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En Angleterre, SMeLLIE, nous l'avons déjà vu, dit que lorsque la tête en présentation du front ne peut pas corriger sa position vicieuse, on doit extraire l'enfant, soit par la version, soit par le forceps. Cependant il cite deux cas dans son ouvrage (1) où cette conduite n’a pas été nécessaire. Dans le premier, l'accouchement eut lieu spontanément par transformation en face dans l’excavation et grâce probablement à un écartement du pubis produit naturellement pendant l'accouchement. Nous rapprochons cette observation de symphyséotomie naturelle, peut-on dire, de la conduite proposée par M. Vallois (2).
Dans sa deuxième observation, Smellie nous dit : « voyant que l'enfant présentait le front et qu'il avait la face contre l'ilium du côté gauche, je repoussai la tête de ce côté là,et en retirant un peu ma main je la reponssai encore avec mes doigts, afin qu'ellene revintpas avant la prochaine douleur qui dégagea le vertex de l’autre côté et le fit descendre ; la tête baïssa ensuite par degrès, et moyennant quelques douleurs de plus, cette femme accoucha heureusement ». Ici done une simple intervention manuelle à suffi pour convertir un front en sommet ; dans d’autres cas, Smellie a dû recourir au forceps ou à la version.
Après lui, les auteurs anglais ont prêté peu d’attention aux présentations du front et signalent qu’elles peuvent se transformer naturellement en face on en sommet.
SWAIGNE (3) rapporte deux cas, un dans lequel il dut tirer le menton en avant, avec comme levier la branche du forceps, et un second dans lequel il y eut terminaison spontanée. Plus
(1) Smellie, Observations sur les accouchements, traduction de Préville, t. Ii], p. 314.
(2) Vallois, loc. cit.
(3) Swaigne, Assoc. Med. Journ., 1853 avril, et Canstats Jaresbericht, 1853, IV.
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tard, il recommanda la rectification de la présentation dans des cas analogues.
Pour RamsBornam (1), on doit toujours transformer en sommet la présentation du front.
Quand la tête descend en présentation du front, PLay- FAIR (2?) considère les difficaltés, sinon comme insurmontables, du moins comme très graves. 11 conseille d'essayer d’abord de changer manuellement la position. Si la tête reste élevée, la version lui paraît indiquée. Lorsque le front est trop engagé pour faire la version et lorsque les tentatives manuelles n’ont pas réussi, il conseille d'appliquer le forceps, ce qui présentera parfois de graves difficultés et nécessitera quelquefois en dernier lieu l’emploi de la crâniotomie.
Lusx (3), de New-York, cherchant particulièrement à déterminer la mortalité fœtale étudie les indications ‘du forceps.
Ce n'est guère que depuis une quinzaine d'années, que les Italiens se sont occupés attenlivement de la présentation du front. C'est à leur initiative qu'on doit les mémoires les plus originaux et les plus importants qui aient été écrits sur ce sujet.
Un professeur de Catane, MaxG1AGALLI, fut le premier à les étudier longuement; il publia son travail en 1880 (4). Pour lui, l’acconchement spontané du fœtus à terme est possible dans la présentation du front. Ce n’est qu'à la partie moyenne de l’excavation ou au détroit supérieur qu’elle réclame l'inter-
(1) Ramsbotham, The prinriples and practice ob obstetric medicine and surgery; London, 1856.
(2) Flayfair, Traité théorique et pratique de l’art des accouchements, traduit par Vermeil; Paris, 1879.
(3) Lusk., Science et art des accouchement ; trad. Doléris, in Vallois. :
(4) Mangiagalli, Ilparto per il fronte. (Ann. :di Obstetricia ; Padova, 1880, no° 11 cet 12, et 1884, n°° 11 et 13).
LÉTSURSE
vention de l’art. Au début du travail, la tête jouissant d'une certaine mobilité, on peut faire la version ou la transformation soit en sommet soit en face, par la position donnée à la femme et par des manœuvres manuelles. Pendant l'engagement, on devra ramener la face au lieu du sommet, parce qu’alors le diamètre occipito-mentonnierse trouve sa obliquement engagé dans la filière pelvienne.
Cet auteur, en effet, compare la tète fœtale à un triangle dont un des côtés est plus court, le côté facial, ce qui permet au menton de glisser le long des paroïs pelviennes, à la base du crâne de s’insinuer obliquement dans l'aire du détroit supérieur et au front de s'engager et de descendre.
Dans nn second mémoire (1), il arrive, nous dit Blanc (2), à peu près aux mêmes conclusions qu'en 1830. L'accouchement par le front est possible dans un bassin normal, il devient difficile dès que Le bassin est tant soit peu vicié; le forceps suffit à lui seul à la tâche dans la plus grande partie des cas. En résamé, pour Mangiagalli, le pronostic des présentations du front est bien plutôt favorable ; ce n’est point l'opinion de son compatriote CHIARLEONI (3). Celui-ci considère la présentation permanente du front comme pouvant être entièrement assimilée
à celle de l'épaule, pour laquelle l'accoucheur intervient tou -
jours, ne se fiant jamais aux forces naturelles. Se montrant défenseur convaincu des procédés manuels de rectification de la tête, il les exécute de la façon suivante : on introduit la main en appliquant la paume contre la face du fœtus, assez haut pour pouvoir saisir la mâchoire inférieure que l'on abaisse. Si on ne peut atteindre le menton, il conseille d'appliquer simultanément le pouce contre le front et d'en faire remonter la partie inférieure.
