OBSERVATIONS
OBSERVATION n° i
Mlle D.., 20 ans, envoyée pour colibacillose.
La malade présentait de la cystite, 4 ou 5 mictions dans la journée mais seulement une ou même pas de miction la nuit; de plus elle accusait des douleurs rénales parfois assez vives.
A l’examen, les urines sont légèrement troubles, non décolorées.
L'examen direct, le 8 février 1931, d’une goutte entre lame et lamelle nous montre quelques leucocytes et de très rares hématies (un élément pour 3 ou 4 champs), les leucocytes et les hématies sont altérés et malgré la présence de nombreux bacilles coli, pas de bacilles de Koch nous émettons ce postulatum : il doit y avoir tuberculose rénale.
Malgré cela, le traitement contre le bacille coli fut institué, mais nous engageons la patiente à revenir nous voir au moins une fois par semaine. À la suite du traitement, l'état. général s’améliore, la cystite diminue d'intensité, mais les douleurs du rein se font par moment ressentir. L'examen des urines, le 10 février 1931, nous montre du pus, quelques coli et pas de bacilles de Koch. Etant donné ces constatations on effectue une radiographie (pas de calculs constatés).
L'amélioration de la malade continue, mais les douleurs rénales persistent, parfois assez violentes, et cela nous décide à faire pratiquer un cathétérisme, mais la
sonde ne passe pas.
Examen le 17 juin 1931 nous montre : pas de pus, pas de microbes. Quelques temps après, la malade présente toujours l’apparence d’un bon état général (les recherches de B. K. sont toujours négatives).
Le 17 juin 1931, nouvel examen : pas de pus, pas de microbes.
Cinq mois environ après notre premier examen la malade se présente un peu fatiguée, les urines sont plus troubles et plus décolorées que précédemment; l’examen du dépôt urinaire pratiqué à ce moment nous montre une augmentation du nombre des leucocytes, toujours altérés, les hématies sont crénelées; en colorant le sédiment par la méthode de Ziehl nous nous trouvons enfin en présence du bacille de Koch.
Examen pratiqué le 16 août 1931 : urée 0,384. Constante 0,098.
Examen fonctionnel le 17 juin 1931.
Rein droit Rein gauche Vessie
NaCIR PRES 9,9 V2 UTÉe LE RAR 12,39 8,68 3h
La malade fut opérée; il s'agissait d’un rein exclus; il est probable que les difficultés rencontrées au cours de l'examen, provenaient du fait que le rein ne déversait pas les éléments nocifs dans la vessie; d’ailleurs celle-ci avait été peu atteinte, car environ six semaines après l'opération, l’urine était redevenue normale et la malade ne présentait plus aucun trouble urinaire.
Nous rapportons cette observation pour deux rai- SOnS :
1° La présence des leucocytes altérés et des hématies nous a fait persister dans la recherche du bacille de Koch malgré l'absence de symptômes cliniques ;
ON
20 Le fait de traiter l'infection surajoutée ne peut pas être considéré comme erreur de technique, au contraire, nous avons des observations multiples dans lesquelles le traitement contre le colibacille qui aggravait l’état du malade nous a permis de mettre en évidence le bacille de Koch par la suite, mais on peut considérer comme faute l'oubli de la recherche de la cause d’entretien de cette colibacillose qui peut être souvent la tuberculose rénale.
OBSERVATION n° 2
(Service de M. le Professeur Legueu).
T. D... 22 ans, entre à l’hôpital le 7 mai 1930 pour une
cystite qui évolue, avec de grandes oscillations thermiques de 38° à 40°. Après l’hospitalisation, on assiste à une chute progressive de la température. La cystoscopie montre, au-dessus de l’orifice urétéral droit qu’elle masque un peu, une prolifération d’aspect papillomateux. La cysto-radiographie montre par reflux une dilatation pyélourétérale du côté droit. L’examen bactériologique des urines montre de très nombreux polynucléaires, de nombreux colibacilles, pas de bacilles de Koch; on porte le diagnostic d’hydro-urétéronéphrose infectée et on fait lablation, le 16 juin 1930, d’un grand rein d’où sort un uretère très large, épaissi, et surtout dilaté qui a été enlevé sur une longueur de 18 centimètres; le bassinet, un peu élargi et à paroi mince, fait à peine saillie en dehors du hile. Sur la coupe du rein on voit que les grands et les petits calices sont proportionnellement plus dilatés que le bassinet. Au fond des petits calices s’étalent les papilles. Quant au parenchyme, il est blanchâtre, contient quelques kystes et de petits abcès.