‹ Contribution a l'etude de la Colite Amibienne Chronique EuropeenneChapitre 15 sur 33 · LUS EE · texte numérisé non relu

LUS EE

25 années, le malade a été soumis aux thérapeutiques les plus diverses, aux régimes plus ou moins sévères. Il a subi des traitements physiothérapiques (rayons ultra-violets) et des interventions chirurgicales (appendicectomie et gastropexie)… Le tout sans aucun succès, Nous avons émis alors l’hypothèse qu’il s'agissait peut-être d’une amibiase chronique, le malade ayant pu être contaminé antérieurement.

Nous n’avons pas fait faire d'examen des selles, car ces examens sont presque toujours négatifs. Lorsqu'un malade voit qu'un examen est négatif, il juge souvent qu’il est inutile de faire sérieusement le traitement et on a beaucoup de peine à lui faire admettre qu’une analyse négative ne prouve rien. Il est donc préférable ou de faire une analyse « en cachette >» ou de ne pas en faire du tout. D’ailleurs, en général, on ne trouve des amibes dans les selles qu’au début de l’affection, mais au bout de 25 ans, comme dans le cas de ce malade, il n’y a en général pas d’amibes, ni de kystes, décelables. Rien ne permet évidemment de conclure sans analyse, d’une façon certaine, à une amibiase, mais devant l’insuccès des autres traitements, on peut tenter l'expérience.

Nous avons donné au malade une formule de la pâte de Ravaut contenant du charbon, du sous-nitrate de bismuth, 1 % d’ipéca et de plus, un peu de belladone, de gardénal et d'hydrate de magnésie. Nous lui avons donné aussi quatre jours par semaine du stovarsol et nous avons revu huit jours après le malade qui, brusquement, cinq ou six jours après le début du traitement, avait constaté une amélioration brutale de son état; nous devons dire que nous avons été assez surpris de voir une amélioration aussi rapide sur laquelle nous n’osions pas trop compter, mais le résultat est là, et depuis un an, il n’a plus observé aucune rechute. Nous avons modifié un peu, par la suite, son traitement, et lui avons donné de l’iodo-chlorhydroxyquinaléine (entéro-vioforme) ; quant à son régime alimentaire, comme il se plaignait encore de quelques gaz et d’éructations, nous l’avons mis à un régime farineux pendant quelque temps et progressivement ramené à un régime plus normal qu’il a très bien supporté.

Cette observation nous a paru particulièrement intéressante, car c’est un cas ancien, et st l’on n’a pas la preuve formelle qu’il s’agit d’une amibiase, on en possède du moins la preuve morale dans le sens que le traitement a agi d’une façon remarquable ; nous savons bien qu’un bon effet thérapeutique ne constitue pas une preuve et qu'ici l’étiologie de l’amibiase restera douteuse. Nous savons que les colites sont habituellement améliorées par le stovarsol, mais nous doutons qu’il ait pu améliorer une diarrhée datant de 25 ans et, par conséquent, nous croyons qu’on peut conclure qu’il s’agit bien, dans ce cas, d’une amibiase très ancienne et améliorée par le traitement antidysentérique.

Certes, le malade n’a pu encore retrouver son poids, mais on

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ne peut réparer en un an des lroubies datant depuis si longtemps et l’on peut iout juste espérer dans ce cas arrêter la diarrhée et les troubles fonctionnels, ce qui est déjà un résultat très appréciable.

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