HOUR
Nous avons supposé qu'il y avait adsorption par le fer de l'hydrogène provenant de l'attaque, l’électrode de fer se comportant comme une électrode à hydrogène de potentiel plus élevé que lélectrode de fer. Pour essayer de vérifier cetie hypothèse, nous avons employé, comme dépolarisant, des corps capables d’absorber l'hydrogène. Dans ce but, nous avons essayé le charbon actif, puis le bioxyde de manganèse.
Pour cela, le fer est plongé dans le charbon actif en poudre imbibé de solution d'acide sulfurique M/20. Dans ces conditions, nous avons encore trouvé — 0v.53, ce qui indique que le charbon n’a aucune influence. Une expérience identique faite avec du bioxyde de manganèse fraîchement préparé et lavé maintes fois avec la solution d’acide sulfurique donne un chiffre encore voisin : le potentiel mesuré est de — 0v.58. La dépolarisation complète ne peut donc pas être obtenue de cette manière.
Dans le même ordre d'idées, nous avons ajouté à l’acide sulfurique de l’eau oxygénée, afin de savoir si un tel oxydant pourrait empêcher la polarisation due à l’hydrogène. Les résultats furent ici encore négatifs, puisque le fer étant au potentiel de — 0 v. 51, l'addition de 1 % d’eau oxygénée à 12 volumes à la solution acide ne provoque qu’une variation très faible du potentiel, qui passe à — 0v. 50. La dépolarisation espérée ne s’est donc pas produite. Avec 2 % d’eau oxygénée, le potentiel est de — 0 v. 49, et avec 5 % d’eau oxygénée, de — 0 v. 47. Il semble donc que l’eau oxygénée favorise au contraire la polarisation sur l’hydrogène, sans doute par suite d’une augmentation de la vitesse d'attaque du fer.
La hausse du potentiel du fer dans les solutions acides n’est pas due à une passivation par l’oxygène dissous. En effet, une mesure du potentiel du fer dans SO‘H? M/10, prise après désaération complète de la solution et en présence d'un courant d'azote, a donné une valeur identique aux précédentes, c’est-à-dire — 0v.52. Le passage d’un courant d'oxygène a changé très peu la valeur du potentiel, puisque nous avons obtenu — 0 v. 49, cette faible variation étant vraisemblablement due à une accélération de l’attaque causée par l'oxygène.
On peut rapprocher de ces résultats le fait qu’une électrode de zinc placée dans l’acide sulfurique, en court-circuit avec une électrode de fer plongeant dans la même solution, indique un potentiel de — 0 v. 82, alors que le zinc seul ne donne que — 0 v.98 dans un tel milieu : la polarisation du zinc est nettement plus marquée du fait de la présence d’un couple qui favorise l'attaque du zinc.
Potentiel du fer en poudre. — On sait que les métaux non polis se comportent en général d’une manière très différente des métaux polis, au point de vue des surtensions. Aussi, il était naturel de rechercher si le potentiel du fer en poudre dans une solution acide était le même que celui d’une électrode massive.
Le potentiel du fer pulvérulent a été déterminé par la méthode du panier de platine.
Dans ces conditions, une solution d'acide sulfurique M/10 donne à la poudre de fer un potentiel qui monte de — 0 v. 58 à — 0 v. 50. La polarisation
par l'hydrogène se manifeste donc encore dans ce cas, l'attaque du fer se faisant d'autant plus vivement que le métal est plus pulvérulent.
Influence de la température. — L’élévation de la température de la solution acide doit avoir pour effet de favoriser le départ de l’hydrogène formé par l'attaque de l’électrode. Mais, d'autre part, l'attaque peut elle-même être favorisée et accélérée par l'élévation de température. L'expérience semble indiquer que la deuxième conséquence prédomine : en effet, le fer étant placé dans l’acide 0,2 M (potentiel de — 0v.52), si on chauffe la solution acide, il accuse une légère montée : à 70°, on obtient — 0 v. 50, et à 95°, alors que l'attaque du fer est très vive, on a encore — 0 v. 49. Par refroidissement de la solution, le potentiel revient à — 0 v. 52.
Ainsi, le fer, placé dans une solution acide, se comporte comme un métal plus noble, en raison de l’hydrogène qui le recouvre.