CHAPITRE PREMIER
Si nous nous rapportons au magistral article d'Heinricins (1} sur l'historique général des présentations du front, nous voyons que les accoucheurs du siècle précèdent, profonds observateurs, avaisnt parfaitement remarqué que le front du fœtus pouvait, au commencement de l’accouchement, occuper parfois le centre du détroit supérieur.
Mauriceau (2), le premier, en 1740, parle des présentations du front, dans lesquelles il redresse la tête avecla main.
Smezcre (3), dans son ouvrage T'abulæ anatomicæ, nous décrit très bien les déformations de la tête, qui devient conique. Il dit, que sila tête, à cause de sa grosseur, ne peut être poussée par les fortes douleurs, la position vicieuse ne peut passe corriger. Si on peut, on doit extraire l’enfant, soit par une version, soit par une application de forceps.
Pour BauneLcocque (4), on peut toujours facilement empèêcher la tête de se défléchir au moment de l'engagement. Il n’y a pour cela, après avoir redressé l’utérns, qu'à soutenir le front de l'enfant pendant chaque douleur, au moyen d'un ou deux doigts introduits dans le vagin. Les contractions utérines
(4) Heinricius, loc. cit.
(2) Mauriceau, Traité des femmes grosses, 1740, in Heinricius. (3) Smellie, Tabulæ analomicæ Guilielmi lie) Nuremberg,1757, in Heinricius.
(4) Baudelocque, l'Art des accouchements, t. I, p. 462 ; Paris, 1781, in Heiïnricius,.
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CNE dax
agiraient alors sur un seul point, locciput, qu'elles forceraient à descendre dans l’excavation. Mais si la mauvaise position de la tête est déjà produite, il conseille d'essayer de repousser le front, la femme étant couchée sur le côté opposé à la ® déviation du fond de l'utérus ; quand on ne réussit pas ainsi, Baudelocque conseille d'aller accrocher directement l’occiput ou enfin d'employer le levier.
Gardien (1), qui considérait le front et la face comme les deux termes extrêmes d’une seule position, «l’un est le premier degré et l'autre le dernier, dit-il, elles ne différent que du plus au moins », ne croit pas que les accouchements par le front soient plus dangereux que les acconchements par la face. Ceux-ci même le seraient davantage. Il conseille de les transformer en sommet et se déclare peu partisan de la version.
Madame LACHAPELLE, à qui la possibilité de la présentation frontale n’avait pas échappé, n’aimait pas beaucoup les tentatives de transformation en sommet, préférées par Gardien. Elle se demandait comment un ou deux doigts pouvaient résister à tout l’effort des contractions utérines. Pour elle, on devait convertir la présentation en présentation de la face. «On favorisera, dit-elle, le mécanisme de deux manières différentes : 1° en soutenant à chaque douleur d’abord le haut du front, puis le front lui-même, et permettant au menton de s’abaisser de plus en plus, jusqu’à ce que la face soit tout à fait parallèle au plan du détroit supérieur ; 2° en tirant sur le menton avec deux doigts recourbés en crochets. Ces deux manières ont été mises en pratique par moi, tantôt séparées et tantôt combinées. La dernière est préférable à la première. Par ces moyens, j'ai opéré le renversement complet de plus d’une tête parvenue, le front le premier, jusque dans l’excavation ».
(1) Gardien, Dictionnaire en 60 volumes, 1812, t. I, p. 65.
(2) Madame Lachapelle, Pratique des accouchements, t. I, 3" mémoire, p. 404, |