de l’inférieure.

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