‹ Contribution À L'Étude De La Conduite À Tenir Dans Les Présentations Du FrontChapitre 19 sur 24 · RL AP · texte numérisé non relu

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M. Tarnier (1), qui admet pour les occipito-postérieures un mécanisme semblable à celui qu'a observé notre Maître pour la présentation du front. M. Tarnier en parle en ces termes, après avoir donné l'opinion de M. Pajot : « Nous sommes convaincus que les choses se passent autrement, pour l'avoir vérifié maintes fois sur les femmes soumises à notre observation ; pendant que l'occiput parcourt le périnée en le distendant très fortement, la région de la fontanelle antérieure et le haut du front sont les parties qui s’avancent les premières et correspondent au vide de la vulve; l’occiput, au lieu de se dégager le premier, au niveau de la commissure périnéale, y arrive à peine au moment où le front tout entier se dégage en avant ; une fois l’occiput au dehors, la tête exécute un mouvement de déflexion, ayant pour centre la commissure périnéale, qui sert de point d'appui à la région sous-occipitale etle dégagement s'effectue suivant les diamètres sous-occipitaux ; le menton sort le dernier au-dessous du pubis. Nous avons une preuve de la réalité de ce mécanisme dans la présence fréquente de la bosse sanguine sur le front et surtout sur le bregma, où elle occupe un volume considérable ».

Pour que cette observation If fût un occipito-iliaque, il aurait fallu que notre Maître vit l'occiput déprimer fortement le périnée. Or, M. Grynfeltt n'a pas noté cet état du périnée, pas plus qu'il n'a vu se produire ce mouvement de flexion exagéré. Le mécanisme qu'il a observé différait complètement du mécanisme par lequel le périnée est fortement déprimé, et dans

lequel on peut voir une flexion exagérée de la tête du fœtus.

La troisième observation peut être considérée comme un cas: iype d’accouchement spontané en présentation du front.: Comme dans les deux autres observations, nous rémarquons

(4) Tarnier et Chantreuil, Traité de l'art des accouchements, p. 459, &£

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que le travail a êté pénible et long. Les contractions, d’abord vives et rapprochées, deviennent espacées et peu intenses. La tête descend pêniblement an bas del’excavation en présentation frontale. Elle fait spontanément sa rotation, et M. Grynfeltt la trouve dans la position suivante : « Bregma central, à grand diamètre antéro- postérieur. Front en avant sous le pubis. » En glissant son doigt sous la symphyse au-dessus du front, notre Maître arrive facilement sur la racine du nez. Dès lors, il n'a aucune peine à l’extraire avec le forceps, bien que ce fût un bel enfant.

Nous avons refait ce mécanisme avec un gros fœtus pesant 4 kilos 200, mais n'ayant qu'un diamètre occipito-mentonnier de 11 centimètres (ce fœtus était né en présentation du siège). Il à fait sa rotation dans le bassin de Joulin. Il est vrai de dire que nous avons dû exercer des poussées beaucoup plus fortes qu'avec le fœtus n° ]. Ces poussées rendent bien compte de la lenteur du travail, la contraction utèrine jouant le même rôle que nos mains. |

Cette observation nous montre que l'engagement et la rotation peuvent se faire selon le mécanisme normal. Notre Maître n'estintervenu que pour faire le dégagement selon le mécanisme de M. Pollosson, l'engagement et la rotation s'étant faits spontanément quoique avec lenteur. Re

Dans la quatrième observation, nous signalerons, chemin faisant, une des causes indiquées par AuLreLp (1) comme causes primordiales de la présentation du front : l'abondance du liquide amniotiqne. Le ventre, nous signale M. Grynfeltt, est fort distendu par les eaux de l’amnios; de plus , ilest en besace.

(1) Ahlfeld, Die Entstehung der Stirn und Gesichtslagen ; Leipzig, 1873, in Heïinricius, loc. cit., p. 406

Comme dans toutes les autres observations, nous trouvons une lenteur considérable du travail. Cette lenteur doit être rapportée à la présentation du front, puisque les antécédents tocologiques de la parturiente (cinq accouchements antérieurs rapides) faisaient présumer une délivrance rapide. « La tête fœtale descendit au bas de \lexcavation, la rotation se fit, le grand diamètre du bregma se plaça dans le sens antéropostérieur, mais pas de dégagement ». Il fallut que les tractions soutenues du forceps obligent la tête fœtale à entrer dans le bassin mon, La laxité énorme du périnée entra alors en jeu, les tractions du forceps forcèrent la tête à appuyer sur le périnée. Celui-ci, fuyant sous la pression, permit à la tête de se défléchir complètement, l'occiput remonta et le menton apparut le premier à la symphyse.

Cette transformation en présentation de la face d’une présentation du front, due à la bascule d’un diamètre occipitomentonnier de 13 centimètres, est un mécanisme rare. Nous nous expliquons facilement sa possibilité, en songeant que le périnée, très lâche, a pu, seul, la permettre. En effet, c'est la seule partie de la filière génitale qui puisse s’accroître natu rellement par distension. C’est d’ailleurs toujours sur le périnée, dans le bassin mou, que la bascule du diamètre occipitomentonnier s'est produite dans tous les cas de M. le professeur Grynfeltt.

Notre cinquième observation est un type de présentation du front, encore plus prononcé que la deuxième observation de notre Maître. Ce n'est plus en présence d'un bassin normal que l'accoucheur s'est trouvé, mais bien d’un bassin légèrement vicié chez une rachitique, L'accouchement en front devait donc être rendu par cela même plus difficile, et cependant la femme a accouché naturellement. On n'a pas eu à intervenir avec le forceps. Comme dans toutes nos antres observatiens,

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