(4) Mangiagalli, Annali di Obstetricia, 1894, in Blanc, Loc. cit. (2) Blane, loc. cit.
(8) Chiarleoni, in Heinricius, loc, cit.
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Pour NeëGri (1), l'accouchement spontané est possible avec un fœtns normal dans un bassin peu éloigné des conditions physiologiques.
BecLvuzi (2), dans son mémoire basé sur cinq cas, discute les divers modes d'intervention et conclut en conseillant d'intervenir, soit par une conversion nouvelle en faisant descendre la face si le menton est tourné en avant, soit par la version si l'état de la femme ou les conditions de l'accouchement l’exigent. Pour lui, quand on applique le forceps, on doit abaisser au préalable le menton et faire la rotation vers l’arcade pubienne. Sices moyens ne réussissent pas, il reste tcujours un dernier moyen pour terminer l'accouchement: la céphalothripsie.
MarcHionxesCH1 (3, en 1885, dans une statistique où 1l réunit les faits observés par différents auteurs, constate que sur 82 cas de présentation du front, 25 se terminèrent spontanément sans changement dans la présentation. Comme tous les auteurs italiens précédents, il est partisan de la correction manuelle, de la transformation en face. Ce n'est que dans le cas de naso-postérieures qu'il préfère amener une présentation du sommet. Cette conversion, pour lui, pent se faire spontanément, même avec un engagement trop prononcé, le menton se plaçant alors au niveau des trous sciatiques sur les muscles pyramidaux, dans lesquels il s'enfonce pour permettre la bascule de la tige occipito-mentonnière, la descente de l'occiput. Blanc fait remarquer avec à propos « qu'il serait, en tout cas, bien imprudent de compter sur pareille éventualitè! »
(4) Negri, Qualche considerazione interno at parte per il fronte. (Annali di Ostetricia, 1882),
(2) Belluzi, Contributo al studio del parte per il fronte. (Annali di Ostitricia, 1884).
(3) Marchionneschi, Il parte in presentazione della fronte. (Annali universali di med. et chir., aprili 1885).
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CarBonezct(l)seul pense différemment que ses compatriotes. Il dit que si l'on remarqeqnele travail n'avance pas, il vaut mieux présenter la partie supérieure du front que la face. Nonseulement parce que ceci réussit plus facilement, mais parce que les modifications classiques (accommodation) sont tellement différentes dans la position frontale vraie et dans la face, que la vie du fœtus serait très en danger si par une nouvelle prêsentation on voulait produire une nouvelle modification dans la forme de la tête.
Henriaus (2)d'Helsingsfort, au travail fortetrent documenté duquel nous avons fait de nombreux emprunts, termine en donnant sa manière de procéder. Cet auteur est peu partisan de la version; il déclare que « les risques d’une tentative inutile de version sont plus grands que si la présentation du front avait été laissée à l’activité de la nature... S'il n’y a pas de rétrécissement du bassin et si la tête du fœtus est de volume ordinaire, on pourra toujours, pourvu que les contractions soient régulières et énergiques, espêrer un AA rene spontané de l'accouchement ».
Dans les cas où une intervention est nécessaire, Heinricius préconise l’emploi du forceps. Mais alors il distingue plusieurs cas. Au détroit supérieur, le forceps doit être placé parallèlement au bassin sur les parties latérales. La tête est alors saisie par la face et l'occiput est comprimé dans le sens antéro-postérieur. Ce n'est pas sans causer de graves dommages au fœtus. C'est même, pourrait-on dire, une céphalothripsie déguisée, opération à laquelle il faut avoir recours ouvertement sile forceps échoue, si on ne réussit pas à l'introduire, s’il glisse ou si les tractions sont insuffisantes. |
Dans l’excavation eu sur le plancher périnéal, l'application
(4) Carbonelli, Présentation du front, Gazz. med. di Torino, 1895 ;
Analyse in Centralblatt für Gynækologie, 1885, p. 264. (2) Heinricius, loc. cit.
ARR es du forceps est plus facile et le glissement moins à craindre. Quand la rotation n’est pas faite, on doit, pour cet auteur, appliquer le forceps obliquement. ( Nous pourrions citer encore bien d’autres auteurs qui ont employé les divers procédés indiqués au cours de notre travail ; mais cette énumération serait par trop longue et n’apporterait rien de plus à l'appui de notre thèse. Nous nous sommes contenté de citer les plus marquants.
. Cependant les opinions sur la conduite à tenir dans les présentations du front varient beaucoup selon les auteurs. À quoi
cela peut-il tenir ? C’est ce que nous allons étudier dans le chapitre suivant.
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