GÉRAUDEL
du parenchyme hépatique est un vieil héritage laissé par les anciens médecins de Vichy à leurs successeurs; mais on ne conférait pas alors à cette donnée clinique une portée autre que celle qu’elle comportait.
Le fait d'observer, au cours d’un phlegmon du pli du coude par exemple, une réaction d’inflammation et de tuméfaction de la région lésée, ne fera pas conclure à une indépendance de cette région. par rapport aux segments sus et sous-jacents, bras et avant-bras, qui pourront ne présenter aucun signe de réaction inflammatoire. On constatera qu'il s'est fait, au point primitivement atteint, une réaction de défense, que cette réaction de défense s’estmanifestée avec ses symptômes habituels d’inflammation èt de tuméfaction, et que ce processus morbide pourra gagner de proche en proche ou rester localisé.
Pourquoi ne pas admettre pour les lobes du foie ce que l’on constate journellement pour le reste de l’organisme ? Un principe pathogène a gagné un des lobes du foie, s'y est localisé et a provoqué, de la part du parenchyme environnant, une réaction de défense. Que ce principe pathogène dépende d’un état infectieux chronique de l'organisme, la réaction de défense se prolongera, et nous assisterons à ces congestions monolobaires passives qui sont la signature hépatique de certains états pathologiques. Que ce principe pathogène, au contraire, dépende d'un état infectieux aigu et momentané, la congestion sera active et pourra régresser sous l'effet de la cure hydriatique ainsi que tous les médecins de Vichy ont l’occasion de le constater.
Les congestions isolées du lobe carré, signalées par les partisans de l'indépendance lobaire absolue, au cours de la lithiase biliaire, n’éclairent-elles pas d’un jour tout particulier la thèse que nous soutenons ?
L'arbre biliaire est atteint, le parenchyme environnant, en l'occurrence le lobe carré, manifeste une réaction de défense et cette réaction se traduit par une congestion de ce lobe sans retentissement sur le reste de l'organe ; doit-on faire intervenir, pour expliquer ce phénomène, l'idée d’une indépendance anatomique ou fonctionnelle de ce lobe et n'est-il pas plus logique d'admettre, qu’en présence de l'infection, les tissus voisins seuls ont réagi, d'abord sous l'effet des toxines et ensuite pour sauvegarder leur intégrité ?
En un mot, la clinique ne peut démontrer de plano l'existence d’une constitution anatomique créant une indépendance absolue entre les lobes du foie, attendu qu'une indépendance relative, qui n'est même pas discutée, suffirait, à elle seule, à expliquer ces cas de congestion monolobaire s'il en était besoin. L'existence de cette indépendance absolue, si elle existe, ne pourrait recevoir sa vérification, croyons-nous, que de l'anatomie pure ou de l’expérimentation anatomique; c’est pourquoi, nous avons multiplié les recherches dans cet ordre d'idées seulement, en négligeant, sans pour cela les méconnaître, toutes les indications qu'aurait pu nous fournir l'étude des différentes données que nous avons signalées.
Après avoir étudié, tout d’abord, les auteurs qui se sont occupés expérimentalement de cette question d’indépendance ou de dépendance lobaire et avoir rapporté leurs expériences avec les déductions qu'ils en rent, nous
* avons étudié ensuite les expériences tentées au point de vue du double courant porte. Nous avons séparé ces ‘deux questions d'indépendance lobaire et de double courant porte ; car, bien qu’étroitement liées, elles ne découlent pas forcément l’une de l’autre et nous avons cru préférable de les envisager séparément avec les arguments
qui plaident ou non en leur faveur. Nous avons passé brièvement en revue les auleurs qui, sans apporter d’expériences personnelles, se sont, cependant, occupés de cette quéstion, puis nous avons rapporté les expériences personnelles que nous avons tentées et enfin, nous avons tiré les conclusions qui semblaient découler de notre travail.
Nous nous sommes étendus longuement, à dessein, dans ce travail, sur la question historique, tenant à rappeler toutes les expériences tentées jusqu’à ce jour afin de montrer celles que nous n’avons fait que reproduire et aussi les expériences nouvelles que nous avons apportées pour la vérification de cette question.
Au point de vue anatomique, nous avons étudié la disposition des vaisseaux sur 50 sujets où le foie était en place, les vaisseaux étant injectés à la cire. Nous avons observé la division des vaisseaux dans le hile à leur entrée dans le parenchyme hépatique et nous avons dressé le pourcentage que nous a fourni notre travail. Nous avons cherché à nous rendre compte des anomalies que nous pourrions rencontrer tant au point de vue de la division hilaire des vaisseaux, qu'au point de vue des vaisseaux accessoires suraJoutés, ou des différences de forme présentées par le foie.
