PR. AURA
téral droit légèrement œdématié dans lequel la sonde bute à deux centimètres; l’orifice gauche normal est cathétérisé jusqu’en haut.
L’échantillon recueilli à gauche est clair, sans pus, sans microbes. La sonde a donné 12 cm* en une demi-heure et la concentration d’urée au litre est de 18 gr. 95.
La sonde vésicale de contrôle a donné dans le même temps 11 em° d’urine avec une concentration d’urée au litre de 13 gr. 73.
La pyélographie est impossible du côté droit; la radiographie est négative. Il lui est alors fait en série des examens histo-bactériologiques des urines totales, et le dernier donne le résultat suivant :
Nombreux polynucléaires, nombreuses cellules, rares colibacilles, quelques bacilles de Koch.
Le malade est opéré le 21 juin 1930; rein droit tuberculeux partiellement exclu avec uretère de la dimension du pouce : Néphrectomie droite, drain, paroi en deux plans.
Suites opératoires normales, le malade se rétablit rapidement et sort le dix-septième jour. Il a été revu trois mois après en parfait état avec des urines claires.
Examen de la pièce (D' Verliac) :
Rein décapsulé de dimensions un peu inférieures à la normale, extrêmement déformé :
1° De nombreuses bosselures faites de grosses granulations tuberculeuses parsèment la surface, ne respectant qu’une petite partie de la face antérieure;
2° La graisse sinusale forme une masse lipomateuse considérable;
3° L’uretère épais et dilaté a le volume du doigt.
A la coupe, on constate que la moitié supérieure du rein est constituée par une série de cavités communicantes pleines de magma caséeux et que le grand calice supérieur est oblitéré presque jusqu’à son point de jonction avec l’inférieur.
La partie supérieure du calice inférieure est, elle aussi,
oblitérée et la région rénale correspondante exclue. Ne sont donc perméables parmi les voies excrétrices du rein que le calice moyen et la partie supérieure du calice inférieur, couverts de granulations et d’ulcérations. Ils sont prolongés par l’uretère énorme, très dilaté, à surface granulo-ulcéreuse. Du parenchyme rénal il ne subsiste que deux rénicules d’ailleurs criblés de granulations tuberculeuses.
Ici, malgré l’absence de signes fonctionnels bien nets et la présence du colibacille seul le traitement institué contre ce dernier a permis de mettre en évidence le bacille de Koch, le colibacillef étant devenu très rare.
OBSERVATION n° Il
(Service de M. le Prof. Legueu; D' Gaume).
M. Sal. 60 ans.
Ce malade est vu pour la première fois au mois d'août 1931; il souffre de temps en temps du rein gauche et a des urines troubles depuis quatre ans. Il y a quatre ans et il y a deux ans, il aurait davantage souffert du rein et éliminé du gravier. Il n’a jamais eu d’hématurie.
Il ne s’est pas inquiété du trouble de ses urines, car il n’a jamais souffert et n’a aucun trouble de cystite.
Depuis le début de juillet 1931 il souffre de nouveau du rein gauche d’une manière continue et maigrit, se plaint d’un état subfébrile à 38°, 38°2 le soir.
L'examen montre des urines très troubles, l’absence d’adénome prostatique et de résidu vésical, un rein gauche augmenté de volume.
L'examen histo-bactériologique des urines totales mon-
tre la présence de pus, de nombreux colibacilles; l’absence de bacilles de Koch.
De AT VERT TR ETS
LH
La éystoscopie montre une vessie normale, des orifices uürétéraux normaux: le cathétérisme est impossible car on bute des deux côtés à deux centimètres, quelle que soit la sonde employée.
On essaie une pyélographie rétrograde, selon la tecnique de Chevassu:; l’uretère gauche est visible dans son dernier centimètre mais on n’arrive pas à dépasser le détroit supérieur.
Il lui est alors fait des radiographies en série après injection intra-veineuse d’urosélectan : le rein droit est visible avec bassinet normal, le gauche n’est pas vu. Une nouvelle exploration faite au début de septembre donne les mêmes résultats.
Nous concluons alors à un rein exclu à gauche, suppuré, et probablement à une pyonéphrose calculeuse, avec calcul invisible aux rayons X.
Une opération exploratrice lui est proposée.
Le malade est revu au début d'octobre 1931 : état sans changement, urines toujours très troubles, sans cystite.
La tuberculose n'ayant pas été soupçonnée ici, il n’a pas été fait de recherche systématique du bacille de Koch par des examens histo-bactériologiques en série.
L’azotémie est de 0 gr. 59.
Opération le 5 octobre 1931 : Néphrectomie gauche d’un gros rein avec périnéphrite considérable.
1 s’agit d’une tuberculose rénale avec exclusion presque complète. Des lésions plus récentes existent surtout au niveau du pôle supérieur et de la périphérie du rein, parsemé de granulations.
Dans cette observation, il est probable que si l'attention eut été attirée dès le début sur les formes leucocytaires et la présence d'hématies, la tuberculose eut pu être soupçonnée et faciliter grandement le diagnostic que des examens systématiques auraient pu confirmer. |
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