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nombreuses objections à cette théorie. D’une part, elle ne tient pas compte de l’obstacle que constitue le parenchyme hépatique à un envahissement de la grande circulation. D’autre part, il y a lieu de remarquer la rareté du syndrome entéro-rénal dans les gros délabrements de l’intestin, comme les ulcérations dysentériques, tuberculeuses ou cancéreuses. Enfin, tout ce que nous savons sur le mécanisme de l'infection nous montre que le stade lymphatique ne manque presque jamais dans la propagation du germe. La fièvre typhoïde, d’après les récents travaux de J. Reizy faits avec Rivazzier et divers collaborateurs, n’échappe pas à cette règle. En effet, ces auteurs ont bien montré l’existence d’une étape lymphatique dans l'infection éberthienne. L’envahissement des plexus lymphatiques abdominaux, correspondrait à la période d’incubation de la maladie, tandis que la généralisation sanguine se situerait dans le deuxième septennaire, à la période dite d’état.
En ce qui concerne la contamination tuberculeuse par voie intestinale, CALMETTE admettait que la propagation du bacille de Koch se fait, au moins en partie, par les chylifères, les ganglions mésentériques, la citerne de Pecquet, le canal thoracique et la voie sanguine.
Herrz-Boyer, lui-même qui explique le syndrome entéro-rénal auquel il a attaché son nom, par la transmission sanguine du colibacille, admet la possibilité d’un stade lymphatique intermédiaire.
RENNTIRS
EmBLeTon, Tnicce, OrTH ont montré que les microbes peuvent traverser la muqueuse saine de l'intestin, en passant par les lymphatiques.
DumonrT, lui aussi, admet la transmission du cohbacille par la voie lymphatique puis sanguine.
PuizrpparT et DE GRAEVE, en se basant sur les lois de l'infection et les autopsies humaines et animales dans les septicémies colibacillaires, soutiennent également que le stade intermédiaire du syndrome entéro-rénal est à deux étapes : lymphatique et sanguine.
Beaucoup d’auteurs encore considèrent comme certaine la propagation par voie lymphatique du colibacille. Cependant, ils ne linterprètent pas comme une étape intermédiaire entre l’intestin et le sang, mais comme un relais et une voie de propagation de l’intestin à l’ovaire, à la prostate ou au rein.
Ces divergences d’opinion s'expliquent par le fait que pendant longtemps aucun chercheur ne ‘s’est attaché à l’étude expérimentale de la pathogénie du syndrome de H£irz-Boyer. Les travaux récents de MM. CamBessépès et BourcEoïs ont comblé en partie cette lacune et contribué puissamment à faire admettre comme certaine cette étape lymphatique du cohbacille.
Ces auteurs se sont appliqués à rechercher si la contamination des ganglions mésentériques du lapin était capable de déterminer des décharges microbiennes dans le sang, décharges suivies de localisa-
tion des bactéries sur les voies urinaires.
La technique employée et les résultats obtenus par MM. Camsessépès et Bourazors méritent d’être rapportés. [ls injectent dans l'épaisseur d’un ganglion mésentérique de lapin ou de chat, 1/10 de-cc. d’une culture de colibacilles virulents vieille de 24 heures et diluée au 1/10 et prélèvent ensuite pendant quelques jours par sondage ou ponction vésicale les urines de l’animal. Ces urines sont ensuite ensemencées aseptiquement. Par l’hémoculture ils ont cherché ensuite à mettre en évidence le moment d'apparition et la durée de la phase de collibacillémie.
Que les recherches soient effectuées sur le lapin ou sur le chat, les résultats obtenus par les expérimentateurs sont en tous points comparables et leurs constatations sont les suivantes :
19 le passage des germes dans l'urine paraît demander un certain temps, mais dès le troisième jour, l’ensemencement donne une culture ;
20 la durée de la colibacillurie est très variable, disparaissant tantôt en cinq à six jours, persistant au contraire le plus souvent pendant quinze à vingt jours, parfois jusqu’à deux mois ;
3° la bactériurie est souvent discontinue, rappelant l’allure des infections colibacillaires humaines ;
40 l’examen anatomo-pathologique du rein d’un animal sacrifié sept jours après l’inoculation montre une infiltration de cellules embryonnaires autour
des tubes contournés ;
CRIS de ; 99 l’hémoculture devient positive une heure après
RE
l'injection intra-ganglionnaire et ne redevient négative. que 24 heures après ;
6° la séro-diagnostic est infidèle ce qui explique qu’en pathologie humaine il ne puisse être d’aucun appoint pour le diagnostic.
En résumé, « l’infection expérimentale des lymphatiques intestinaux reproduit done les manifestations les plus apparentes des colibacilloses humaines ».
