‹ Contribution à l'étude de la Circulation Artérielle et Lymphatique du Nerf Optique et du ChiasmaChapitre 7 sur 40 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Artères du nerf optique

La vascularisation du nerf optique, bien qu’elle soit en grande partie due à l'artère ophtalmique, ne lui est pas soumise entièrement et on doit faire une distinction entre la portion intra et extra-cranienne du nerf.

Dans le crâne, le trône optique a un territoire qui lui est commun avec le chiasma. Aplati comme lui, on peut lui décrire deux faces, l’une supérieure, l’autre inférieure, ayant chacune leur réseau péri-mérien alimenté par des artères assez volumineuses.

La face supérieure est fournie par quatre fortes branches paires et symétriques, qui naissent par deux troncs de chaque cérébrale antérieure et abordent directement le chiasma. Nous avons déjà dit, cependant, que ce sont les deux plus externes qui se prolongent sur la face supérieure des nerfs optiques. On les voit ainsi s’incliner peu à peu en dedans et venir s’épuiser autour de l’orifice interne du trou optique. Les rameaux qu'elles donnent sont les uns externes, les autres internes. Ce sont eux qui constituent les grosses mailles du réseau

pial, s’anastomosant en arrière avec les terminaisons

re des artérioles du chiasma et sur les côtés avec celles venues de la face inférieure du nerf qui débouchent sur les côtés. ! ,

La face inférieure du tronc optique, d’abord assez éloignée du sphénoïde tend à s’en rapprocher de plus en plus. Elle est longée sur son bord externe par l’artère ophtalmique. Il est cependant à noter qu’il est rare de voir cette grosse artère, pourtant spécialement destinée aux organes orbitaires, abandonner dans son trajet intra-cranien des rameaux pour un organe qu’elle contribuera pourtant ensuite à vasculariser. Cette face, en effet, est irriguée par une artériole principale qui provient directement de la carotide interne. Son volume est peu considérable. Elle se dirige de bas en haut et de dehors en dedans, aborde le nerf et se résoud presque aussitôt en branches terminales qui s’anastomoseront par le réseau pie-mérien avec le territoire du chiasma, avec celui de la face supérieure du nerf et descendront, en devenant de plus en plus fins, vers le trou optique.

Bien que l’origine de ce vaisseau soit, en général, au tronc même de la carotide au-dessus de l’origine de l’ophtalmique, il arrive qu’il naît de la communiquante postérieure. Elle peut aussi provenir, mais plus rarement, de l’origine de l’ophtalmique.

Ainsi vasculärisé, le nerf optique atteint le trou osseux qui lui livre passage pour entrer dans l'orbite et devenir extra-cranien. À ce niveau, il se produit deux changements importants ; c’est d’une part, l’invagina-

tion de l’arachnoïde et de la dure-mère qui s’extériori-

Frqure I. — Adulte.

Cette figure montre la carotide interne sectionnée au moment de sa ‘* terminaison et donnant en arrière la Communiquante postérieure, en ‘ dehors la Sylvienne et en avant la Cérébrale antérieure. : En arrière du côté droit en voit entre la Communiquante postérieure et la Sylvienne, la Choroïdienne qui est l'artère de la bandelette. Du côté gauche on voit la Carotide émettre les branches destinées à la face inférieure du chiasma, et l’artère hypophyso-chiasmatique.

Fiqure II, — Enfant.

Cette figure montre l'irrigation du nerf optique et son réseau piemérien. Sur la face supérieure du chiasma se voient les artères venant des deux Cérébrales antérieures.

Dans l’orbite du côté droit la gaine durale a été conservée, mais l’artère ophtalmique est coupée au moment où elle surcroise le nerf.

Dans l'orbite gauche la ‘gaine duralé a été excisée et on voit le réseau pial renforcé par les artérioles plus grosses que l’on voit surgir surtout le long du bord externe du tronc optique.

L’ophtalmique est également sectionnée dans sa houcle au-dessus du nerf. d

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sent toutes deux avec le nerf, d’autre part le contact intime qui a lieu avec l’artère ophtalmique.

Dans ce conduit osseux, le nerf est extrèmement serré. De plat qu'il était, il s’arrondit et se tasse. Les enveloppes lui adhèrent intimement et le fixent d’autant plus au trou cranien que la dure-mère, remplit encore, à cet endroit, le rôle de périoste. Par-dessus le tout viennent enfin s'ajouter les insertions de presque tous les muscles de l’œil et spécialement l’une des branches du tendon de Zinn.

Cet état de semi-compression du tronc optique paraît modifier la qualité de son réseau vasculaire. Les mailles qui le constituent sont d’une extrême finesse et il est rare d'arriver à le remplir même partiellement par les injections les plus pénétrantes. Enfin, il est généralement

cet endroit en contact avec l’artère ophtalmique qui,

à dans les cas normaux (1), occupe la région inféro-ex-

1. L'artère ophtalmique est soumise à des variations d’origine dont la plus importante est sa naissance d’une branche de la maxillaire interne, la méningée moyenne. Cette anomalie sur laquelle Tiedmann, Blandin, Dubrueil, Luschka, Cruveilhier, ont depuis longtemps attiré l’attention a été plus récemment discutée

ar Mayer (Morphologisches Jahrbuch, 1887, p. 435) qui l’a ne PR en dissections. Elle n'a ne ee la même valeur. Tantôt l'artère provient par un seul tronc de méningée en passant par la fente sphénoïdale à côté de la veine, tantôt à cette origine vient s’ajouter une racine née de la carotide interne. On peut observer alors de multiples variétés, selon le volume de l’un ou de l’autre de ces vaisseaux, la racine méningée devenant, selon les cas, soit le tronc mère, soit une simple anastomose. A côté de cette anomalie fréquente on peut placer celle, extrêmement rare, où l’ophtalmique vient de la tempo-

terne du trou osseux (1). Cependant, ce vaisseau est situé dans le crâne sous la dure-mère, et est destiné dans l'orbite à devenir extra-dural. Il faudra done qu’il perfore cette tunique fibreuse épaisse pour se libérer. Ce fait se produit dans le trou optique ou immédiatement après. |

Mayer dit à ce sujet que la dure-mère est à cet endroit divisée en deux feuillets l’un servant de périoste, l’autre de chemise au nerf. Aussitôt l’orifice osseux traversé, ces deux lames fibreuses s’accoleraient de nouveau. L’artère ophtalmique ne perforerait d’abord que l'interne, donnerait l'artère centrale de la rétine et finalement deviendrait libre en traversant le feuillet externe (2). Cette assertion nous paraît inexacte. La dure-mère peut bien se diviser en deux lames, l’une enveloppe du nerf, l’autre périoste du trou optique se continuant avec le périoste orbitaire. Ces deux feuillets ne s’accolent pas de nouveau et il en est ici de même que pour le trou occipital, la gaine durale se dédoublant pour constituer d’une part le périoste intrarachidien, d’autre part la tunique externe de la moelle. Ce tissu fibreux qui englobe l’ophtalmique et fixe l’ar-

rale profonde antérieure à travers la fente sphéno-maxillaire. Ici encore il s’agit d’une des branches anormalement grosse de la maxillaire interne.

1. Il y a également eu des discussions pour savoir où passait exactement l’artère ophtalmique, les uns disent directement en dessous, les autres en dehors. Nous ne mentionnons que pour mémoire ces divergences de vue qui manquent d’intérêt.

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