CHAPITRE VII
Marche et pronostic.
La coxa vara traumatique évolue en plusieurs stades. Le premier est occupé par les symptômes du décollement ou de la fracture épiphysaires : symptômes, comme nous l'avons vu, plus ou moins nets; puis l'attitude propre à cette affection se confirme : les fragments se déplacent et s'unissent secondairement par un cal. Nous croyons pouvoir considérer une troisième période dans la marche de la maladie : nous l’appellerons « stade d’exagération de certains des signes de coxa vara ».
Presque tous les observateurs qui ont pu, à maintes reprises, revoir leurs malades ont, en effet, remarqué, pendant un certain temps, une aggravation des symptômes précédemment constatés.
C'est, en particulier, le raccourcissement réel qui s'exagère. Par exemple, Sprengel l’a vu augmenter de # centimètres en 2 ans 1/2; Royal Whitman relève, de son côté, une diminution de longueur de trois quarts de pouce au bout de 2 ans. Chez le malade, que nous avons eu l’occasion d'examiner, le raccourcissement réel augmente en 1 mois, de 5 millimètres. |
L'adduction se prononce peu ; elle persiste néanmoins et, dès lors, la claudication devient plus accentuée.
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Pour nous, le cal qui unit en position anormale les fragments céphalique et cervical laisse subsister un lieu de moindre résistance à l'union du col et de la tête. Le tissu fibreux qui constitue généralement le cal n’est assurément pas plus rigide que le tissu osseux que l’on rencontre chez les rachitiques ou les ostéomalaciques. On comprend alors que la station debout, la marche puissent entraîner un chevauchement plus marqué du col sur la tête fémorale.
Du reste, résolvons en ses deux composantes la force résultant du poids du corps appliqué à la tête fémorale. L'une agissant de dehors en dedans tendra à raccourcir le col. Par un véritable mouvement de sonnette le fragment cervical s’élèvera peu à peu au-dessus du fragment céphalique, qui sera même chassé en dehors. L'autre composante cherchera à diminuer l’angle d’inclinaison, ou plutôt à incurver le col au niveau de sa base. Mais, dans la coxa vara traumatique la valeur de cet angle ne varie pas, elle ne peut pas diminuer: les tissus osseux étant au niveau de l’insertion du col sur la ligne bi-trochantérienne parfaitement sains et résistants. L'action du poids du corps sera donc en partie utilisée à exagérer l'ascension de la diaphyse.
Aïnsi, jusqu'à ce que le cal soit complètement ossifié, nous devons nous attendre à constater une « exagération » des symptômes de coxa vara primitivement observés. Cette période d’organisation complète du cal paraît être assez longue.
Par contre, les douleurs provoquées par la marche disparaissent au bout d’un certain temps, L’atrophie muscu-
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laire n’est pas progressive ; la contracture, si elle existait, tend à cesser et quelques mouvements actifs, bien peu amples, il est vrai, peuvent être effectués, à moins qu'il n’y ait ankylose secondaire.
En résumé, la difformité du col est définitive ; la restitutio ad integrum impossible spontanément.