CHAPITRE VI
Destruction de la passivité par les ions CI.
Dans un certain nombre de mesures, nous avons pu remarquer une différence assez nette entre l’action dépassivante des ions SO et celle des ions CI. Les chlorures semblent posséder, en effet, un pouvoir activant plus marqué que les sulfates; de même, l’acide chlorhydrique dépassive souvent dans des cas où l'acide sulfurique à la même concentration est sans action.
Ainsi, nous avons vu que l’addition de 1 % de chlorure de sodium à une solution à 1 % de carbonate de soude fait baisser le potentiel de — 0 v.37 à — 0v.64, tandis que la même addition de sulfate de soude n’empêche pas le potentiel de s’élever à — 0 v. 07.
D'autre part, rappelons qu’il faut une concentration environ 0,1 N en acide sulfurique pour empêcher la passivation du fer par l’acide chromique à 1 %, tandis que l’acide chlorhydrique 0,02 N suffit à activer le fer, abaïssant son potentiel, malgré la présence de l’oxydant, à — 0 v. 40.
Enfin, nous avons vu que l’acide chlorhydrique activait notablement Pacier spécial Uranus 10, lui donnant un potentiel de — 0 v. 46, tandis que l'acide sulfurique à la même concentration (normale) n’a pas d'action dépassivante sur cet acier (potentiel de + O0v.16). Cette différence d'action se retrouve pour les sels de ces acides : en effet, l’acier spécial donne un potentiel de — 0v. 23 dans une solution de chlorure de sodium à 1 %, tandis qu’il donne un potentiel de + 0 v. 03 dans du sulfate de soude à 1 %.
Mi Grec
Cette propriété particulière des ions CI a été déjà observée par plusieurs auteurs :
LoBry DE BRuyN (4) a montré qu’une électrode en fer, placée comme anode dans une solution de chlorure ferreux, restait active, même en employant une très forte densité de courant. De plus, cet auteur indique qu’en ajoutant du chlorure ferreux à une solution de sulfate ferreux dans laquelle plonge une anode préalablement passivée par élévation de la densité de courant, le potentiel du fer baissait très rapidement pour de très faibles concentrations en ions Cl.
Les autres halogènes détruiraient aussi la passivation du fer (2), surtout les ions F (3).
(1) Logry DE BRruyN. — Rec. T. C. Pays-Bas, 40, (1921), 62. (2) U. R. Evans. — J. of. Chem. Soc., 1929, 92.
L. C. BANNISTER et U. R. Evans. — J. of. Chem. Soc., 1930, 1361. (3) A. W. CHAPMAN. — J, of, Chem. Soc., 1930, 1546.