Dans un second groupe d'expériences, nous avons repris les injections de solutions aqueuses colorées. Nous avons opéré sur des foies d'enfants et sur des foies d'adultes en liant, chaque fois, une des branches de bifurcation de la veine porte eten poussant l'injection dans le tronc même pour voir quel territoire hépatique correspondait à la branche injectée.
Enfin, nous nous sommes adressé à la radiographie pour obtenir le chevelu veineux, artériel et biliaire du foie. À l'aide d’une solution diluée de minium, nous avons
injecté, tantôt une branche, tantôt l’autre, et nous avons obtenu l’image exacte de la distribution intra-hépatique des vaisseaux du foie. Nous reproduisons iei toute une série de ces radiographies qui sont, eroyons-nous, très démonstratives et faciles à interpréter.
Pour vérifier la théorie du double courant porte, nous avons pratiqué des expériences sur l'animal vivant. Nous avons négligé l'étude des faits anatomo-pathologiques avec localisation de principes pathogènes dans tel ou tel lobe du foie, selon l'organe atteint primitivement, les parüsans et les adversaires du double courant reproduisant mutuellement des observations de localisations lobaires favorables à leur théorie. De plus, comment donner plus de poids à un fait d'ordre physiologique qu'à un fait d'ordre expérimental? Un embolus pathogène ne serat-il pas tout aussi susceptible qu'une minime injection, de modifier le cours de la circulation sanguine en chan-
. geant, soit sa densité, soit son point cryoscopique ? En
réalité, il y a des causes d'erreur que l’on ne peut éviter etque nous avons tâché de réduire au minimum en injectant de l’encre de Chine diluée et sous un très petit volume. Nous avons poussé nos injections avec beaucoup de douceur, loin du tronc porte principal, pour moins modifier le cours de la circulation sanguine, tantôt dans une petite veinule d’origine de la grande mésaraïque, tantôt dans une veine d’origine de la splénique ou dans la pulpe splénique elle-même.
Enfin, nous avons fait quelques corrosions par injection totale du foie, et bien que, de ce fait, ces corrosions sortent un peu du cadre de notre travail où nous ne pratiquions jusqu'alors que des injections partielles, nous avons jugé utile de les mentionner pour les utiles données qu’elles peuvent fournir.
M. le professeur agrégé Sebilleau, directeur de l’amphithéâtre des hôpitaux, a eu la grande obligeance de nous permettre de faire nos recherches dans les pavillons de Clamart; nous tenons à lui exprimer ici notre vive et respectueuse gratitude. |
Nous avons eu la bonne fortune d’être guidé et aidé dans notre travail par le docteur Pierre Descomps, prosecteur des hôpitaux, qui, avec une inlassable bonne grâce, nous a prodigué aide et conseils. Le docteur Paul Descomps, ancien interne des hôpitaux, a bien voulu, également, s'intéresser à notre travail et nous aider dans nos recherches expérimentales; nous voudrions leur exprimer ici nos remerciements bien sincères et les assurer de notre profonde reconnaissance.
M. le docteur Garnier, chef du laboratoire de radiographie du docteur Walter à l’hôpital de la Pitié, a bien voulu se charger de la radiographie de nos foies injectés au minium ;. c’est à sa grande amabilité que nous devons les jolies épreuves qui illustrent ce travail; qu'il veuille bien croire à notre sincère reconnaissance et nous permettre de lui exprimer ici toute notre gratitude.
M. le docteur Bauer, ancien interne des hôpitaux, qui, avec son maître, le regretté professeur Brissaud, a publié de nombreux travaux. sur la question qui nous intéresse, des voies de la circulation intra-hépatique, a bien voulu, avec une affabilité charmante, nous prodiguer ses con- seils et nous aider dans notre travail microscopique ; qu'il reçoive ici l'expression bien vive de notre reconnaissance respectueuse.
M. le docteur F. Glénard, à qui nous devons les premiers travaux sur la question de l’indépendance lobaire et même la première idée de cette indépendance, a tou- Jours montré une grande bienveillance à notre égard et
de cette question ; nous sommes heureux de lui exprimer
RE Ë CAO
ici nos sentiments reconnaissants et respectueux. Enfin, M. le professeur Gilbert nous fait le très grand
our nous un agréable devoir de lui exprimer Re nous sommes reconnaissant et fier de l'honneur qu'il nous
fait.
onneur d'accepter la présidence de notre thèse ; c'est.
La
ee