CHAPITRE VIL
DES DIVERSES MANIÈRES D'APPLIQUER LE FORCEPS DANS LES PRÉSENTATIONS DU FRONT
Dans les présentations du front, nous l'avons vu, lorsque le travail est long, lorsque le désagement a beaucoup de difficultés pour se produire, on doit alors intervenir et recourir, s'il le faut, aux manœuvres instrumentales.
Le forceps a êté appliqué dans les présentations du front de manières fort différentes. Si nous nous rapportons au travail de M. VazLois (1), nous voyons que les opinions des auteurs sont très variables sur la position à donner aux branches du forceps.
Comme nous l'avons vu plus haut, Mme. LacHAPeLce (2), faisant une prise régulière, plaçait les branches exactement sur les côtés de la tête, l'ouverture du forceps tournée vers la face qui regardait à droite et en avant. Elle tirait directement en bas.
SueLcte (3) conseillait de saisir la tête d'une oreille à l’autre et de ramener la face vers la symphyse pubienne.
Pour Heinricius (4), si le travail ne fait pas de progrès par diminntion, arrêt ou impuissance des contractions, s'il est indiqué de terminer l'accouchement, il faut recourir au forceps. Au détroit supérieur, la seule application possible est une application parallèle au bassin; mais au détroit inférieur, cet auteur conseille d'appliquer le forceps obliquement par rapport
(4) Vallois, Loc, cit., 1884. ne te (2) Mme. Lachapelle, loc. cit. mt NE Le (3) Smellie, loc. cit. “ a) me ou ne (4) Heinricius, loc. cit. NON LEE
ne CRE
aux parois du bassin, de manière que la concavité soit dirigée vers le menton. Sur le plancher périnéal, l'application régulière, directe, n'offrira pas de difficultés.
CazaLs (1) fut une distinction entre l’application du forceps au détroit supérieur et son application au bas de l’excavation. Dans le premier cas, il préconise la prise régulière ; si la tête est transversale, on devra faire une application oblique en tournant la concavité des branches vers le front on la face. Dans le second cas, une application directe et régulière sera généralement facile.
M. BonnaiRe (2), nous l'avons déjà dit, recommande de placer le forceps d’une oreille à l’autre et de pratiquer des tractions, tandis que M. Auvarp (4) préfère une prise oblique par rapport à la tête du fœtus, au détroit supérieur, et emploie la prise directe dans l'excavation et au détroit inférieur.
M. VazLois (4), dans son premier article, conclut en disant que dans les présentations du front, plus que dans celles du sommet, il faut chercher à obtenir une prise régulière; qu'à défaut de cette prise, il faut s’efforcer, tout au moins, de faire une application oblique. Dans son deuxième mémoire, il déconseille la prise directe, à laquelle il préfère nettement la prise oblique. .
D'après cette rapide énumération, nous voyons que les manières d'appliquer le forceps diffèrent beaucoup selon les auteurs, et avec le même auteur selon l'endroit de la filière génitale où cette application doit être faite. Les uns préconisent la prise directe, d’autres la prise oblique, les Allemands la prise parallèle au bassin. mar
Nous servant d’un fœtus du poids de 4,200 grammes, mais
(4) Cazals, loc. cit.
. (2) Bonnaire, loc. cit.
(8) Auvard, loc. cit.
(4) Vallois, loc. cit.
OMNEATES
n'ayant comme diamètre occipito-mentonnier que 11 centimètres, nous l'avons placé transversalement au détroit supé- : rieur et nous avons essayé successivement les diverses manières d'appliquer le forceps. Nous l'avons saisi avec le forceps Tarnier : Le
1° En prise directe, parallèle au bassin, de la face à l'occiput du fœtus, en prise à l'Allemande ;
2° En prise ee par rapport au bassin, bi- pariétale pour le fœtus ;
3° En prise de quant au bassin et au fœtus.
La prise directe a été faite par M. Grynfeltt dans la première observation. Malgré ses tractions énergiques très en arriére et en bas, comme le commandaient les manches-aiguilles du forceps Tarnier, ce dernier dérapa bientôt et notre Maître dut avoir recours à une prise oblique, qui amena au dehors un fœtus ayant cessé de vivre. M. Vallois rapporte aussi une . observation de front, dans laquelle il a eu recours à une prise semblable avec le même résultat : mort de l'enfant. La prise de M. Grvnfeltt a été faite cependant un peu Me la tôle a été saisie de côté, sur la j joue.
Plaçant notre fœtus comme il a été indiqué plus haut, nous avons essayé de l’extraire. Après des tractions très énergique, nous sommes enfin arrivé à notre but, mais les branches du forceps avaient sillonné fortement la face du fœtus qui, certainement, n'aurait pas survécu à pareille intervention. Par conséquent, nous croyons que cette prise directe peut être considérée comme dangereuse pour le fœtus.
La prise bi-pariétale, antéro-postérieure pour le bassin, ne nous à pas permis, malgré les plus grands efforts, d'arriver à extraire la tête. La raison nous en a paru être la suivante : le forceps, appliqué sur les deux pariétaux, comprime Ja tête transversalem ent et allongeles diamètres d'engagement antéro; postérieurs de la tête (voir fig. 4). Or, ces diamètres sont.
ER
déjà par leur longueur la cause des difficultés d'engagement de la tête; si nous les augmentons, nous rendons cet engagement encore plus difficile. C'est ce qui a eu lieu dans nos expériences : la tête du fœtus, qui passait lentement sans forceps, sous l'influence de simples poussées, ne pouvait plus passer dès que nous faisions des tractions avec le forceps placé en prise bi-pariétale.
Enfin, en dernier lieu, nous avons eu recours à la prise oblique par rapport au bassin et au fœtus. Le forceps est placé plus commodément suivant un diamètre oblique du bassin et vient saisir la tête obliquement, aussi de la joue à la partie externe de l'occiput ; la prise est assez solide. Sous l'influence d'efforts très modérés, la tête descend dans l’excavation et vient se dégager sous la symphyse.
Nous croyons donc qu'une prise oblique est celle qui a le plus de chances de réussir, lorsqu'on applique le forceps au détroit supérieur pour une présentation du front. Nous avons montré les inconvénients de la prise antéro-postérieure, qui augmente les diamètres de la tête. La prise à l'allemande est non-seulement dangereuse pour le fœtus, mais peut aussi exposer à des surprises. Nous aurions voulu pouvoir produire des rétrécissements dans tous les sens sur le bassin de Joulin, pour démontrer ce que nous avançons. Ce n'est pas, en effet, le rétrécissement antéro-postérieur du bassin qui joue un rôle au détroit supérieur, à moins qu'il ne soit trop prononcé, mais bien plutôt le rétrécissement du diamètre tranverse. C'est. là une cause d'erreur pouvant amener des résultats inattendus. Le diamètre promonto-sous-pubien, que, l'on mesure lorsqu'on croit avoir à craindre un rétrécissement,, étant presque normal, on. ne.tient pas compte. souvent d’un rétrécissement. transversal possible, ILest des cas malheureux où alors que tout. semblait promettre. un. accouchement. normal, “V'accoucheur a: êtê obligé de faire une basiotripsie.