Les expériences de MM. CamBesséDpès et Bour- GEoIs donnent la preuve que l'étape d’envahissement lymphatique entrevue par plusieurs auteurs est possible et constituent un argument puissant en faveur d’une phase intermédiaire, précédant lenvahissement sanguin du syndrome entéro-rénal.
39 L’étape sanguine
L'hypothèse du passage du cohbacille par le sang a.été émise tout d’abord par M. Herrz-Boyer. Elle est maintenant admise par la majorité des auteurs.
L'étape sanguine est prouvée par l’expérimentation. Le Pr H. Vincenr injecte de la culture colibacillaire dans la veine marginale de l'oreille du lapin et constate la présence du germe dans les urines deux à trois heures après l'injection.
Quant aux expériences déjà citées de MM. Cam- BESsÉDÈs et BourGgoiïs, elles montrent qu'il n’est pas nécessaire d'introduire le colibacille dans le sang
Reis) au
pour l’y retrouver par l’hémoculture et elles établissent avec force l'existence d’une bactériémie transitoire.
La clinique fournit elle aussi des arguments en faveur de l’étape sanguine. Celle-ci se manifeste par des septicémies ou des colibacillémies.
En ce qui concerne la septicémie, un certain nombre d'observations sont classiques (Wipar, et Lemierre, Wiens, Hamm, Jacos). Mais une constatation s'impose : dans ce cas l’hémoculture est assez souvent négative. M. Fiscx, dans un important travail, souligne l'existence de suppurations colibacillaires plus ou moins intenses qui, malgré la présence du micro-organisme dans le sang du malade, n’entraînent pas d’hémocultures positives. Cet auteur a trouvé, en revanche, dans le culot de centrifugation du sang des éléments mobiles, paraissant être des microbes très altérés et fragmentés et 1l conclut que le sang cireulant Joue, vis-à-vis du colibacille le même rôle qu’une solution antiseptique. Dans des expériences faites sur le lapin, Fiscx a pu constater que le cohbacille introduit dans la circulation était rapidement atténué et modifié, mais qu’en augmentant la dose de culture injectée, on arrive à produire une infection généralisée avec hémoculture positive.
MM. Vaucner et KaBaker, dans leur rapport au Congrès de la cohibacillose, sur les bactériémies et les septicémies cohibacillaires concluent à la rareté des septicémies vraies dans la pathologie.
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Pour exceptionnelles qu’elles soient, il en existe des observations remarquables comme celle, par exemple de MouriQuAND, qui rapporte un cas où les signes d'infection générale et l’hémoculture positive ont précédé de plusieurs jours l'apparition d’une pyurie à colibacilles.
Tous les auteurs sont d’accord pour reconnaître qu’à côté des septicémies vraies, qui se caractérisent d’après GasrTinez et Reizzy, par les trois points suivants
19 Survenue de phénomènes généraux graves indiquant une dissémination infectieuse ;
20 Apparition de phénomènes d’imprégnation toxique pouvant même parfois prendre un caractère prédominant ;
39 Présence dans le sang de germes vivants d’une façon permanente ou transitoire, 1l existe des septicémies occultes qui sont plutôt de simples bactériémies, avec hémocultures négatives. VINCENT a insisté particulièrement sur leur fréquence (Académie des Sciences, 26 janvier 1925). Pour Des- GEORGES, « la cohbabillose est essentiellement la colibacillémie chronique à point de départ intestinal ».
Cliniquement, cette colibacillémie se traduit par des métastases infectieuses (parotidite colibacillaire, Srroinx) et par l’élimination des germes par les urines.
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4° Étape d’élimination
Le cycle du syndrome entéro-rénal est complet lorsqu'il se produit, par les voies urinaires, une élimination de colibaciiles. Cette élimination peut n’occasionner au rein aueun dommage ou des lésions si diserètes que l’analyse eyio-bactériologique des urines ne permet d'y retrouver que des bacilles ou au contraire, entraîner à la longue des altérations de l’arbre urinaire avec élimination simultanée de colibacilles et de pus, celui-ci étant la traduction d’une pyélite ou d’une pyélo-néphrite.
La bactériurie consiste en la présence de bactéries dans l’urine fraîchement émise en dehors de tout processus inflammatoire eliniquement appréciable des voies urinaires. Surer, dès 1914, distinguait déjà deux groupes de colibacilluries:: les unes, bactériuries d’élimination ou latentes, et les autres bactériuries autochtones, résultant d’une contamination ascendante ou. descendante et caractérisées par le fait que le germe, sous l'influence de conditions biologiques ou pathologiques, auraient la possibilité de se multipher dans l’urine.
C'est la colibacillurie d'élimination qui représente l’étape ultime de la migration du colibacille dans l’organisme. À ce titre, elle intéresse plus partculhièrement ce travail puisque c’est elle qui semble être à la base des infections des voies urinaires du